Qu'elle était verte ma salle informatique !
Même si elles sont de plus en plus conscientes que les problèmes environnementaux auront des répercussions sur leurs futures opérations informatiques, la plupart des grandes entreprises n’ont pas encore introduit de critères « d’informatique écologique » dans leur façon d’acquérir et d’utiliser la technologie. C’est ce qu’indique une enquête réalisée par le cabinet Forrester Research auprès de 124 sociétés informatiques et de professionnels des achats. De leur côté, les fournisseurs développent des offres pour répondre aux défis de la consommation électrique et de la dissipation calorifique. Témoin IBM qu vient d’annoncer investir 1 milliard de dollars chaque année pendant 3 ans pour améliorer ses propres centres informatiques et développer une offre globale pour réduire la consommation d’énergie.
On ne peut que remarquer le parallélisme entre les problèmes liés au problème de dissipation calorifique et de consommation au niveau micro - les microprocesseurs - et macro - les salles informatiques. Confrontés au mur de la chaleur à la suite de la miniaturisation croissante, les constructeurs de microprocesseurs ont adopté la voie du multicœur à la place de l’augmentation de la vitesse d’horloge. Depuis quelques temps, les constructeurs de systèmes – serveurs, mais tous les éléments qui constituent un système informatique – se penchent attentivement sur ce problème et placent toutes leurs annonces dans ce contexte énergétique et écologique.
Comment motiver les entreprises ?
Bien que 85 % des entreprises affirment que les facteurs environnementaux sont importants dans la planification des opérations informatiques, seules un quart d’entre elles déclarent avoir inclus des critères écologiques dans les processus d’achat.
Selon Christopher Mines, analyste senior et vice-président de Forrester, deux raisons à cet intérêt pour la question environnementale sont ressorties : l’efficacité et la responsabilité d’entreprise. La majorité des décideurs dans le domaine informatique indique qu’un achat « vert » n’interviendrait que dans le contexte d’une réduction des coûts. L’enquête Forrester montre que les acheteurs d’équipements informatiques sont désireux d’en savoir plus sur les efforts des fournisseurs pour concevoir et commercialiser des produits et services plus responsables de l’environnement.

Seuls 15 % des professionnels de l’informatique sondés ont affirmé être très au fait des initiatives écologiques de leurs fournisseurs, et la plupart déclarent n’avoir peu ou pas d’informations de la part des plus gros fournisseurs quant à des solutions écologiques. La plupart des personnes interrogées ont affirmé que le facteur environnemental pèserait sur leurs décisions d’achat à l’avenir.
IBM entre en piste
"La déperdition énergétique est devenue un problème majeur, explique Nicolas Sekkaki, General Manager IBM Global Technology Services (GTS). Sur 1 KW/h consommé, l’électricité réellement utilisée est 27 fois moindre. D’abord, les onduleurs et autres unités de refroidissement consomment 40 %. Ensuite, les unités d’alimentation, mémoires, disque dur , composants réseau... pompent 70 % de l’électricité restante. Enfin, sachant que les processeurs sont utilisés en moyenne à 20 % de leur capacité, on arrive à ce résultat quelque peu surprenant".
C’est dans ce cadre qu’il faut resituer l’annonce d’IBM qui représente un investissement de 1 milliard de dollars par an pendant trois ans. "L’objectif est double, précise Nicolas Sekkaki, développer une offre globale pour améliorer les performances énergétiques des salles informatiques de ses clients et améliorer ses propres centres informatiques qui hébergent ses propres systèmes et les systèmes hébergés ou infogérés de ses clients. Pour ce qui concerne ses propres Data Centers, IBM se fixe comme objectif de doubler le niveau de performance tout en maintenant la facture électrique inchangée". L’ensemble des centres informatiques d’IBM représente 1 million de mètres carrés sur 5 continents.
Pour ce qui concerne les services, IBM a développé une offre organisée en cinq composantes : diagnostiquer, concevoir, virtualiser, administrer et refroidir. Au total, IBM fait état de 850 architectes spécialisés en efficacité énergétique. Cette offre concerne à la fois les domaines des technologies, des logiciels et des services. Une analyse thermique d’une salle informatique permet par exemple de détecter les points chauds et d’engager une réorganisation des serveurs et d’améliorer les performances de manière significative.
Les
dix services de la division GTS d’IBM
- Utilisateur final
- Communications intégrées
- Continuité d’activité et résilience
- Sites et installations
- Sécurité et protection des données privées
- Serveurs
- Stockage et données
- Maintenance et support technique
- Stratégie IT et architecture
- Middleware
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le 06/02/2012 à 08:48