Une étude du cabinet Vanson Bourne
Passer à la business intelligence opérationnelle
Par Guy Hervier. L’application de business intelligence mise en place par la police de la ville de Richmond dans l’Etat de Virginie n’est pas sans rappeler le film Minority Report de Steven Spielberg. Combinant des outils de pure BI, de cartographie et d’analyse prédictive, cette application aurait permis de baisser le niveau de la criminalité lourde. Les entreprises ont dépensé de milliards d’euros dans des systèmes d’aide à la décision sans pour autant en tirer tous les bénéfices attendus ou décrits par les fournisseurs. Plusieurs raisons parmi lesquelles moins de 20 % des informations sont disponibles et seulement 10 % des employés ont à leur disposition des outils d’aide à la décision. C’est ce que révèle une étude réalisée par le cabinet Vanson Bourne auprès de plus de 600 décisionnaires d’entreprises européennes de 8 pays européens.
Le département de la police de la Ville de Richmond a décidé de mettre en place un tableau de bord temps réel qui combine diverses données : appels d’urgence (911), rapports de police... et de les présenter sous forme graphique. Les incidents et crimes peuvent être visualisés par quartier et être corrélés avec d’autres données. Les outils utilisées sont WebFocus d’Information Builders, le système de données géographiques d’ESRI et le logiciel d’analyse prédictive de SPSS. En associant différentes données, cette application permet d’anticiper où seront les zones criminogènes et de prendre les décisions ad hoc, comme par exemple de renforcer les forces de police aux endroits identifiés. La présentation graphique facilite grandement la visualisation des informations. La corrélation de la criminalité avec certains données, météorologiques par exemple, permet d’apporter quelques correctifs. Par exemple, la pluie a tendance à réduire le niveau de criminalité.
Certaines analyses permettent d’identifier des problèmes simples. Par exemple, la police a révélé que le nombre de vols à main armée a augmenté dans certains quartiers les jours où les salaires étaient versés. Ce qui lui permet d’augmenter les patrouilles dans ces zones. Selon les statistiques fournis par la police municipale de Richmond, cette application aurait permis de réduire le taux de criminalité de 21 % entre 2005 et 2006 et de 19 % cette année. De sorte que cette ville descend dans ce sinistre classement de la criminalité, en passant de la 5e place des villes les plus dangereuses aux Etats à la 25e place cette année.

Données, information, action
Transformer les données en informations en les replaçant dans leur contexte afin de pouvoir prendre les bonnes décisions, tel est le cercle vertueux de la business intelligence telle qu’elle nous est présentée depuis de nombreuses années. Or, la réalité est encore assez différente, comme le démontre l’étude réalisée par le cabinet Vanson Bourne auprès de plus de 600 décisionnaires d’entreprises européennes. La première constatation est d’abord que les salariés passent beaucoup de temps à chercher les informations appartenant à l’entreprise. En moyenne, ce temps de recherche, plutôt inutile, est évalué à environ 15 % du temps de travail, soit un peu plus d’une heure par jour.


Mais après avoir ensuite trouvé les informations recherchées, encore faut-il qu’elles soient utiles ; de ce point de vue, la situation n’est pas réellement satisfaisante. Alors que 54 % des personnes interrogées estiment que l’obstacle majeur à la prise de décision est l’absence d’informations cohérentes et complètes, elles sont 63% à penser que les bonnes informations sont la clé d’une bonne décision. Pour être plus productives, elles souhaitent avoir un accès facile aux informations (55%) , à des outils de recherche simples d’emploi (40 %) et à de rapports en temps opportun (25%).

Ouvrir l’accès de la BI au plus grand nombre
La Business Intelligence est couramment organisée en trois niveaux : stratégiques, tactiques et opérationnels. Selon Kevin Quinn, directeur marketing produits, une des faiblesses est que les outils de BI ne sont pas assez largement diffusés auprès de l’ensemble des salariés de l’entreprise, tout particulièrement au niveau opérationnel, c qui empêche la prise de décision, même très basiques. Sur ce point, il y encore beaucoup de chemin à parcourir. Selon l’enquête de Vanson Bourne, 88 % des personnes sondées considèrent ne pas être dotées des outils adaptés à la recherche .
Pour appuyer son propos, Kevin Quinn propose un exemple simple tirée d’un cas concret, celui de la compagnie aérienne Air Canada. Si la ceinture d’un siège est cassée, la compagnie ne peut l’utiliser pour transporter des passagers et risque donc une perte de chiffre d’affaires. Pour optimiser la réparation, il faut relier trois bases de données indépendantes hébergeant les données de maintenance, des pièces détachées et de plan de route des avions. La réunion des différentes données permet à l’agent de la compagnie de faire en sorte que la pièce soit envoyée directement à la prochaine destination de l’avion. D’ailleurs, ce type de décision peut même être, à terme, automatisé.
Cette évolution vers une diffusion beaucoup plus large vers le plus grand nombre des employés est présentée comme la BI 2.0, par analogie avec le Web 2.0, dont elle reprend plusieurs caractéristiques, notamment une interactivité plus grande avec les utilisateurs, une plus grande simplicité d’utilisation et un mélange de technologies comme la BI et la recherche, visualisation, analyse prédictive...
Les
pires pratiques de la BI
-
Construire
un Data Warehouse et les utilisateurs l’utiliseront
- Laisser la prolifération des bases de données personnelles
- Sélectionner les outils sans consulter les utilisateurs
- Mettre à disposition des utilisateurs finals les outils pour
analystes et power users
- Manipuler toutes les données avec un tableur
- Limiter l’utilisation des outils décisionnels à un nombre limité d’utilisateurs
- Construire son propre outil décisionnel
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le 02/12/2008 à 09:20