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Open Source pour le BI : une alternative sérieuse aux solutions Best of Breed
Par Renaud Finaz de Villaine, Directeur Marketing et Communication, Micropole-Univers

mercredi 19 mars 2008

20080319_01La concurrence ne cesse de croître sur le marché des technologies décisionnelles (ou BI). Dominé encore récemment par les "pure players" que sont SAS, Business Objects, Cognos, Hyperion, Informatica..., ce marché compte désormais de nouveaux entrants venus du monde de l'Open Source, dont les offres sont autant d'alternatives sérieuses aux solutions logicielles traditionnelles.

Plusieurs points jouent en leur faveur et seront à suivre attentivement.

 

La majorité des acteurs Open Source proposent des fonctionnalités de base équivalentes aux modules de reporting et d'analyse OLAP proposés par les éditeurs "Best of Breed". Quatre acteurs du Libre commencent néanmoins à se détacher en élargissant les fonctionnalités embarquées dans leurs offres.

 

La tendance est en effet à l'unification des différents programmes BI en Open Source sur une plate-forme décisionnelle centrale :

- JasperSoft combine dans sa Business Intelligence Suite, non seulement les moteurs de reporting et d'analyse OLAP mais aussi un ETL et des modules de visualisation.

- La plate-forme décisionnelle de Pentaho comprend des fonctions de reporting, d'analyse OLAP, ainsi que de tableaux de bord et d'extraction et intégration de données. Les modules fonctionnels peuvent être utilisés soit sous la forme d'une suite complète, soit indépendamment les uns des autres ; ils sont accessibles via des services web.

- SpagoBI propose une plate-forme collaborative. Les outils y sont intégrés sous forme de suite logicielle, afin de faciliter le développement et la mise en oeuvre d'applications décisionnelles. Les modules de SpagoBI s'appuient sur un socle robuste et comprennent le reporting, l'analyse OLAP et multidimensionnelle, les tableaux de bord, la gestion de la performance, les requêtes ad hoc, la gestion de documents, la planification des tâches et un moteur de workflow.

- Actuate avec son offre Eclipse BIRT qui inclut toutes les fonctionnalités pour créer, visualiser et diffuser des rapports d'analyse.

 

Ces différentes offres Open Source vont donc se différencier sur 4 points :

- Le choix des composants qu'elles intègrent : Japsersoft intègre l'ETL de Talend, SpagoBI a misé sur les outils de Mondrian pour le moteur OLAP et de Weka pour le Data Mining ;

- Le niveau de granularité des fonctions ;

- Leur plus ou moins grande intégration dans le SI ;

- Leurs partenaires intégrateurs de référence.

 

Face à ces nouveaux enjeux de marché, les acteurs de l'Open Source connaissent de profondes mutations. La première est leur transformation de structures associatives en véritables sociétés commerciales spécialisées dans l'édition de logiciels. Ces entités sont capables de dégager des profits et de les réinvestir en R&D mais aussi et surtout en marketing et stratégie commerciale. Au départ, nées de la nécessité de se faire référencer par les intégrateurs et SSII majeures, généralistes et spécialistes, ces nouvelles sociétés de logiciels libres poursuivent désormais d'autres objectifs.

 

Les sociétés du Libre continuent de disposer d'atouts notables, notamment en termes de coûts de fonctionnement, hérités de la dynamique communautaire :

- la faiblesse des coûts de développement, le principe même du libre étant de partager les innovations sur les codes source et de capitaliser sur les découvertes de la communauté ;

- la faiblesse des coûts marketing

 

Les acteurs de la BI Open source ont donc la possibilité de proposer leurs offres selon un mode tarifaire différent de celui des éditeurs historiques, c'est-à-dire sans fixer un nombre d'utilisateurs par licence. Par contre, il est important de bien prendre la mesure des coûts de développement additionnels qui devront toujours être faits autour des offres, au fil de l'eau de l'évolution du code.

