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Microsoft/Yahoo : Et maintenant que vais-je faire ?

lundi 28 avril 2008

20080428_01L'ultimatum des trois semaines est donc passé et Microsoft n'a pas encore confirmé, comme Steve Ballmer l'avait indiqué, ce qu'il va faire du dossier Yahoo !. Va-t-il lancer une offensive hostile en s'adressant directement aux actionnaires ou au contraire va-t-il abandonner cette piste pour se concentrer sur ses propres forces ? Cette échéance intervient au moment où l'éditeur a publié des résultats qui ne sont pas très bons - relativement s'entend - et laissent planer quelques doutes. Parmi les responsables de cette « contre-performance », les divisions Business et surtout Clients sont en première ligne. Alors que l'éditeur maintient son discours dynamique sur Vista et que la dead line du 30 juin pour la fin de vie de Windows XP est maintenue, les constructeurs semblent trouver des contournements pour prolonger le système d'exploitation.

 

Le début de la chanson de Gilbert Bécaud « Et maintenant que vais-je faire de tout ce temps qui sera ma vie » s'applique particulièrement bien à la situation actuelle de Microsoft. Car la suite des opérations sera bien différente selon que l'aboutissement de son offensive sur Yahoo aboutisse ou non. Et penser que l'extrême difficulté que semble rencontrer Microsoft à contrecarrer la montée inexorable de Google sera réglée avec la reprise de Yahoo ! est sans doute aller un peu vite en besogne. Car la fusion des deux entreprises ne sera pas chose facile tant les deux sociétés sont différentes.

 

Trois semaines, et après ?

 

Voilà donc près de trois mois que l'offre non sollicitée de Microsoft pour racheter Yahoo a été lancée et la situation n'a guère évolué. Mais on se souvient de la saga Oracle/Peoplesoft qui avait duré 18 mois. Sauf que dans le cas d'espèce, Steve Ballmer avait sifflé la fin de la récréation le 5 avril dernier en lançant un ultimatum on ne peut plus clair : « Si d'ici trois semaines nous ne sommes pas arrivés à un accord, nous entrerons en relation directement avec vos actionnaires, incluant une bataille de procuration (proxy contest) avec comme objectif d'élire une nouvelle direction du conseil d'administration de Yahoo ». De son côté, Yahoo a ressassé le même argument selon lequel il n'était pas opposé à cette fusion, mais à condition que Microsoft y mette le « juste » prix. Est-ce là une manière tactique de repousser l'attaque histoire de gagner du temps et de trouver des solutions alternatives, notamment avec Google, ou une opinion réelle ? Difficile à dire.

 

Steve Ballmer va-t-il mettre à exécution ce qu'il avait annoncé alors où tout simplement renoncer ? Aucune information n'a filtré encore sur ce sujet. Et c'est sans aucun doute une des plus difficiles décisions de toute l'histoire de Microsoft qu'il va devoir prendre.

 

Les divisions Client et Business dans le collimateur

 

Cela intervient alors que Microsoft vient de publier ses résultats trimestriels dont on ne sait s'ils sont juste un accident de parcours ou marquent un point d'inflexion. Globalement, ces résultats son loin d'être catastrophiques. Sur le 3e trimestre de son exercice 2008, Microsoft affiche un chiffre d'affaires de 14,45 milliards de dollars, à peine supérieur à celui de l'exercice 2007 (14 398 milliards$). Le résultat opérationnel s'établit à 4,4 milliards de dollars soit une baisse importante par rapport aux 6,6 milliards de l'exercice 2007. Une partie, mais une partie seulement, de cette baisse est liée à une provision de 1,4 milliard de dollars effectuée pour payer l'amende de la Commission européenne.

 

La division Client, qui inclut les systèmes d'exploitation Windows Vista et XP, accuse donc une baisse de 24 % plutôt brutale représentant un montant de 1,2 milliard dont la plus grande partie provient de l'activité OEM, c'est-à-dire des constructeurs. Parallèlement, Microsoft maintient son discours sur le succès de Vista et fait état de 140 millions de licences vendues. Dans un article publié par le magazine Computerworld, Allan Krans, analyste du cabinet Technology Business Research compare cette baisse à celle de moins de 1 % qui était intervenu au dernier trimestre de l'exercice 2002, c'est-à-dire un an après la sortie de Windows XP. Cela traduisant la difficulté qu'à l'éditeur à convaincre tant les marchés grands publics que professionnels de la valeur de Vista.

 

L'on connaît ce qui commence à devenir une controverse sur la fin de vie de Windows XP. Microsoft a pris récemment la décision de repousser à juin 2010 la date limite de la disponibilité et du support de Windows XP SE (Standard Edition) aux fournisseurs de la catégorie des ULC PC (Ultra-low-cost PC), autrement dit des PC à bas coûts, ou 12 mois après l'introduction commerciale de la prochaine version de Windows, référencée actuellement Windows 7 et qui devrait remplacer Windows Vista. Pour les autres machines, la date du 30 juin 2008 reste maintenue. Mais certains constructeurs ne l'entendent pas de cette oreille. Dell, par exemple, continuera à installer XP sur ses machines après la date fatidique. Pour ce faire, il va utiliser une clause de retour en arrière qui est inclus avec Vista Ultimate et Vista Business. Sur le site Web du constructeur on peut lire Downgrade Rights : « Dell a la possibilité d'exercer son droit de « Windows Vista downgrade rights » en votre nom à l'usine sur votre activité est encore dépendante de Windows XP et que vous préfériez que Windows XP Professional soit préinstallé sur votre PC ».

 

 

20080428

 

Microsoft reconnaît que Dell est tout à fait dans son droit et qu'il peut continuer ainsi tant qu'il possède  des copies de Windows XP. Après janvier 2009, l'éditeur cessera la fourniture de copies du logiciel.

 

Le cabinet Forrester qui ausculte 50 000 comptes d'entreprise indiquait que la présence de Windows XP restait inchangée entre le début et la fin 2007 à près de 90 %. De son côté, Vista a atteint 6,3 % à la fin de l'année 2007.

 

Office ou Dynamics ?

 

Deuxième responsable de cette contre-performance, la Division Business accuse une baisse de 2 %. Mais comme cette entité réunit les activités Office et Dynamics, il n'est pas possible d'avoir une idée précise sur les évolutions respectives des deux lignes de produits.  Si Office marche bien, c'est que Microsoft est à la peine sur le terrain des progiciels de gestion (ERP et CRM)  avec Dynamics, si c'est Dynamics qui se développe, alors c'est Office 2007 qui pose problème.

 

La source de satisfaction est incontestablement l'activité Servers and Tools qui regroupe Windows Server, SQL Server et Visual Studio dont le lancement des versions 2008 fait sur cet exercice semble être un réel succès avec une croissance de 18 %.  Enfin l'activité Online progresse de 40 % pour atteindre 843 M$, mais n'est pas à la hauteur des ambitions de Microsoft et le rachat de Yahoo est censé y remédier. Mais plus embêtant, cette activité est assez largement déficitaire : 745 M$ de dollars sur un chiffre d'affaires de 2,4 milliards pour les 9 premiers mois de l'année. Dans ces activités On ligne, Microsoft ne semble pas être en mesure de s'imposer face à un Google qui chaque jour renforce sa suprémacie. A l'inverse, la division Entertainment and Devices réussit pour la première fois à dégager des bénéfices : 614 M$ de résultat d'exploitation net sur un chiffre d'affaires de 6,5 milliards de dollars sur les trois premiers trimestres.

 

Saga Microsoft/Yahoo : De l'offre non sollicitée à l'épreuve de force

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