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Sohaib Abbasi, Chairman et CEO d’Informatica
Nous restons très concentrés sur l’intégration de données

mercredi 06 février 2008

20080206_07Informatica vient de boucler l'exercice 2007 avec un chiffre d'affaires de près de 400M$ en croissance de 21 % et un bénéfice net de 55 M$. Fournisseur historique d'outils d'ETL (Extract, Transform and Load), Informatica aborde de nouveaux marchés comme la qualité des données ou le Master Data Management, tout en restant très concentré sur l'intégration des données. Sohaib Abbasi, Chairman et CEO donne sa vision pour l'année 2008. Propos recueillis par Guy Hervier.

 

Vous avez bouclé l'exercice 2007 avec des résultats très satisfaisants, quels sont les éléments principaux de votre stratégie ?

20080206_04Sohaib Abbasi : Alors que l'industrie du logiciel croit au rythme de 8 % l'an, Informatica a réalisé un chiffre d'affaires en progression de 20 % sur les trois dernières années. Ces résultats s'expliquent par trois facteurs. D'abord, une croissance plus rapide à l'international, hors des Etats-Unis. La répartition aujourd'hui s'établit à 63 % aux Etats-Unis et 37 % ailleurs. Ensuite, nous abordons beaucoup plus activement des marchés allant au-delà de la simple alimentation des Data Warehouses (DW) pour couvrir tout le spectre de ce que le Gartner appelle la data integration. Au 1er trimestre 2005, 20 % seulement de nos ventes étaient au-delà du DW, au 4e trimestre 2007, la proportion atteignait 50 %. Enfin, nous mettons l'accent sur l'innovation avec un renouvellement et un enrichissement très important de nos solutions. Les marchés financiers ont d'ailleurs reconnu ces performances, le cours de notre action est passé de 8 à 18 euros sur les 3 dernières années.

 

 

Quel est la couverture fonctionnelle d'Informatica aujourd'hui ?

S.B. : Nous couvrons quatre grands domaines. Le cœur historique de notre activité avec l'Entreprise Data Integration qui permet d'intégrer toutes les données de l'entreprise, qu'elles soient structurées ou non structurées. Ensuite, nous proposons des solutions baptisées On Demand Data Integration qui prend en compte le phénomène du On Demand et du SaaS (Software as a Service), c'est-à-dire des entreprises qui font appel à l'externalisation de données. La troisième catégorie concerne le B2B Data Exchange pour pouvoir échanger des données avec des clients, fournisseurs ou partenaires... Enfin, le dernier domaine est lié au Data Quality, tout ce qui permet aux entreprises d'avoir confiance dans la qualité des données. Informatica est le seul fournisseur proposant des solutions dans ces quatre domaines.

 

 

Proposez-vous ces solutions séparément ?

S.B. : Dans la majorité des cas, nos clients mettent en œuvre qui concerne l'intégration et la qualité des données. Les deux autres sont plus récents, mais en forte croissance.

 

 

Comment prenez-vous en compte le phénomène du SaaS ?

20080206_05S.B. : En 2007, nous avons été le premier éditeur à proposer une application capable d'intégrer des données issues de logiciels SaaS. Cela ouvre de nouvelles perspectives. Nous avons développé des nouveaux connecteurs permettant de supporter des applications SaaS, comme par exemple salesforce.com. Une cinquantaine de clients utilisent ce type de solutions. Nous avons signé avec de nouveaux partenaires qui intègrent nos outils dans leurs solutions, c'est le cas avec EDS, Mercer, RightNow, salesforce.com. Dernière évolution significative, nous proposons des outils d'intégration qui peuvent être directement mis en œuvre par les utilisateurs finals avec une interface intuitive aussi simple qu'une application de type Amazon et ne requièrent aucune formation particulière.

 

 

La proportion entre ventes de licences et services reste à peu identique (45%/55%°. Quels type de services proposez-vous ?

S.B. : Nous proposons les services traditionnels d'un éditeur. Support et maintenance comptent pour 83 % de nos revenus en services. Le reste est réalisé via des services de formation et de consulting. Une fois que nous avons vendu la licence d'un logiciel, les nouvelles versions sont incluses dans la maintenance qui représente annuellement 20 % environ du coût de la licence (cela dépend évidemment du niveau de service). En revanche, pour tout ce qui est service d'intégration et de déploiement nous nous appuyons sur de très nombreux partenaires, que ce soient des intégrateurs mondiaux comme EDS, Accenture ou Capgemini ou des acteurs plus régionaux comme Atos ou Unilog.

