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La fin de la joint-venture Fujitsu-Siemens se confirmerait

mercredi 06 août 2008

20080806_01Siemens ne souhaiterait pas renouveler son bail dans la joint-venture qu'il avait avec Fujitsu depuis près de 10 ans, c'est ce qu'indique le Wall Street Journal Europe. La presse allemande et Reuters avaient déjà donné des éléments il y  a quelques jours. Siemens possédait 50 % dans la société connue sous l'appellation Fujitsu-Siemens Computer qui a représenté un chiffre d'affaires de 6,6 millions d'euros et commercialisait des PC et des serveurs. En 2007, FSC était numéro 5 du marché des serveurs avec 4,5 % du marché mondial.

 

Si l'opération se réalisait, ce serait donc la fin du dernier fournisseur informatique majeur sur le vieux Continent. Le fameux groupe BISON (Bull, ICL, Siemens, Olivetti et Nixdorf)  qui regroupait il y a une vingtaine d'années les constructeurs informatiques européens a bel et bien disparu en tant que tel. Certains comme ICL et Nixdorf ont disparu corps et bien. Pour d'autres comme Olivetti, la marque existe encore sans représenter grand chose. A l'instar des anciens grands constructeurs informatiques, Bull a considérablement réduit son périmètre et s'est largement reconverti dans les services. Restait Siemens qui, via son alliance avec Fujitsu, constituait le dernier bastion d'une informatique européenne bien fragile.

 

Profitabilité avant tout

 

Plusieurs paramètres sont à prendre en compte dans cette décision à commencer par la situation de la firme allemande. Elle a récemment annoncé un programme de restructuration qui supprimerait 17 000 emplois et permettrait d'économiser plus d'1 milliard d'€. Depuis 2005, le géant allemand s'est lancé dans une stratégie d'amélioration de la profitabilité en se recentrant sur ses secteurs de prédilection : l'industrie, l'énergie et la santé.

 

La semaine dernière, Siemens a annoncé qu'il vendrait ses deux unités de télécommunications, incluant les 80 % qu'il possède dans son unité de combiné téléphonique sans fil. Pour sa part, en 2007, Fujitsu Siemens Computers a vu son chiffre d'affaires perdre 4,9 % pour atteindre 6,6 milliards d'€ et a réalisé 105 M€ de bénéfices avant impôts.

 

Une nouvelle étape de la consolidation

 

Mais ce n'est pas parce que Siemens souhaite se délester de cette activité que Fujitsu souhaite la reprendre. La société nippone n'a aucune obligation contractuelle de racheter les 50 % de Siemens. Pour l'heure, elle n'a pas fait preuve d'un grand enthousiasme à la faire. Dans une conférence de presse qui s'est tenue la semaine dernière, rapporte le WSJ Europe, Kuniaki Nozoe, président de Fujitsu a déclaré que l'activité des téléphones mobiles était sans doute une  voie plus prometteuse de doper les ventes à l'international que les PC.

 

Si Fujitsu ne prenait pas cette option, qui pourrait être intéressé dans une telle aventure ? La réponse à cette question n'est pas très claire. La dernière opération de rachat dans une industrie en consolidation permanente remonte au rachat de la division PC d'IBM par Lenovo en 2005. Sur le marché des PC, les 5 premiers fournisseurs - HP, Dell, Acer, Lenovo et Toshiba - représentent près de 50 % des ventes mondiales. Sur celui des serveurs, la situation est encore plus avancée. Les 5 premiers fournisseurs - IBM, HP, Dell, Sun et FSC - représentent près de 80 % des ventes mondiales.

 

Marché des serveurs en 2008

20080806

La valeur capitalistique de FSC serait évaluée entre 2 et 3 milliards d'euros. Si Siemens ne faisait pas état de son souhait de quitter la joint-venture, le contrat entre les deux parties, Siemens d'un côté et Fujitsu de l'autre, serait automatiquement reconduit pour 5 ans.

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