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IBM, Yahoo, OpenOffice.org, Google
Mouvements dans la bureautique

mardi 18 septembre 2007

20070918evenement-logo.jpgPar Guy Hervier. L'ultra domination de Microsoft dans la bureautique 1.0 n'empêche pas les tentatives répétées de concurrents de proposer des alternatives. La dernière en date concerne IBM qui vient d'annoncer qu'il allait fournir en téléchargement gratuit le logiciel Symphony, un produit d'origine Lotus. Quand il a été dévoilé en 1983, Symphony était commercialisé à 595 dollars. De son côté, OpenOffice.org, le consortium qui assure le développement de la suite éponyme lance la version 2.3 qui apporte des améliorations fonctionnelles et une meilleure interopérabilité avec la suite Office. Enfin, dans le domaine de la bureautique 2.0, Yahoo ! rachète Zimbra, l'éditeur de la suite collaborative et de messagerie pour un montant de 350 M$ et se pose ainsi en concurrent de Google qui apporte lui aussi quelques améliorations à sa suite on-line Google Apps.

IBM a bien essayé sur le poste de travail, mais sans succès. D'abord au niveau du système d'exploitation où il s'était lancé d'abord en partenariat avec Microsoft et ensuite dans l'aventure OS/2. Plus récemment au niveau matériel, Big Blue a jeté l'éponge en 2004 en vendant son activité PC à Lenovo. Concernant le traitement de texte, Big Blue n'est pas allé très loin avec SmartSuite Office, une copie concurrente de la suite Office de Microsoft. En rachetant Lotus en 1995, IBM a hérité de la suite Symphony dont la première version date de 1983, mais ne l'a jamais véritablement exploitée. IBMa par ailleurs un autre fer au feu avec sa stratégie Workplace mais qui, là encore, n'a rencontré jusqu'ici qu'un succès d'estime.

 

Symphony entend donner le ton

 

Aujourd'hui, IBM a donc pris la décision d'offrir le logiciel Symphony en téléchargement gratuit. Il la donnera également aux acheteurs de la dernière version de Lotus Notes. Quel est donc l'intérêt de cette nouvelle tentative d'IBM pour les utilisateurs et pour IBM ? Pour les premiers, cela élargit leur choix, ce qui est plutôt positif. Mais, suffit-il à un produit d'être gratuit pour qu'il soit utilisé ? Sans doute pas si l'on en juge par le succès limité d'OpenOffice. Microsoft lui-même n'a-t-il pas proposé la version 8 de sa suite intégrée Works en téléchargement gratuit avec un financement par la publicité. La version « boîte » étant proposée au prix quasi symbolique de 32 euros. Et l'éditeur ne semble pas craindre de cannibaliser sa vache à lait Office alors que son prix est largement supérieur. Rappelons que Microsoft annonce 500 millions d'utilisateurs et plus de 70 millions de copies vendues de la dernière version Office 2007. Concernant l'initiative Symphony, le poids d'IBM peut-il faire la différence ? La question reste posée, mais on peut avoir quelques doutes. L'exemple de Linux pour lequel IBM s'est engagé lourdement en 2000 ne semble pas vraiment pertinent car OpenOffice ne bénéficie pas d'un soutien massif de l'industrie comme c'est la cas pour le système d'exploitation.

Et l'intérêt pour IBM ? « Ce n'est pas avec un produit gratuit qu'IBM va gagner de l'argent » a déclaré en substance Steve Mills, responsable de l'activité logicielle d'IBM (Source WSJ). La Palisse n'aurait pas dit mieux. « Mais si les entreprises donnent Symphony à leurs salariés, cela libérera un peu de budget pour acheter d'autres logiciels IBM, a-t-il poursuivi ». Des logiciels de travail collaborartif comme Lotus par exemple pour lequel IBM revendique quelque 135 millions d'utilisateurs.

 

OOXML et OpenOffice

 

Cette décision d'IBM intervient dans le contexte que l'on sait de la décision défavorable de l'ISO sur le format OOXML. Par ailleurs, IBM a rejoint la semaine dernière le consortium OpenOffice.org - une organisation qui est encore assez largement dominée par Sun - et d'affecter 35 développeurs au projet en vue d'améliorer la suite bureautique. Rappelons qu'OpenOffice est issu des développements de la firme allemande StarOffice rachetée en 1999 par Sun.

