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Microsoft, SAP, Orange
Trois entreprises immigrées en Silicon Valley

jeudi 06 décembre 2007

20071206_14Par Guy Hervier. La Silicon Valley héberge nombre d'acteurs majeurs des technologies parmi lesquels on peut citer HP, Intel, Apple, Oracle, Google et une myriade de start ups qui, à leur tour, deviendront peut être des géants. Facebook fait déjà état de quelque 700 salariés. Alors que l'Internet est avant tout une technologie du global, ne dit-on pas couramment que 80 % des entreprises du Web 2.0 sont présents dans la seule Silicon Valley. C'est donc un écosystème dont il est difficile d'être absent. Microsoft, SAP et Orange ont bien compris l'intérêt, voire la nécessité, d'être sur place pour bénéficier du dynamisme et de l'esprit d'innovation ambiant.

 

20071206_13Ce sont près de 2000 personnes qui sont présents ici, plus que dans la filiale française. C'est vers la fin des années 90 que la firme de Redmond décide d'ouvrir un bureau. « C'était l'endroit  idéal pour trouver des développeurs Mac et de très nombreux spécialistes des consoles de jeux », explique Nicolas Kardas, responsable du Business Development de l'Emerging Business Team (EBT), une entité dont l'objectif est de développer des collaborations avec des start ups. Pas dans l'objectif de les racheter (même si cela peut arriver), mais pour les aider à se développer et construire une relation gagnant-gagnant. Microsoft entend ainsi bénéficier des idées sur le consumer Web. « Aujourd'hui, les start ups sont importantes pour Microsoft, affirme Nicolas Kardas, alors qu'il y a peu nous nous intéressions plus au monde de l'entreprise. » Français et formé en France, Nicolas Kardas connaît bien la problématique des start ups puisqu'il en a fondé une, Infotility, spécialisée dans le développement de logiciel pour le secteur de l'énergie.

 

Facebook, de la start up au succès planétaire

 

Facebook est un bon exemple de cette collaboration. Après avoir été le principal annonceur sur la plate-forme, Microsoft est passé au stade supérieur en prenant une participation supérieure en prenant 1,6 % du capital pour le montant de 240 M$. Pour faire face à son succès, le spécialiste des réseaux sociaux est passé de quelques systèmes à une véritable ferme de serveurs. Microsoft préfère évidemment qu'elle ait fait le choix de ses logiciels plutôt que ceux de concurrents. L'éditeur impose-t-il aux start ups d'utiliser exclusivement ses produits ? Non, assure Nicolas Kardas, mais il faut qu'elles aient une bonne raison de la faire.

Certaines start ups font appel à ses services pour  réarchitecturer leur infrastructure en passant de la plate-forme Java à .Net tout en utilisant des langages que les start ups affectionnent comme par Python ou Ruby on Rails qui sont disponibles sur le framework Microsoft.

 

« Nous aidons les start ups que nous avons sélectionnées de multiples manières, explique Nicolas Kardas : assistance à l'introduction des produits, réalisation de case studies multimédias et de démonstrations, support de premier niveau, certification, participation aux conférences Microsoft... ». Microsoft est allé un peu plus loin un peu cette relation en créant le programme Start up Accelerator selon lequel elle sélectionne 100 start ups avec lesquelles elle bâtit une relation plus formalisée.

 

SAP, injecter du Web 2.0 dans l'entreprise

 

La présence de SAP pourrait paraître encore plus surprenante que celle de Microsoft dans la mesure où cet éditeur s'adresse exclusivement  aux entreprises en leur proposant des applications de gestion traditionnelles. Mais, comme pour Microsoft, l'objectif est de tirer parti du bouillonnement d'innovations et de l'esprit d'entrepreneuriat.

 

20071206_12Pour Ike Nassi, Senior Vice President for Research, Americas, for SAP est responsable de l'entité de recherche  de SAP Labs présente aux Etats-Unis et en Chine. Pourquoi cette association Chine+Etats-Unis ? « Nous avons de nombreux clients en Chine et le marché chinois est, d'une certaine manière, proche du marché américain, d'où l'intérêt de transposer les meilleures pratiques. Mais la Chine est un marché émergeant plutôt dynamique avec beaucoup de talents disponibles dans lequel nous souhaitons être bien implantés.  Ike Nassi a, lui aussi, le bon profil pour diriger cette entité de recherche. Il a fondé trois start ups dont une vendue à Cisco, a travaillé sur des travaux de développement de logiciels de base chez Digital (il a participé au développement du système d'exploitation du Vax) et Encore Computer, a enseigné l'informatique à l'université.

 

Parmi les grandes tendances qu'entrevoit Ike Nassi, on peut citer la connectivité permanente et universelle (Pervasive Connectivity), la croissance des données, le Clean Tech (les énergies propres et renouvelables)... Rien que de très classique. Mais aussi l'arrivée de jeunes dans l'entreprise qui sont très à laide avec tous les outils du Web 2.0 et aussi l'arrivée des microprocesseurs avec plusieurs de cœurs... Beaucoup de travaux avaient été réalisés il y a une vingtaine d'années sur les architectures parallèles qui n'a pu être réellement  exploité car les technologies n'étaient pas disponibles, mais qui malheureusement ont été oubliés, regrette Ike Nassi.

 

 

Extraire l'innovation et la réutiliser

 

« Le soleil ne se couche jamais sur Orange Labs », déclare un peu de manière emphatique Gabriel Sidhom, vice president of  technology development, responsable de l'unité présente à San Francisco, une entité installée de l'autre côté de la Baie qui regroupe 70 personnes dont une cinquantaine de PhD. En dehors de la France où elle possède 8 centres , Orange Labs est présente à San Francisco et à Boston, en Espagne, Angleterre, et en Pologne pour l'Europe, au Caire, en Inde, en Corée, à Tokyo et à Seoul.

 

Pourquoi la Silicon Valley plutôt qu'un autre endroit ? « D'abord, de nombreux talents y sont présents, explique Gabriel Sidhom. Ensuite c'est une région qui recueille 35 % du financement des Venture Capitalists, l'administration Homeland y a une forte présence et bien sûr les technologies de l'information et de la communication y sont largement représentés. Cela nous permet d'avoir accès à l'innovation financée par le gouvernement et largement présente ici ».

 

Pour Orange qui est un opérateur de télécoms, mais aussi et de plus en plus un fournisseur de contenu sur le Web, l'idée est notamment de déceler des services innovants et de les intégrer à son portail. « Créer, extraire et transférer l'innovation vers le client final », poursuit Gabriel Sidhom qui propose deux exemples issus de Bubbletop et Pikes. La première a développé un service qui permet une agrégation thématique de flux RSS sur les PC, mais aussi sur les mobiles comme l'iPhone. Pikes a développé un site de partage de photos offrant des possibilités de tagging. 

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Les commentaires

Concernant les services dits "innovants" de FT Labs, il y a coquille: le service de photo taggable (+geolocalisation) est Pikeo et non Pikes
(Pikes étant un société dédiée à la maitenance et l'assemblage d'une pile LAMP)

Par Guillaume le 07/12/2007 à 11:11

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