Budgets R&D
Les industries automobiles et pharmaceutiques devant la high tech
Par Guy Hervier. Cinq constructeurs automobiles et deux entreprises pharmaceutiques figurent dans le Top10 des budgets de R&D de l'année. Microsoft est le seul présent des TIC à figurer dans ce cercle très fermé. Sur les 100 premiers budgets de R&D, on compte une trentaine d'entreprises appartenant aux secteurs de l'informatique, des télécoms, des semiconducteurs et de l'électronique.
Un classement par pays met en évidence la puissance de la R&D américaine et japonaise qui arrive à placer respectivement 42 et 19 entreprises dans les 100 premières. Seulement 5 entreprises françaises figurent dans ce classement alors que l'Allemagne en place 11.
Toyota numéro un de la R&D tous secteurs confondus
Au terme d'une inexorable ascension depuis plusieurs décennie, la Toyota est devenue le premier constructeur automobile mondial devant General Motors en 2007, tout un symbole. C'est aussi le premier budget de R&D tous secteurs confondus. Mais cette croissance à marche forcée s'est fait détriment de la qualité puisque le constructeur est passé de la 1ère à la 5e place dans le classement des constructeurs pour la fiabilité des véhicules. La raison : la croissance n'a pas permis d'assurer la formation des nouveaux arrivants qui n'ont ainsi pas pu intégrer les éléments de la culture d'entreprise. Cela s'est traduit en particulier par un rappel d'un nombre élevé de véhicules, plus de 4 millions en 2005. Le gouvernement japonais a même sommé Toyota de faire un effort pour améliorer la qualité. Et le président de Toyota a pris la décision de ralentir la croissance de l'entreprise afin de se donner le temps de former toutes les jeunes recrues.
Mais les autres grands constructeurs ne sont pas en reste. Aux côtés de Toyota, on trouve Ford, Daimler-Chrysler (redevenue Chrysler depuis), General Motors et Volkswagen. Nos deux champions nationaux - PSA et Renault se situent respectivement en 41e et 43e position dans ce classement des 100 premiers budgets de R&D.
Mais cette position des constructeurs automobiles ne restituent par nécessairement l'effort relatif fait en R&D. Trois secteurs investissent beaucoup plus relativement à leur chiffre d'affaire : les entreprises du secteur pharmaceutiques, des semiconducteurs et du logiciel avec un ratio qui est compris entre 12 et 16%, voire plus.

AMD en tête de la R&D
Dans le secteur des semiconducteurs, AMD est le champion avec un ratio de 21,3 %. Face à un Intel dominant, AMD semble avoir de plus en plus de mal à suivre la course. Chaque génération de composants nécessite des investissements de plus en plus coûteux. Une nouvelle unité de fabrication coûterait de l'ordre de 3 milliards de dollars. C'est dans cette perspective que l'on doit replacer l'accord que viennent signer sept acteurs du secteur - IBM, Toshiba, AMD, Samsung, Chartered, Infineon, Freescale - visant à réduire les coûts. Ces sept entreprises ont signé un accord de coopération jusqu'en 2010 au niveau de la conception, du développement et de la production de la génération des puces à 32 nm qui devront contenir un milliard de transistors. A noter qu'Intel ne fait pas partie de ce groupe.
Côté logiciels, l'intensité en matière de recherche est également très élevée. Les quatre grands acteurs du secteur : Microsoft, Oracle, SAP et IBM. Les trois premiers font respectivement état d'un ratio de 13,9, 13 et 14,2%. Concernant IBM, l'analyse est plus difficile dans la mesure où Big Blue est présent sur trois fronts : les services, les matériels et les logiciels.
A noter d'ailleurs qu'IBM est la seule entreprise présente dans cette liste qui dégage plus de 50 % de son chiffre d'affaires de la vente de services. Certes IBM fait encore de la recherche fondamentale - IBM peut s'enorgueillir de 5 prix Nobel dont le dernier remonte à 1987 -, mais il l'oriente vers une nouvelle discipline baptisée en anglais Service Science par analogie avec Computer Science. L'objectif étant, grâce à des travaux de recherche, d'améliorer la productivité et l'efficacité des services. La recherche dans les services représenterait 25 % du budget total de R&D. Sur les 3000 chercheurs d'IBM, plus de 500 travailleraient sur ces sujets soit en interne soit chez les clients. De manière beaucoup moins développée d'autres entreprises du secteur des TIC comme Microsoft ou Intel font appel à des spécialistes de disciplines qui, a priori, pourraient plutôt surprendre comme par exemple des anthropologues ou des sociologues.

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le 30/06/2008 à 15:40