Enquête Robert Half
Près d’un Français sur deux prêt à changer d’emploi
45% des Français se disent prêts à quitter leur entreprise dans les 6 prochains mois dont 36 % si une offre intéressante et 9 % quoi qu’il arrive. Ce chiffre est à comparer aux 33 % des Français qui déclaraient vouloir changer d’emploi il y a six mois seulement. C’est ce qu’indique une étude réalisée par le cabinet Robert Half spécialisé dans le recrutement.
Cette augmentation de 12 % en six mois de personnes qui se déclarent prêtes à changer d’emploi est un des signes qui semble indiquer qu’ils se situent aujourd’hui dans une perspective de reprise.
L’un des derniers sondages de Robert Half serait-il annonciateur d’une fuite des talents lors de la reprise ? A la question Pensez-vous changer d’emploi dans les 6 prochains mois ?, les interviewés français sont les plus nombreux à répondre « oui » à hauteur de 45% (Je veux changer, mais uniquement lorsque je recevrai une offre très intéressante : 36 % ; je veux à tout prix changer d'emploi dans les 6 mois à venir, quoi qu'il arrive : 9 %) alors que leurs homologues luxembourgeois seraient les plus fidèles (9%). La moyenne des pays principalement en Europe dans lesquels Robert Half a réalisé cette enquête se situe à 30%.
Dans un tel contexte, Robert Half, liste les « mauvaises » pratiques vis-à-vis des collaborateurs et des candidats en période de crise, et surtout de donner quelques conseils aux managers et recruteurs en entreprise pour préparer dès à présent la reprise. Il ne faut pas oublier que les entreprises mettant en œuvre dès à présent ces « bonnes » pratiques seront les premières à profiter de la reprise, et éviteront la fuite de leurs meilleurs collaborateurs.
Quelques fausses bonnes idées…
Certaines entreprises sont tentées de pratiquer un gel massif des recrutements ou une politique de stop & go (intermittence entre gel et relance des embauches). Or certaines tendances de fond perdurent – crise ou pas crise. Il faudra remplacer la génération issue du baby-boom dont le départ à la retraite est inéluctable. Il faut également veiller à la Gestion Prévisionnelle des Emplois et Compétences et préparer la transmission de savoir-faire pour ne pas perdre en compétitivité.
Un déséquilibre de la pyramide des âges entraîne une coûteuse guerre des talents à la sortie de crise, explique le cabinet de RH. Un risque de surenchère au niveau des rémunérations sans rapport avec la réalité du marché est même possible…
Autre « tentation » pour les entreprises : c’est celle de négocier des rémunérations en deçà de 10 à 15% des pratiques d’avant-crise. « C’est une erreur. En effet, un chercheur d’emploi acculé sera tenté d’accepter mais il gardera bien en tête cette pratique non éthique. Quels peuvent être son attachement et son investissement pour un employeur peu respectueux ? Dès les premiers signes de reprise, il risque de ne pas hésiter un seul instant à changer d’employeur » assure Olivier Gélis, Directeur Général de Robert Half International France explique :
Certaines entreprises - qui n’embauchent pas actuellement faute de moyens - peuvent être également tentées d’en demander toujours plus aux équipes en place tout en faisant l’impasse sur tout signe de reconnaissance compte tenu du contexte déprécié. Elles pratiquent le « Estimez-vous déjà heureux d’avoir un job en période de crise ». En pratiquant de la sorte, elles courent un fort risque de démotivation et de désengagement de la part de leurs collaborateurs, avec à la clé perte de valeurs, de reconnaissance mutuelle... A la reprise, il sera difficile de (re)motiver ces collaborateurs et de les fidéliser dans la durée.
Quelques bonnes pratiques pour préparer l’après-crise
Vis-à-vis des collaborateurs en poste, il est important de :
- veiller à une bonne répartition des tâches et de la charge de travail (l’appel à des intérimaires peut être une solution en cas de « surchauffe ») ;
- prendre soin de ses équipes (pas de transmission de stress inutile, félicitations individuelles et collectives toujours en public, conduite éthique et respectueuse quel que soit le contexte…) ;
- réfléchir dès maintenant aux moyens de récompenser les efforts individuels et collectifs à la reprise et anticiper les futures promotions/évolutions.
Vis-à-vis des candidats, il est aussi primordial de :
- conserver en toute circonstance une attitude respectueuse et éthique notamment lors d’éventuelles négociations ;
- prendre bien en compte la gestion de carrière (de vrais engagements et pas de promesses intenables) ;
- rester en contact avec les hauts potentiels même si l’on ne peut pas les recruter dans l’immédiat.
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Le Groupe Robert Half a mené cette enquête en février et mars 2010 auprès de plus de 2 600 Responsables Ressources Humaines et/ou Financiers dans 11 pays (Allemagne, Autriche, Belgique, Espagne, France, Italie, Irlande, Luxembourg, Pays-Bas, République Tchèque, Suisse) sur la base d’un échantillon représentatif d’entreprises.
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le 09/02/2012 à 09:22