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Les réseaux sociaux sont-ils mûrs pour l’entreprise ?

jeudi 20 décembre 2007

20071220_08Par GH. La question pourrait d'ailleurs être formulée inversement, c'est-à-dire les entreprises et leur DSI sont-ils prêts pour l'introduction des réseaux sociaux dans leurs quatre mûrs ? Sans connaître encore véritablement la réponse et surtout la forme que ces dits réseaux sociaux prendront pour qu'ils puissent être utilisés dans le monde professionnel, les fournisseurs commencent à proposer des solutions. Témoin IBM qui ajoute des capacités dites de social networking à son outil collaboratif Lotus Notes. De son côté, LinkedIn qui fait évoluer son offre pour lui donner une dimension de plate-forme de réseau social.

 

 

« On parle beaucoup de symptôme d'A.D.D (Attention Deficit Disorder) chez les jeunes, mais c'est désormais leur manière de fonctionner. L'homme est naturellement multitâche et la technologie permet désormais de le faire. Bien sûr, certaines activités requièrent une attention plus soutenue. Nous sommes en train de passer de l'ère de l'automatisation à celle de l'interaction. Et si l'IT ne leur fournit pas tous ces outils, ceux que l'on appelle les Digital Natives (ou encore Gen Y) trouveront une alternative pour y avoir accès. Le social computing n'est pas une mode, c'est un nouveau mode opératoire. Jusqu'ici, les DSI (pour la plupart) interdisent l'utilisation d'application comme Facebook ou Twitter derrière le firewall de l'entreprise car ils affirment que c'est dangereux. Mais c'est peine perdue car ils ne pourront pas résister à cette vague. Par ailleurs, le social computing a beaucoup à offrir à l'entreprise ». C'est là la vision de Rob Levy de Bea qui estime donc que les entreprises doivent réfléchir à comment mettre en œuvre les nouvelles technologies du Web 2.0 car elles ne pourront pas résister à cette vague qui s'annonce.

 

Des jeunes particuliers aux professionnels plus âgés

 

Depuis quelques années, les technologies liées à l'Internet, se développent d'abord chez les particuliers pour ensuite faire leur entrée dans l'entreprise. Ce mouvement avait commencé il y a bien longtemps avec les PC dont nombre de DSI de l'époque - que l'on appelait encore directeur informatique - ne savaient pas vraiment comment les intégrer aux systèmes centraux. Cette évolution n'a fait que s'accentuer dans la mesure où le coût des technologies s'est largement réduit. L'autre tendance est que les premiers utilisateurs sont désormais les jeunes qui sont les premiers expérimentateurs.

 

Messagerie instantanée et VoIP ont suivi cette trajectoire. Va-t-il en être de même pour les réseaux sociaux ? Aujourd'hui, ce nouveau canal d'échange via Internet est déjà utilisé par 37 % des adultes aux Etats-Unis et 70 % des adolescents (teenagers selon le terme de l'enquête qui littéralement concernent les jeunes de 13 à 19 ans). En 2011, selon le cabinet eMarketer, la moitié des internautes américains utiliseront les réseaux sociaux. A l'instar de nombre d'applications sur Internet, le moyen de monétisation des réseaux sociaux est la publicité. Sur ce point, le cabinet américain estime le montant des ventes publicitaires sur les seuls réseaux sociaux américains à 920 M$ pour 2007 et à 1,6 milliard en 2008. Au niveau mondial, les chiffres sont respectivement de 1,2 et 2,2 milliards de dollars.

 

 20071220_07

 

IBM et LinkedIn entrent en piste

 

L'outil Atlas que propose IBM en liaison avec Lotus offre quatre composants : Net et MyNet, Find et Reach. La fonction Net fournit une indication visuelle sur les groupes qui se sont formés et travaillent sur différentes thématiques. MyNet offre des fonctionnalités similaires réduites à un réseau personnel.

 

Reach est décrit par IBM comme un tableau de bord de réseau social permettant de naviguer sur ce que l'on appelle les six degrés de séparation. Rappelons que Les six degrés de séparation sont une idée imaginée par le Hongrois Frigyes Karinthy en 1929. Reprenant le vocabulaire des six degrés de liberté qu'on rencontre en mécanique, cette idée théorique évoque la possibilité que toute personne sur le globe peut être reliée à n'importe quelle autre au travers d'une chaîne de relations individuelles comprenant au plus cinq autres maillons. Cette théorie fut reprise en 1967 par Stanley Milgram à travers l'étude du petit monde. (Source Wikipedia). Enfin, Find permet de lancer des recherches au-delà de l'annuaire de l'entreprise pour embrasser des données de réseaux sociaux, de blogs, de communautés...

 

De son côté, LinkedIn fait évoluer son site de réseaux social vers une dimension de plate-forme. Un mouvement constaté chez tous les fournisseurs de logiciels de réseaux sociaux, à commencer par Facebook, mais aussi MySpace, Google Orkut, Twitter et Hi5. L'idée de plate-forme indiquant qu'il est possible aux développeurs tiers, grâce à une API, de concevoir des applications. Parmi les fournisseurs qui n'ont pas encore pris ce virage plate-forme, Ray Valdes, analyste du Gartner dans une note intitulée « LinkeIn Enters Increasingly Crowed Social Platform Area », cite MSN Spaces, Yahoo 360, AOL, eBay, Expedia et Amazon. Par rapport à Facebook, LinkedIn offre certains avantages pouvant être exploités par les annonceurs. D'abord des utilisateurs sont plus âgés, ayant donc un pouvoir d'achat plus élevé et un niveau décisionnel plus importante. Il peuvent donc être mieux exploités par les annonceurs.

 

Si Facebook est largement orienté vers les particuliers, LinkeIn a été conçu comme un outil professionnel. LinkedIn fait état de 17 millions d'utilisateurs, nombre qui augmenterait au rythme de million d'utilisateurs par mois.

 

Le nouveau site Web de LinkedIn a été complété d'une fonction baptisée Activity Stream comparable à News feed de Facebook. Cette fonction permet d'afficher sur la page d'accueil de l'internaute l'ensemble des nouveautés - changement de statut, photos... - publiés récemment par ses « amis ». Le terme ami étant devenu totalement générique. Le site s'est donc transformé en plate-forme, les développeurs pouvant y ajouter des modules ou autres widgets. Enfin, une API permet à des sites externes d'avoir accès aux données qui sont stockées dans LinkedIn.

 

Rob Levy, CTO de BEA : Les DSI ne pourront pas résister au social computing

 

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