Oracle dévoile une machine base de données
Oracle introduit l'Exadata Storage Server, une machine optimisée pour la base de données Oracle et construite sur un serveur HP ProLiant DL 180 G5. Cette Appliance est censée fournir un niveau de performance dix fois supérieur à celui d'une solution classique, à savoir une base de données installée sur un serveur traditionnel.
Que vient faire un éditeur de logiciels dans le monde du matériel informatique ? En fait, de plus en plus de fournisseurs proposent ce que l'on appelle des appliances, c'est-à-dire des solutions packagées associant matériel et logiciel et optimisées pour assurer une fonction particulière. Pour ce qui concerne Oracle, ce n'est pas la première tentative dans le domaine du matériel. L'on se souvient dans les années 90, la tentative largement médiatisée de Larry Ellison avec Network Computer. Il s'agissait à l'époque de proposer ce que l'on appelle un thin client, un client léger devant constituer une alternative au PC. Ce projet de thin client est peut être venu un peu tôt, notamment en raison des capacités réseaux de l'époque totalement insuffisantes. Si une offre de ce type est toujours une alternative possible, elle reste néanmoins relativement marginale.
Un matériel au cœur du métier d'Oracle
Ici le projet est totalement différent puisqu'Oracle reste sur son cœur de métier : les bases de données et le décisionnel. L'objectif est de proposer une solution complète matérielle+logicielle permettant d'atteindre des niveaux de performances significativement supérieurs. L'idée est de déployer les données sur les disques du serveur et de paralléliser les requêtes. Un serveur de stockage Exadata (Exa signifiant 10 à la puissance 18) comprend deux processeurs Intel Xeon quadri-coeur à 2,66 GHz, 8 Go de mémoire vive, 12 disque durs 3,5 pouces, un bus infiniband redondant, des modules d'alimentation externes. Il fonctionne sous Linux et est doté du logiciel ad hoc Exadata Storage Server.
Deux modèles sont proposés : le premier avec des disques à attachement SCSI (Serial Attached SCSI) offrant un maximum de 1 To de capacité de données et une bande passante de 1 Go/s et des disques SATA (Serial Advanced Technology Attachment) fournissant jusqu'à 3,3 To et un vitesse de transfert de 750 Mo/s. Il est possible de compresser les données grâce au logiciel Oracle Advanced Compression.
Destinées aux applications haut de gamme
Les serveurs Exadata Storage peuvent être installés dans des racks 19 pouces et être connectés aux serveurs de base de données via des bus Infiniband à deux niveaux de 20 Gigabit chacun. Oracle a développé un protocole d'interconnexion pour améliorer la vitesse de transfert des données vers les mémoires tampon de la base de données. Le mirroring des données sur les disques est assuré par la fontion Automatic Storage Management, une fonctionnalité apportée par la version 11g d'Oracle. Les disques sont extractibles à chaud.
Cette nouvelle machine est évidemment destinée aux applications haut de gamme nécessitant des performances élevées. Ce nouveau serveur est proposé à environ 650 000 dollars auxquels il faut ajouter 840 000 dollars pour le logiciel. Ce serveur peut être intégré dans un système plus complet baptisé HP Oracle Database Machine conçu pour les Data Warehouses.
Le concept de machines base de données n'est vraiment nouveau, c'est Teradata qui le premier l'avait lancé il y a déjà longtemps. En France, la société Copernic avait lancé aussi un concept assez voisin. Parmi les autres fournisseurs qui se sont lancés sur ce marché assez spécialisé, on peut citer Greenplum ou Nettazza. Ce dernier conteste d'ailleurs la démarche novatrice d'Oracle.
« Cette annonce fait suite à celle d'autres acteurs qui veulent tirer partie d'un secteur en pleine expansion que représente le marché des appliances décisionnelles dont on nous reconnait la paternité. Ce que propose Oracle n'est rien d'autre que du packaging autour de la base de données traditionnelle Oracle 11G, considère Christian Raza, Directeur des Opérations de Netezza France. Lorsque Netezza a commencé à travailler sur le concept de l'appliance, nous sommes partis d'une feuille blanche aussi bien sur la partie matérielle que sur la partie logicielle. De cette recherche est née une architecture complètement différente et innovante qui propose des performances et une simplicité d'utilisation difficiles à reproduire avec une architecture et une base de données conçus pour l'informatique transactionnelle. Il ne suffit pas de gonfler le moteur et changer les roues d'une bonne voiture de tourisme pour la transformer en une Formule 1. »
Les commentaires
Contrairement à ce que dit l'auteur de l'article, ce n'est ni Terradata, ni Copernic, ni Netezza et encore moins Oracle qui ont les premiers présenté des machines bases de données, c'est à dire des machines dont l'OS est aussi le SGBD et ce dès 1965. Ce sont le mathématicien Don Nelson et l'informaticien Richard Pick chez TWR, qui autour du concept de machine virtuelle et de langage d'interrogation "naturel" en ont montré la possibilité. En 1972, époque de naissance des mini-ordinateurs,ce système fonctionne sur matériel Microdata qui l'appellera "Reality". Ce sont la CIA et l'US Army qui en seront les premiers utilisateurs. Ce système sera vendu en France par Intertechnique sous le nom de "Réalité".IBM avec le Système 38 avait en 1978 commercialisé une telle machine.
Par Louis BRETON le 26/09/2008 à 09:48
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le 31/01/2012 à 04:56