Où s’arrêtera la chute de VMWare ?
L'action VMware a perdu la moitié de sa valeur depuis le début de l'année. La filiale détenue à 85 % par EMC traverse une période de turbulence aggravée par la démission forcée de sa fondatrice et CEO Diane Greene, remplacée au pied levé par Paul Maritz, un ancien cadre dirigeant de Microsoft. La nomination de ce dernier intervenant alors que Microsoft vient d'annoncer la disponibilité commerciale de son hyperviseur Hyper-V. Le produit sera gratuitement intégré à Windows Server 2008.
La période n'était sans doute pas particulièrement bien choisie pour « débarquer » Diane Greene, CEO et fondatrice de VMWare, juste au moment où la concurrence avec Microsoft s'annonce sérieuse. Certes, VMWare a une grande avance sur le marché de la supervision, mais l'arrivée de Microsoft sur n'importe quel marché n'est pas un événement anodin. D'autant que le produit est intégré gratuitement à Windows Server 2008. Cette approche d'un nouveau marché est relativement classique pour Microsoft. Il y a eu l'épisode d'Internet Explorer intégré à Windows 95. Sans doute plus significatif, l'évolution de SQL Server au cours de laquelle Microsoft a embarqué des outils ETL, de Reporting et des serveurs OLAP et de data mining « gratuitement ».
Un peu moins bien que les 50 % de croissance prévue
Les résultats qui doivent être annoncés le 22 juillet prochain ne seraient pas aussi bons que les années passées avec une croissance légèrement inférieure à 50 % initialement annoncés. Un chiffre dont se satisferaient nombre d'entreprises. Mais quel que ce soit le niveau, les analystes n'aiment pas que les résultats réels soient inférieurs aux prévisions.
La nomination de Paul Maritz, un clin d'oeil aux dirigeants de Microsoft, ne suffira pas comme stratégie. Rappelons que ce dernier a quitté la firme de Redmond en 2000 et a eu la responsabilité de développement et marketing de nombre de produits de l'éditeur à commencer par Windows 95, Windows NT, des bases de données ou encore des outils de développement. En 2003, Paul Maritz a créé Pi Corporation, une société spécialisée dans des solutions de Cloud Computing rachetée par EMC. Parmi les effets collatéraux possibles du départ de Diane Greene, il est vraisemblable que Mendel Rosemblum, co-fondateur et Chief Scientist de VMware et également professeur à l'université de Stanford, mais qui a la particularité d'être le mari de Diane Greene, quitte l'entreprise.
La concurrence s'annonce rude dans ce marché de la virtualisation, même si les perspectives de croissance sont plutôt élevées. «La virtualisation attire autant les utilisateurs que les fournisseurs parce qu'elle permet une réduction importante des coûts de toutes les ressources IT : serveurs, réseaux, application, stockage, poste de travail... » considère Bruce Guptill, consultant du cabinet Saugatuck, dans une note intitulé Microsoft Hyper-V Available : Should You Care ?
Des perspectives alléchantes
Le cabinet prévoit qu'en 2010, au moins 30 % de ces différentes ressources - à l'exception des postes de travail - devraient bénéficier de la virtualisation contre seulement 5 % en 2007. De leur côté, les fournisseurs de serveurs considèrent la virtualisation comme un moyen de contrôle supplémentaire sur les data centers.
Pendant des décennies, les éditeurs de logiciels ont été confrontés à un question récurrente : Que faire si Microsoft s'introduit sur mon marché ? « Cela n'est pas sans rappeler des épisodes précédents, rappelle le consultant du cabinet, notamment celui d'Internet Explorer qui a permis à Microsoft d'avoir raison de Netscape pourtant bien implanté sur le marché des navigateurs. Mais la virtualisation est beaucoup plus complexe que les navigateurs, reconnaît Bruce Guptill. Microsoft est face à plusieurs concurrents : VMware, mais Citrix (avec XenServer), Parallels... "Il est sans doute raisonnable de penser que Microsoft avec son Hyper-V sera confronté à des difficultés en matière de disponibilité, de performance et de fonctionnalités".
Parmi les recommandations du cabinet Saugatuck :
- Pour les entreprises déjà équipées, il est prudent de continuer avec les mêmes technologies à supposer qu'elles fonctionnent correctement. Le passage de l'expertise d'une offre à une autre n'est pas toujours transférable ;
- Prendre en compte de manière détaillée l'expérience d'utilisateurs de logiciel de virtualisation ;
- Définir quel type de virtualisation est la mieux adaptée aux tâches à supporter ;
- Ne pas oublier les outils nécessaires pour administrer des ressources virtualisées.
« Certes, Microsoft en faisant son entrée sur le marché de la virtualisation crédibilise la technologies, mais il doit faire ses preuves », conclut Bruce Guptill.
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le 03/12/2008 à 07:52