CS cède à BT ses activités infrastructures
L’annonce était passée quelque peu inaperçue au cœur de l’été… CS Communication & Systèmes a reçu de British télécom une offre de rachat de son pôle Infrastructures Critiques, qui compte 1400 salariés et a réalisé l’an dernier un chiffre d’affaires de 137,7 M€. Cette opération permet à CS de se désengager d’une activité déficitaire afin de se focaliser sur son activité systèmes dans ses secteurs de prédilection, aéronautique, défense et transport, indique son Eric Blanc-Garin, P-Dg de la société.
Dans la lignée du rachat cet été de Getronics par KPN et il y a quelques mois de Silicomp et Diwan par Orange Business Services, cette opération illustre la volonté des opérateurs télécoms de faire des services informatiques un relais de croissance et d’amélioration de rentabilité.
Le montant maximum de la transaction serait de 60 M€, un ratio peu important par rapport au chiffre d’affaires, mais qui reflète les difficultés de cette activité, déficitaire depuis plusieurs années chez CS, avec 4,7 M€ de perte en 2005 et 3,1 M€ en 2006 pour les activités d’infogérance (« run »), qui réalisait 91,6 M€ de chiffre d’affaires en 2006 et 96,5 M€ en 2005. CS s’étant réorganisé l’an dernier autour de deux pôles « systèmes critiques » et « infrastructures », le périmètre cédé inclut une partie des activités « built ».
A l’issue de cette opération, CS compterait 1800 personnes et un chiffre d’affaires de l’ordre de 200 M€. Quant à British Telecom, son chiffre d’affaires passerait ainsi en France de 225 M€ (sur l’exercice 2006/2007) à environ 360 M€.
CS et BT ont engagé la consultation de leurs instances représentatives du personnel respectives. La réalisation de cette opération, pour laquelle CS a consenti une exclusivité jusqu’au 30 novembre 2007, sera également soumise, entre autres, à l’approbation des autorités réglementaires compétentes, DGCCRF notamment.
Focus sur les systèmes critiques
Pour Eric Blanc-Garin, le pôle Infrastructure était un élément de fragilité. Exigeant une présence de proximité et face à des clients qui s’internationalisent, il aurait nécessité des acquisitions « qui ne sont pas à notre portée », ou des partenariats forts. Misant plutôt sur le développement à l’international de ses activités systèmes, CS disposera grâce à cette cession de moyens financiers supplémentaires pour l’assurer.
Très présent en France dans les secteurs de la défense, de l’aéronautique, et du « homeland security », CS compte sur l’international comme relais de croissance, notamment dans les zone sensibles, comme les pays du golfe. La société a notamment remporté un contrat pour assister un Etat de cette région dans la création d’une nouvelle administration, équivalente à la DCSSI française, pour se doter de leur propre technologie en matière de chiffrement.
Dans le domaine des systèmes de transport intelligents (péages), CS compte se positionner sur les chantiers de rénovation des infrastructures routière aux Etats-Unis ou en Amérique Latine, et sur le développement de ces infrastructures dans des pays comme l’Inde.
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le 15/05/2008 à 13:14