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Quel avenir pour le bureau sans papier ?

lundi 02 juin 2008

20080602_11L'IATA (International Air Transport Association) a ouvert le 1er juin l'ère du billet 100 % électronique mettant fin à une pratique qui remonte aux années 1920, époque des premières liaisons du transport aérien. Cette étape symbolique nous rappelle qu'il reste encore beaucoup d'efforts à faire tant pour limiter la consommation de papier que pour favoriser le recyclage.  

 

Après une pratique individualisée par chaque compagnie, l'IATA a mis un peu d'ordre dans les années 30 en proposant une démarche standardisée - les billets étaient écrits à la main - pour émettre des billets multi tronçons faisant appel à plusieurs compagnies. Ces standards ont survécu jusque dans les années 70. En 1972, une première étape a été franchie à l'occasion de l'automatisation et a conduit à l'instauration du billet imprimé sur un format neutre. Pour la première fois, les agences de voyage pouvaient utiliser des formats de billets standard sur lesquels apparaissait le logo de l'association IATA. L'étape suivante, en 1983, a consisté à introduire une bande magnétique au dos du ticket qui autorisait le stockage électronique des informations et la possibilité d'utiliser le billet comme carte d'embarquement.

 

 

Si le premier billet électronique a été introduit en 1994, l'utilisation des tickets standard a continué à croître pour atteindre un maximum de 285 millions de billets émis en 2005.  On le voit donc, la transition du mode papier vers le mode électronique s'est fait donc de manière très évolutive. Alors qu'en 1997, l'IATA adoptait les standards pour les billets électroniques, ces derniers ne représentaient encore que 19 % de la totalité des billets émis.

 

20080602_09En 2004, prenant en compte divers éléments externes tels que, entre autres, la montée du terrorisme, l'augmentation du coût du pétrole (approchant alors les 40 dollars au baril, ce qui pourrait faire sourire aujourd'hui), l'IATA décide de prendre date au 1er juin 2008 pour passer au 100 % billet électronique. Les attentes sont plus au niveau des réductions de coût que des considérations environnementales. Les calculs sont relativement simples : alors que le coût de traitement d'un billet papier est d'environ 10 dollars, celui d'un billet électronique est de l'ordre de 1 dollar. Avec quelque 400 millions de billets émis chaque année, l'industrie du transport aérien économise ainsi plus de 3 milliards de dollars. Avec un pétrole à 130 dollars le baril que certains analystes voient franchir le seuil des 200 dollars, une telle économie est évidemment la bienvenue.

 

Réduction de coûts pas de papier

 

Mais le billet électronique n'est pas seulement synonyme de réduction de coût, il permet également de proposer de nouveaux services. Les billets électroniques peuvent être facilement modifiés et n'imposent pas aux clients d'aller à l'agence pour récupérer le nouveau billet. Mais aussi, ils permettent des possibilités de finaliser la carte d'embarquement en ligne ou via un mobile. Heureusement que certaines procédures peuvent ainsi être allégées car dans le même temps, les opérations liées au contrôle et à la sécurité deviennent réellement pesantes.  Parallèlement à l'arrêt de l'utilisation des billets papier, l'IATA a entrepris une opération de collection des stocks de billets vierges auprès des 60 000 agences réparties dans plus de 200 pays et représentant quelque 32 millions de documents.

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Une demande qui va continuer à croître

 

Si donc la motivation première de l' IATA et des compagnies aériennes, n'est pas de limiter la consommation de papier, le problème se pose désormais avec acuité. Car si le concept de « bureau sans papier » (Paperless office) a été lancé pour la première fois en 1975 dans un article du magazine BusinessWeek dans un article intitulé « The Office of the future », la réalité est encore bien différente.

 

D'autant que, même si l'on réussit à limiter l'utilisation  du papier au bureau, les besoins devraient continuer à croître pour passer de 320 millions de tonnes par an actuellement à 450 millions dans une vingtaine d'années.

 

Comment lutter contre le gaspillage ?

 

20080602_12Encore aujourd'hui, le bureau sans papier semble loin et le gaspillage est monnaie courante. "Aux Etats-Unis, un document sur trois qui est imprimé est jeté sans avoir été lu", rappelle Jacques Attali dans la dernière émission de Conversations d'Avenirs sur la chaîne Parlementaire Public Sénat (Voir la vidéo), et la quasi totalité de ce qu'on lit est encore imprimé. En France, la proportion de document imprimé non lu est de un sur six.

 

 

Certes quelques progrès ont été réalisés. Selon le cabinet RISI, un employé de bureau américain consommait en moyenne 28 Kg de papier par an en 1975. En 1999, il avait atteint un maximum de 65 Kg. Et en 2006, sa consommation était toujours de 57 Kg.  Toujours aux Etats-Unis, les entreprises américaines ont imprimé 1 500 milliards de pages selon le cabinet IDC en 2007 représentant rien qu'en dépense de papier quelque 8 milliards de dollars. Les fournisseurs d'imprimantes rivalisent d'initiatives pour optimiser les coûts d'impression, mais il faut bien reconnaître que l'on a du mal à croire au sérieux de leur démarche tant cette activité est lucrative ne serait-ce qu'en vente de consommables. N'est pas là scier la branche sur laquelle ils sont assis ? Pour qu'elle soit réelle et significative, la diminution ne passe-t-elle pas par la mise en place d'une organisation qui assure la maîtrise de l'impression de documents ?  « Il faut en place des technologies de surveillance dans les entreprises pour encadrer l'impression de documents », considère Jacques Attali.  

 

20080602_10Le recyclage du papier est une autre des voies à suivre pour résoudre une partie de ce problème de préservation de l'environnement et de limitation des effets de la consommation toujours plus grande du papier. Et là encore, les marges de progression sont grandes. S'il atteint le taux de 80 % en Allemagne, il n'est que de 20 % en Chine et entre 40 et 50 % aux Etats-Unis. Sachant que le papier pour imprimer n'est qu'une des trois utilisations du papier avec l'emballage et l'impression des journaux et que ces deux derniers devraient continuer eux aussi à croître.

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