Coïncidence de calendrier, OpenOffice vient d'annoncer la version 2.3 qui apporte à la fois des améliorations fonctionnelles et une meilleure interopérabilité avec Office. Sans pour autant être capable d'importer des documents Office créés dans le format Office Open XML. Les développeurs de Sun travailleraient sur ce point. OpenOffice 2.3 sera disponible Windows 98 et les versions postérieures, sur Linux, Solaris, MacOS X et FreeBSD. La version 2.0 a été introduite il y a deux ans et aurait été téléchargée 96 millions de fois (ce qui ne donne pas d'indications sur le nombre de copies en utilisation réelle.

 

Et du côté de l'on-line

 

Du côté de la bureautique 2.0 , l'actualité est également riche. Dans sa démarche qui semble souvent se limiter à suivre les traces de Google, Yahoo a racheté l'éditeur de la suite en-ligne collaborative Zimbra pour un montant de 350 M$. Avec cet outil, Yahoo concurrence non seulement Google, mais aussi Zoho et WebEx de Cisco. Pour simplifier, Zimbra réunit les fonctionnalités d'Office et d'Exchange.

Zimbra va permettre à Yahoo d'étoffer son service Yahoo Mail et devrait permettre d'élargir la clientèle constituée essentiellement d'universités et de PME. Zimbra inclut également un calendrier et un gestionnaire de contacts et constitue une plate-forme ouverte permettant aux développeurs d'intégrer des composants complémentaires baptisés Zimlets. L'entreprise emploie une centaine de personnes et fait état de quelque 9 millions de comptes dans 50 pays.

Avec Google Apps, l'éditeur éponyme se présente désormais comme l'alternative en ligne d'Office. S'il y a loin de la coupe aux lèvres, cet outil en-ligne commence à faire quelques incursions. L'annonce de Capgemini renforce l'idée que Google Apps peut être utilisé dans le cadre de l'entreprise.

Un an après son lancement, Google Apps s'étoffe et offre désormais les fonctions suivantes dans différentes langues :
- Start Page, page d'accueil sur laquelle les utilisateurs de Google Apps peuvent prévisualiser
leurs boîtes aux lettres, leurs agendas et leurs documents, accéder aux informations importantes de leur entreprise et effectuer des recherches sur le Web.
- Google Apps Edition Premier, qui s'adresse aux entreprises et organisations nécessitant une
garantie de disponibilité du service de messagerie électronique, une capacité de stockage de
10 Go par utilisateur pour le courrier électronique, des API d'intégration et une
assistance téléphonique multilingue en cas de problèmes critiques (des spécialistes du support sont disponibles en anglais, français, italien, allemand, espagnol et néerlandais). Les entreprises peuvent en outre tester gratuitement Edition Premier pendant 30 jours. Son tarif standard est de 40 euros par utilisateur et par an.
- Une interface de configuration plus conviviale pour les administrateurs de Google Apps.
- Des outils de migration pour les administrateurs souhaitant basculer sur Gmail depuis un
système de messagerie électronique différent (disponible uniquement avec les éditions Premier et Education).

Les commentaires

On voit bien ici, l'énorme importance du format des documents bureautiques, qui captive le marché. Y compris celui d'un certain nombre d'autres applications. Allant jusqu'a conditionner des choix d'architecture.
On comprend donc pourquoi il est capital de permettre une vraie interopérabilité à ce niveau, Cette exigence, formulée en particulier par les grands utilisateurs institutionnels, prend la forme d'une norme indépendante. Cette norme servant ensuite de référence lors des appels d'offre par exemple.
Comment accepter en effet d'être pris en ôtage par un unique fournisseur s'agissant des fondations mêmes du S.I.
Le fait que plusieurs suites bureautiques (gratuites ou non) adoptent ce format commun est un gage de pérennité des investissement. En permettant la concurrence on garantit enfin à la fois l'innovation, la créativité et la diversité qu'un choix unique ne pouvait permettre. A chacun son outil selon ses besoins et ses moyens.

Par Jack le 20/09/2007 à 02:49

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