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Quelle réponse à l’offshore ?

mercredi 8 septembre 2010

Dans un décret (Executive Order) qu’il a promulgué en août dernier, le gouverneur de l’Etat de l’Ohio interdit aux agences publiques de contracter avec des entreprises qui font appel à des services fournis offshore. Parallèlement, l’exécutif de l’Etat du Midwest des Etats-Unis a aidé financièrement la société d’outsourcing Tata Consultancy Services pour l’implantation d’un centre de solutions dans la banlieue de Cincinnati. Un exemple qui montre parfois l’ambiguïté des politiques économiques.
 
Protectionnisme ou défense des emplois locaux ? « Aucun fonds public ne devra être dépensés pour des services fournis offshore. Le permettre mine l’économie locale et les emplois et ce type de services ne répondent pas un niveau de qualité nécessaire et entraîne des risques en matière de sécurité ». C’est sous cette forme non ambiguë et plutôt directe que l’article 2 du décret publié le 6 août dernier est rédigé.
 
Le gouverneur de l’Ohio, Ted Strickland, avait déjà promulgué en juin 2008 un décret visant à mettre en œuvre une politique baptisée Think Ohio First visant à favoriser les entreprises développement leur activité en local. C’est donc un pas supplémentaire qu’il vient de franchir dans une politique que l’on peut qualifier de protectionniste.
 
Vous avez contradiction ?
 
A l’origine de ce nouveau tour de vis, un contrat signé par l’Etat, plus précisément le Department of Development, avec la société Parago pour gérer un programme de ristourne pour la mise en œuvre de nouveaux systèmes efficaces sur le plan énergétique. Mais cette entreprise basée au Texas faisait appel à un centre d’appel basé au Salvador.  L’Ohio n’est pas le premier Etat à bannir l’outsourcing offshore, le New Jersey a pris une décision comparable pour des faits assez proches.
 
Mais parallèlement à cette politique protectionniste, Ted Strickland a largement œuvré pour faire venir le groupe indien Tata Consultancy Services à installer son nouveau centre de solutions dans la banlieue de Cincinnati. C’est ce que l’on appelle parfois de l’insourcing. L’Etat de l’Ohio a accordé des avantages financiers sous la forme de crédit d’impôts et d’autres mesures d’accompagnement pour un montant global d’environ 19 millions de dollars. « Le gouverneur a travaillé dur pour faire venir TCS dans l’Ohio où la société fait des investissements et créent des emplois dans l’Etat », explique le porte-parole du gouverneur. C’est en 2008 que TCS a inauguré son North America Delivery Center baptisé TCS Seven Hills Park. Réunissant actuellement plus de 300 ingénieurs et consultants, ce centre devrait accueillir à terme quelque 1000 salariés.


 
Retour de balancier très modeste
 
Ce type de mesure va-t-il assécher la création d’emploi dans les pays développés par des sociétés d’outsourcing devenus aujourd’hui des poids de l’IT mondial. Il faut reconnaître que le retour de balancier est pour l’instant très modeste. Encore aujourd’hui, la très grande majorité des emplois de TCS sont basés en Inde. Au début de l’année 2010, TCS faisait état de 141 000 salariés dont un peu plus de 10 000 seulement sont originaires d’autres pays. La répartition des Delivery Centers montre les limites du redéploiement en dehors du sous continent indien au regard du chiffre d’affaires généré. A l’inverse, sur le 6,3 milliards de chiffre d’affaires sur l’exercice 2010 (clos le 31 mars), les Etats-Unis représentent 55 % et l’Europe près de 15 % (dont 9 % au Royaume Uni). Du coup, TCS est le plus important exportateur indien de logiciels.
 
Le déplacement des entreprises IT des pays développés vers les pays émergeants a une tout autre dimension. Deux exemples suffiront pour s’en convaincre. La filiale indienne de Capgemini - qui vient de prendre une participation de 55 % dans le capital de la société brésilienne CPM Braxis brésilien - emploie désormais plus de salariés que Capgemini France. IBM emploie environ 100 000 personnes en Inde soit environ 25 % des salariés de l’entreprise.
 
 
TCS en quelques chiffres

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