Après le rachat d'EDS
HP devient numéro 2 du service informatique
HP a racheté la société de services EDS (Electronic Data System) pour un montant de 12,8 milliards de dollars. La consolidation de l'industrie informatique, qui s'était focalisée ces derniers temps sur le logiciel, continue sa marche forcée tous azimuts. Cette acquisition est la seconde la plus importante pour HP depuis le rachat de Compaq il y a 6 ans.
Ce rachat va faire de la firme de Palo-Alto le numéro deux des services informatiques derrière IBM. Cette opération intervient à un moment où les grandes entreprises se sont lancées dans des restructurations importantes de leur data centers avec des possibilités de sous-traitance plus importante. Dans cette situation, la taille joue des fournisseurs un rôle important, tout particulièrement quand il s'agit d'offrir des prestations au niveau mondial.
Le montant de la transaction, établi à 12,8 milliards de dollars, est à rapprocher de la capitalisation boursière de l'entreprise qui était de l'ordre de 9 milliards de dollars (à la clôture vendredi soir) et au chiffre d'affaires de 22 milliards de dollars. La comparaison avec la saga entre Microsoft et Yahoo ! ne peut que laisser perplexe, même si les analystes financiers ont toutes les bonnes explications pour de telles différences : Microsoft avait proposé 44 milliards de dollars alors que la capitalisation boursière de Yahoo ! est de l'ordre de 34 milliards de dollars pour un chiffre d'affaire en 2007 d'environ 7 milliards de dollars. En fait, l'offre de 25 dollars par action faite par HP correspond à une prime de 32,5% par rapport au cours de 18,86 dollars lors de la clôture de vendredi soir.
Curieusement, les titres des deux entreprises ont effectué des mouvements inverses. Celui d'EDS s'est enchéri de 28 % en atteignant 24,13 dollars alors que celui d'HP s'est déprécié de 4,7 % à 46,83 dollars.
Rachetée puis revendue par General Motors
Curieuse destinée pour EDS. La société a été fondée en 1962 par celui qui deviendra milliardaire un peu plus tard, Ross Perrot, et qui financera sa campagne aux élections présidentielles américaines de 1992 en tant qu'Independant et en 1996 sous la bannière du parti fondé à l'occasion le Reform Party. L'idée initiale de Ross Perrot en fondant EDS était d'acheter des heures de calcul inutilisée de mainframes IBM et de les revendre. Une sorte de MNVO avant l'heure mais dans le domaine de l'informatique. L'entreprise connaît une croissance assez rapide et fait son entrée en bourse en septembre 1968.
En juin 1984, EDS est rachetée par General Motors dans le cadre d'une diversification de cette dernière pour un montant de 2,5 milliards de dollars. Huit ans plus tard, EDS reprend son indépendance. Entre temps, l'entreprise est passée de 60 000 à 120 000 salariés.
Numéro deux dernière IBM
Le marché mondial des services est évalué par le Gartner à 748 milliards de dollars. IBM en est le numéro avec une part de marché de 7,2 %, EDS en est le numéro trois avec 3 % et HP numéro cinq avec 2,3%.
La combinaison des deux entreprises ferait d'HP le numéro deux du service derrière IBM. HP a réalisé environ 16,6 milliards en services et EDS 22 milliards, soit un chiffre d'affaires cumulé de 38,6 milliards de dollars à comparer aux 54 milliards réalisés par IBM en 2007.
Parmi les acquisitions récentes faites par HP, on peut citer Mercury Interactive (4,5 mds$), Opsware (1,6mds) et Neoware, mais ces dernières étaient beaucoup plus modestes que celle d'EDS. Le regroupement d'HP et d'EDS ne sera pas une mince affaire, d'abord en raison de la différence de culture d'entreprise. Même si elle est présente dans le domaine des services, HP était jusqu'ici une société de produits high tech alors qu'EDS est né dans le domaine du service. Ensuite, en raison de la taille des deux acteurs : EDS représente 140 000 salariés - dont les deux tiers sont basés aux Etats-Unis - et HP 172 000. Avec EDS, la partie services passera de 16 à 30 % du chiffre d'affaires d'HP.
La croissance d'EDS ces dernières années a été plus que moyenne. Son chiffre d'affaires est passé de 19,8 milliards de dollars en 2003 à 22 milliards en 2007, soit une croissance annuelle à peine supérieure à 2,5 % (Alorsque la croissance du marché des services est estimée à 8 % sur les 5 années à venir). Et sa rentabilité n'est pas n'ont plus extraordinaire, de l'ordre de 2 % en moyenne sur les trois derniers exercices (L'entreprise texane avait connu des années très difficiles en 2002 et 2003 en perdant chaque année un milliard de dollars). La marge brute d'exploitation est d'environ 6 %, deux fois moins élevée que celle d'HP.
Pour HP, c'est là une deuxième tentative majeure d'entrer dans le marché du service. On se souvient que Carly Fiorina avait essayé de racheter la partie conseil de PriceWaterhouseCoopers pour un montant comparable à celui d'EDS, entre 17 et 18 milliards de dollars. Mais l'opération n'était pas allée à son terme et IBM reprenait le flambeau deux ans plus tard pour un montant de seulement 3,5 milliards de dollars.
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le 30/06/2008 à 15:40