Marc Montiel, directeur Général NetApp France
Croître plus vite que le marché
NetApp vient de signer une alliance avec Cisco et VMware pour propose des systèmes complets et virtualisés totalement certifiés. Malgré la crise, NetApp a réussi à poursuivre sa croissance, certes ralentie, 3,4 contre 3,3 milliards de dollars. Mais depuis 2004, la firme de Sunnyvale à quasiment multiplié sont chiffre d’affaires par trois. Marc Montiel, directeur général de la filiale française, présente la stratégie de l’entreprise. Propos recueillis par Guy Hervier.
Pouvez-vous donner une photographie instantanée de NetApp ?
Marc Montiel : créée en 1992, NetApp est aujourd’hui une entreprise qui emploie 8 000 salariés et à réalisé un chiffre d’affaire de 3,4 milliards de dollars en 2009. NetApp est dans le Fortune1000. En 2009, selon IDC, nous sommes le 4e vendeur de système de stockage externe et le 4e éditeur de logiciels pour système de stockage. Nous possédons 5 milliards d’actifs, 2,5 milliards de liquidités et notre capitalisation boursière est actuellement d’environ 11 milliards de dollars. En France, NetApp représente 115 personnes et fait état de près de 1400 clients. Nous avons une logique de couverture nationale avec des agences à Lyon, Aix, Lyon et envisageons une présence à Nantes.
Comment avez-vous traversé l’année 2009 ?
M.-M. : Comme tous les acteurs du marché, nous avons évidemment rencontré des difficultés. Mais après un premier et un deuxième trimestres difficiles, nous avons largement rebondi au troisième trimestre avec l'une de nos plus fortes croissances en termes de prises de commande. En France, cette reprise est intervenue un trimestre plus tard. Les trois objectifs fixés par notre nouveau CEO Tom Georgens sont simples : croître plus vite que le marché et donc prendre des parts de marché, atteindre une bonne rentabilité financière et enfin garder notre culture d’entreprise marquée notamment par un réel esprit d’équipe.
Pouvez-vous revenir sur l’important accord que vous avez signé avec Cisco et VMWare ? Avez-vous déjà signé des contrats ?
M.-M. : Aujourd’hui, 85 % des projets sur lesquels nous travaillons intègrent la virtualisation et NetApp est particulièrement avancé dans ce domaine. Au niveau des serveurs, la virtualisation permet de faire sauter le verrou des 10 à 20 % d’utilisation. Au niveau du stockage, la virtualisation apporte un avantage comparable. Sans virtualisation, l’utilisation est comprise entre 20 et 40 % en raison des ilots qui se sont constitué au fur et à mesure. Chaque application ayant son aire de stockage. Avec la virtualisation, il est possible d’aller largement au-delà.
L’alliance Cisco/NepApp/VMware permet de garantir aux clients des systèmes complets virtualisés au niveau des serveurs, du stockage et du réseau qui sont totalement certifiés. Dans les projets de cloud computing, nous ne faisons que fournir les pelles et les pioches. Nous n’envisageons pas de devenir un fournisseur de services de cloud. Le lendemain de l’annonce, nous avons signé notre premier contrat avec T-Systems.
Quel est votre modèle de distribution ?
M.-M. : Nous commercialisons nos solutions principalement en mode indirect via un réseau de partenaires à l’exception des très grands comptes. Au niveau de l’entreprise, le rapport est environ 70/30. En France, elle est plutôt de 90 % en indirect et 10 % en direct. Notre réseau de partenaires de premier niveau sont APX, Bull, Storedata, Fujitsu et SCC. Nous avons également deux distributeurs, Logix et Amosdec, qui ciblent plutôt les PME
Pouvez-vous donner les trois principales préoccupations des DSI en matière de stockage ?
M.-M. : Il y a d’abord l’explosion du volume des données qui croit bon an mal an à 40 ou 50 % par an. Ce qui pose des problèmes de capacité, mais surtout d’administration des données. Se greffent à cette préoccupation les questions de réglementation et d’archivage légal. Ensuite, la mise en place d’un plan de reprise d’activité qui permet, en cas de problème de reprendre les activités sans trop de difficultés. Enfin, les DSI souhaitent qu’on les aide à rendre leur data center agile en faisant appel à toutes les technologies qui sont désormais disponibles pour cela.
Vous-vous présentez plutôt comme un éditeur de logiciel. N’est-ce pas un peu étonnant dans la mesure où votre chiffre d’affaires réalisé en matériel est plus important ?
M.-M. : Effectivement, en 2009, nous avons réalisé 1,5 milliard de dollars en ventes de matériels et 940 millions en ventes de logiciels. Mais notre valeur ajoutée ne se situe pas sur les disques que nous proposons. Des clients qui souhaiteraient acheter uniquement des disques à hautes performances n’ont pas d’intérêt à venir s’approvisionner chez nous. Sur les 5 000 salariés qui travaillent à la R&D, 4 000 sont des développeurs de logiciels. Nous possédons une quarantaine de logiciels regroupés en grande famille.
Pensez-vous que NetApp pourrait abandonner la conception et le développement de ses propres matériels ?
M.-M. : Cette question a déjà été posée par des analystes. D’abord, fournir du matériel, nous permet de garder un lien étroit avec nos clients. Par ailleurs, pour pouvoir prendre un engagement sur la disponibilité des données, il est indispensable que nos solutions soient bâties sur nos propres matériels. Enfin, développer nos propres matériels est un atout pour optimiser le lien entre les logiciels et les systèmes de stockage qui les hébergent.
Que pensez-vous du débat bandes vs disques ?
M.-M. : Cette question n’est pas nouvelle, mais je pense qu’à échéance plus ou moins lointaine on assistera à la disparition des bandes sauf sur certains marchés soumis à une réglementation particulière. Les bandes n’apportent aucun avantage par rapport au disque et les prix de ces derniers ont considérablement baissé.
Pensez-vous que les mémoires électroniques vont rapidement remplacer les disques magnétiques ?
M.-M. : Là encore, c’est une question que l’on pose depuis quelques temps mais que l’on doit replacer dans une perspective de hiérarchisation des mémoires. Pour l’instant, il y a place pour les deux technologies : les SSD pour des applications qui nécessitent de la performance et les disques magnétiques pour toutes les autres applications. Les avantages des disques SSD sont connus : temps d’accès plus rapides, consommation moindre, etc.
NetApp propose une carte PAM (Performance Acceleration Module) qui joue le rôle de mémoire cache et permet de doper nos systèmes de stockage V-Series et de répartir les données en fonction de leur besoin en performance.
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le 09/02/2012 à 09:22