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50 ans de Silicon Valley
Sun Microsystems adopte le pragmatisme

jeudi 29 novembre 2007

20071129_03Par Guy Hervier. The Network is the computer, tel est le mot d'ordre de Sun Microsystems depuis sa création, mot d'ordre qui est toujours d'actualité. Dans le sillage d'Apollo Computer créé en 1980 dans la zone de la Route 128 près de Boston(racheté en 1989 par HP), Sun Microsystems a été un des pionniers des stations de travail. Alors qu'à l'époque la puissance des PC étaient très relative, s'est fait sentir le besoin de développement des superPC qui étaient destinés aux ingénieurs ayant besoin de performance en locale pour mettre en oeuvre des logiciels relativement gourmands.

 

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Au début, ces stations, comme celles d'Apollo, étaient basées sur des processeurs Motorola 68000. Mais assez rapidement, Sun s'est lancé avec le projet Sparc dans le développement d'une architecture ouverte de microprocesseur. Pour cela, elle lance le projet Sparc International (Scalable Processor ARChitecture) qui s'appuie sur une architecture Risc qui supporte dès 1995 les données et les adresses mémoire en mode 64 bits. Sparc International regroupe Sun, Fujitsu et Texas Instruments.

 

En 2005, Sun a annoncé UltraSparc, une extension de l'architecture Sparc avec d'abord l'UltraSparc T1, et tout récemment l'UltraSparc T2. Répondant au nom de code Niagara et présenté comme « le microprocesseur universel le plus rapide au monde », l'UltraSparc T2 est un processeur à huit cœurs capable de gérer 64 threads.

 

Le processeur UltraSparc T2 est selon Sun le premier à regrouper sur la même puce les fonctions clés d'un serveur : traitement, réseau, sécurité, unités de calcul en virgule flottante, entrées-sorties et accès mémoire rapide. En outre, il supporte le système d'exploitation Solaris et sa gestion multithread. L'intégration de toutes ces fonctions sur un même circuit améliore les performances, la fiabilité, mais également le rendement énergétique et les économies qui en découlent. D'où la formule proposée par Sun selon qui l'UltraSparc T2 est un « Server on Chip ».  Victoria, le successeur de Niagara, qui doit être introduit au premier semestre 2008 supportera 16 cœurs/16 threads.

 

La conception de la première station de travail a été conçu par Andy Becholsheim, un étudiant de Stanford dans le cadre de ses travaux de recherche à l'université de Palo Alto. Quelques mois plus tard, avec Vinod Khosla, Scott McNealy et Bill Joy (un des développeurs d'Unix BSD), il fonde Sun Microsystems. Scott McNealy prend la direction de l'entreprise en 1984 pour la conserver jusqu'en avril 2006, date à laquelle il a été remplacé par Jonathan Schwartz.

 

Une des principales idées de Scott Nealy a été de miser beaucoup sur la recherche et développement, même pendant les années difficiles. De fait, Sun est une des sociétés de la Silicon Valley et même du secteur qui dépense le plus en R&D, environ 15 % de son chiffre d'affaires.

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Mais Sun a été aussi très actif dans le domaine du logiciel. Elle a, par exemple, développé le système de fichiers NFS (Network File Systems), un  protocole d'accès aux fichiers qui permet à des utilisateurs d'environnements hétérogènes la possibilité d'accéder et de partager des fichiers à distance sur le réseau. NFS s'inscrit bien dans la logique de Sun the network is the computer. Sun est aussi à l'origine du système d'exploitation Solaris dérivé d'Unix. C'est l'un des trois rescapé des Unix commerciaux avec AIX, l'Unix d'IBM et HP-UX, celui d'HP.

 

Mais le plus accomplissement de Sun est sans doute le développement de Java, à la fois un langage de programmation et un environnement d'exécution. Le langage a la particularité principale d'être portable sur plusieurs systèmes d'exploitation tels que Unix, Microsoft Windows, Mac OS ou Linux... C'est la plate-forme qui garantit la portabilité des applications développées en Java. Le langage reprend en grande partie la syntaxe du langage C++, mais est allégé de concepts relativement complexes du C++. Aujourd'hui, Java s'est considérablement enrichissement et s'est transformé en un environnement complet de développement et d'exécution. J2EE et .Net  sont les deux grands framework du marché. Java a donc joué un rôle central dans la stratégie de Sun. D'ailleurs, Sun a changé son symbole de cotation du Nasdaq de SUNW (pour Sun Workstations) en JAVA. Java et tous es dérivées sont désormais proposé en open source.  Sun a-t-il gagné de l'argent avec Java ? De passage à paris en novembre dernier, Scott McNealy balaye la question d'un revers de main. Vous ne demandez pas à Motorola s'il gagne de l'argent avec les logiciels de ses téléphones portables. Il ne faut pas oublier le suffixe Microsystems dans Sun Microsystems. Java nous permet de vendre des stations de travail, des serveurs, de systèmes de stockage...

 

Sun vise surtout les grands comptes,  l'entreprise réalise la moitié de son chiffre d'affaires avec seulement 250 entreprises. Elle est bien implanté dans les secteurs de la finance et des télécoms. Et donc, l'entreprise a été particulièrement touché par l'explosion de la bulle Internet. Le chiffre d'affaires s'est effondré de 2001 à 2002 en passant de 18,5 à 12,5 milliards de dollars, soit un chute de 32 %. L'entreprise est ensuite entrée dans une période glaciaire : pas de croissance de chiffre d'affaires pendant 3 exercices consécutifs et surtout des déficits sur 5 exercices avec des pertes cumulées de plus de 5 milliards de dollars.

 

20071129_022004 a marqué une étape importante en permettant à Sun de mettre un terme au combat juridique qui l'opposait à Microsoft. Sun conclut donc un accord que l'on qualifier d'historique avec Microsoft censé mettre un terme à tous leurs conflits. Pour mettre fin au litige l'opposant à Sun Microsystems, sur l'utilisation du langage Java dans Windows, Microsoft a accepté de verser 700 millions de dollars pour résoudre les litiges anti-trust et 900 millions de dollars pour les litiges sur des licences. Par ailleurs, Sun et Microsoft ont accepté de se verser des royalties pour l'utilisation des technologies de chacun, Microsoft devant dès à présent verser 350 millions de dollars. 

 

En avril dernier, l'entreprise est entrée dans une nouvelle ère. Scott McNealy a (du ?) céder sa place de CEO à Jonathan Schwartz et a pris du recul en étant chairman.  Ce dernier va certainement accélérer la stratégie d'ouverture engagée. Après être resté arc-bouter sur sa plate-forme SparcSolaris, Sun est entré dans une ère de real politik que Jonathan Schwartz va sans doute accéléré. Sun s'est d'abord ouvert progressivement aux serveurs x86, Intel et AMD, et aux autres systèmes d'exploitation Linux et Windows. Aujourd'hui, Sun revendique la cinquième place sur le marché des serveurs x86 et assure qu'elle vise la troisième place derrière IBM et HP.

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