 

C'est ce qui laisse un large champ d'intervention aux Majors de la BI, champ sur lequel les acteurs du décisionnel en Open Source ne se positionneront pas à court terme : à savoir les offres verticalisées, métier et sectorielles. Business Objects, Cognos et consorts ont en effet la capacité à intégrer un savoir-faire métier et à le traduire en fonctionnalités logicielles simples et ergonomiques. Ils présentent également l'avantage d'offrir des produits packagés où très peu de développements spécifiques sont requis et où les déploiements à grande échelle sont très simples et simplifiés.

 

Toujours est-il que l'écart entre ces deux univers du décisionnel s'amenuise au fil des ans et que la concurrence de l'Open Source ne peut plus être mise de côté. À l'heure où l'objectif des entreprises est de générer des économies, d'être autonomes et indépendantes vis-à-vis de leurs fournisseurs de technologies et enfin, de s'inspirer d'une philosophie collaborative (source étude Markess International 2007), l'offre décisionnelle en Open Source, qui n'était pas considérée comme un réel danger, constitue dès lors une alternative plus que crédible, à la fois viable et en ligne avec ces objectifs et ces contraintes budgétaires.

 

Le marché français reste en ce début 2008 en retard en matière de recours à l'Open Source, contrairement notamment à la Suisse. Mais il suffirait d'une volonté politique similaire à celle qui a guidé les décisions helvétiques pour changer la donne. N'oublions pas que les appels d'offres du secteur public suisse doivent obligatoirement prévoir l'étude de technologies libres aux côtés des solutions d'éditeurs. C'est une des raisons qui a contribué à l'entrée du Libre dans les moeurs de nos voisins et qui pourrait servir d'exemple dans l'Hexagone.

 

___________________

Micropole-Univers est spécialisée en conseil et ingénierie dans les domaines de la Business Intelligence, de l'E-Business, du CRM et de l'ERP. Micropole-Univers regroupe près de 950 collaborateurs et intervient auprès de 1 000 clients (dont 80% des groupes du CAC 40).

 

http://www.micropole-univers.com

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Les commentaires

En réaction à ce commentaire et non à l'article, fort éclairant au demeurant.
Toujours cette langue de bois, ces mêmes arguments aussi faux que contradictoires ! "favoriser la R&D, l'innovation, la création de richesse" et "laisser faire le marché". Mr Risbourg, même les "inventeurs" du capitalisme ont toujours dit que le marché devait être contrôlé.
Mr Risbourg se trompe de cible, son adversaire réel est le marché, de plus en plus monopolistique, dans lequel il tente de se faire une place. Et c'est la collectivité qu'il appelle au secours. Il n'en défend pas moins le marché...
La collectivité se doit de favoriser le bien commun pas les intérêts personnels, c'est pourquoi elle se doit de veiller au bon développement de l'open source, un bien commun qui permettra d'autres "start-up". Qui permettra surtout de continuer à former des étudiants et de financer des labos indépendants (voila la vraie "création de richesse"). On ne voit que trop ce que donne la "science propriétaire" productrice d'expertises incontrôlables par l'autorité publique.
Il n'est d'ailleurs question ici que de mise en concurrence, pas de faveur particulière, que le meilleur gagne...

Par jack le 26/03/2008 à 11:51

Bonjour Renaud,

Ton analyse du marché est tout à fait pertinente, néanmoins je ne te suivrai pas dans ta conclusion...

Ce n'est pas le rôle de l'état de pousser ou de favoriser telle ou telle solution (libre ou propriétaire). Laissons faire le marché :chacune des entreprises et administrations, qui le constitue, est assez grande pour choisir ce dont elle a besoin, en évaluant d'un coté la valeur créée pour leur business par telle ou telle offre, et de l'autre coté, le cout d'acquisition, de mise en oeuvre et de maintenance de l'offre en question.

A contrario, il est de la responsabilité de la puissance publique de favoriser la R&D, l'innovation, la création de richesse, et ce en mettant en place un environnement propice : éducation, formation, création d'entreprise et en aidant les entreprises innovantes à se frotter au marché (et non aux organismes qui distribuent des subventions) et à se développer hors de nos frontières. Ca passe aussi par un changement profond des mentalités individuelles, notamment en matière de prise de risque.

Alain Risbourg
fondateur de Jalios, un éditeur de logiciels innovant

Par Alain Risbourg le 21/03/2008 à 11:56

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