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Quelle est le montant de la dépense nécessaire en matière de services auprès de vos partenaires pour la mise en œuvre et le déploiement de vos produits ?

S.B. : Bien sûr c'est assez variable en fonction du type d'applications et du contexte de l'entreprise. Mais, en moyenne, il faut compter 3 à 4 euros en services pour 1 euro dépensé en achat de licence.

 

 

Comment voyez-vous 2008 ?

S.B. : Notre stratégie reste la même et nous envisageons de croître plus vite le marché. Nous allons continuer à accroître la part de nos activités dans des applications au-delà du DW et des outils d'ETL. Nous allons continuer à viser principalement les grands comptes, mais nos outils d'intégration pour les applications on demand nous permettent aussi de viser de nouvelles franges d'entreprises.

 

Dans ce climat de consolidation, projetez-vous des acquisitions ou craignez-vous d'être racheté ?

S.B. : Nous avons procédé à quelques acquisitions, mais qui se situent dans une stratégie de compléter notre offre pour les applications d'intégration de données et non d'aller sur de nouveaux marchés. On peut citer Striva en 2003 ou Similarity Systems en 2006. Mais notre croissance est et restera principalement organique. Les consolidations que l'on observe actuellement dans le logiciel sont sur des marchés relativement mûrs où la croissance n'est pas très élevée : applications de gestion d'entreprise, serveurs d'application, Business Intelligence. Par ailleurs, ce qui fait notre force est d'être neutre vis-à-vis de l'ensemble des fournisseurs de logiciels. Cette position un peu particulière limite l'intérêt d'acheter une société comme la notre.

 

Quels sont les défis que les entreprises ont à relever face à l'augmentation exponentielle de volume des données ?

20080206_06S.B. : D'abord, comme vous le mentionnez, elles doivent faire face à une augmentation très rapide, d'environ 50 % du volume des données par an. Ce qui pose des problèmes non seulement de stockage, mais aussi d'administration, de sécurité... Ensuite, elles ont beaucoup plus de raisons de capitaliser et de valoriser leurs données. Elles doivent respecter de nombreuses nouvelles réglementations, offrir des services dont la qualité s'élève, consolider leurs données... C'est obligatoire dans le cas de fusions&acquisitions, mais c'est une tendance générale quelles que soient les situations. Selon une enquête réalisée par PriceWaterhouseCoopers aux Etats-Unis, plus 70 % des dirigeants d'entreprises pensaient que les données constituaient l'actif le plus important. Mais à l'inverse, moins de 40 % considéraient qu'elles utilisaient efficacement leurs données. Il y a donc une tension de plus en plus forte, d'où la nécessité d'offrir des outils d'intégration de plus en plus puissants.

 

Vous investissez beaucoup en R&D, aux alentours de 20 %. Combien avez-vous de développeurs et où sont-ils répartis ?

S.B. : Sur les 1300 salariés que compte l'entreprise, Informatica compte près de 500 développeurs répartis dans le monde et qu travaillent dans des équipes virtuelles avec des équipes spécialisées pour certaines catégories de produits. La moitié est aux Etats-Unis, l'autre se partagent entre l'Inde, le Royaume-Uni, l'Irlande et Israël.

 

 

Vous avez indiqué que l'entreprise se développer plus rapidement hors des Etats-Unis. Quelle est la situation en France ?

20080207_05Didier Guyomac'h (DG Informatica France) : Nous faisons état de quelque 150 clients qui figurent parmi les plus grandes entreprises françaises. Une grande proportion des membres du Cigref sont des clients d'Informatica. Nous avons fait des incursions sur des marchés où nous étions absent il y a trois ans, c'est le cas de la distribution où nous avons nombre des grands noms de ce secteur parmi nos clients. La filiale française regroupe une quarantaine de collaborateurs sachant que le support est assuré à partir d'équipes basées au Royaume Uni et aux Pays-Bas. L'année dernière, nous avons formé environ 250 consultants à nos technologies.  

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