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Quel positionnement pour les sociétés généralistes dans les projets de tests ?
Par Pierre de Rauglaudre, directeur Associé d’Acial

vendredi 3 septembre 2010

Achetez-vous du rôti de bœuf au supermarché ou chez votre boucher ?
Fleuron de notre économie, les grandes sociétés de services informatiques ont pour la plupart une vocation de généraliste. Du conseil en SI au développement applicatif, de l’intégration à l’outsourcing, de l’assistance à la maîtrise d’ouvrage jusqu’à la formation, elles savent en général tout (bien) faire. Pour leur projet d’envergure, les grands donneurs d’ordre font appel à leurs services, à juste raison.
Or, dans un projet d’évolution du système d’information, une phase particulièrement critique consiste à qualifier le produit à déployer, à savoir vérifier qu’il a été conçu et développé conformément aux exigences, et à valider son « utilisabilité ». Le positionnement de généraliste peut alors desservir le projet.
 
L’approche « hermaphrodite » : conflit d’intérêt ou non ?
Spontanément, le donneur d’ordre se tourne vers son intégrateur généraliste, qui, parmi les nombreuses cordes à son arc, dispose d’une practice testing compétente, efficace et disponible...
Conflit d’intérêt ? Que nenni ! Les équipes de tests sauront garder, « Monsieur le client », toute l’objectivité qui sied à cette activité !
 
Malheureusement, si la compétence et le professionnalisme des équipes ne sont pas à mettre en cause, les impératifs « business » de la société généraliste primeront en cas de difficultés. Nul doute qu’il lui faudra à tout prix défendre ses équipes des départements études et développement.
 
L’approche « confrère » : quid de l’objectivité ?
Echaudé par cette première (malheureuse) expérience, le client concevra une stratégie imparable pour son projet suivant : il confiera l’intégration à « Logicos » et le testing à « Stepra ». Toutes deux disposent d’excellentes compétences sur ces activités, on pourra même se payer le luxe d’inverser les rôles au prochain tour ! Tout démarre pour le mieux : sur le terrain, on voit même des équipes Logicos et Stepra fraterniser, par delà les tranchées !
 
Mais au QG de Stepra, l’ambiance est autre : pourquoi avons-nous perdu le projet d’intégration, alors qu’il s’agit de la plus grosse part du gâteau ? Comment récupérer rapidement l’activité de développement, infiniment plus rentable ? Il faut tout mettre en œuvre pour remettre en question le travail de Logicos ! Les équipes de test sont mandatées, à leur corps défendant, pour ce « sale boulot ». Et c’en est fini de la sacro-sainte objectivité de la qualification…
 
L’approche « pure player » : la meilleure stratégie ?
Certaines sociétés de services informatiques, mues par on ne sait quel instinct altruiste, ont choisi de se spécialiser exclusivement sur les activités liées au test et à la qualité logicielle. Délaissant les autres activités de services informatiques, elles sont condamnées à ne jamais devenir de « grands généralistes ». Car si elles disposent de compétences techniques et fonctionnelles pointues, elles refusent en revanche de mener des projets de conception et développement. Ce positionnement est pour le client final une garantie d’objectivité, qui s’ajoute à l’expertise du test.
 
Un « pure player » du test ne cherchera pas autre chose que la réussite du projet, car c’est son intérêt unique. Il ne cherchera ni à défendre sous de faux prétextes les travaux des développeurs, ni à les dénigrer. La déontologie du testeur comprend déjà le respect du travail des développeurs. La position de sa société lui permet d’assumer ce comportement en toute quiétude.
 
Dans un projet informatique d’envergure, faire appel à un spécialiste du test et de la qualité logiciel, c’est sans nul doute la meilleure stratégie.
 
Quitte à favoriser la boutique de quartier au détriment du supermarché…

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