Vers un ERP étendu ?
En 2007, le domaine de la Business Intelligence a connu trois événement majeurs ; rachat de Hyperion par Oracle, de Business Objects par SAP et enfin de Cognos par IBM. Les deux premières acquisitions permettaient à Oracle et à SAP d'étoffer leur offre de progiciel intégré d'entreprise. Sur ce marché des ERP dominé par ces deux éditeurs, Microsoft tente de se frayer un chemin et de devenir lui-aussi un acteur qui compte. La firme de Redmond vient d'annoncer la version 2009 de l'un des produits de sa famille Dynamics (Lire l'article sur l'annonce de Dynamics AX 2009)
Pour le cabinet Forrester, cette évolution est à replacer dans une tendance selon laquelle les ERP sont en train de se transformer en une nouvelle catégorie de progiciels baptisée Extended-Enterprise Resource management (EERM). Mais qu'elle devrait aussi marquer une rupture.
Retour sur l'évolution des ERP
Il est assez peu probable que l'acronyme survive EERM longtemps dans la mesure où celui d'ERP est largement implanté et intègre au fur et à mesure les évolutions qui se font jour. En revanche, l'observation faite par Peter Burris, consultant de Forrester dans son document « A New ERP for the 21st Century » met en évidence une tendance assez nette dans le monde des progiciels de gestion d'entreprise. D'ailleurs, l'ERP n'est pas né d'un coup, mais s'inscrit lui-même dans une évolution qui remonte à la fin des années 70.
Le progiciel - même si à l'époque on ne parlait pas encore de progiciel - de MRP (Material Resources Planning ou de gestion de production prenait en charge des nomenclatures, le calcul des besoins, la gestion des grandes séries... En parallèle sont apparus les premiers progiciels de comptabilité, de paie, de facturation...
Dans une deuxième étape où le progiciel a évolué vers le MRP-II s'élargissant à la planification de ressources en général incluant les hommes, les machines, les matières premières et s'élargissant aux activités logistiques (stocks, expéditions...).
Dans une nouvelle vague, les logiciels MRP-II ont intégré les fonctions finances, comptabilité générale et analytique avant de se transformer définitivement en ERP (Enterprise Resource planning) ou PGI en français (Progiciel de gestion intégré).
A la fin des années 90, de nouvelles catégories de logiciels sont apparues : les logiciels de gestion de la relation client, de gestion de la chaîne logistique, de gestion du cycle de vie de vie des produits (Product LifeCycle Management ou PLM) et de gestion des actifs de l'entreprise (Entreprise Asset Management ou EAM). Dans une évolution assez classique jusqu'ici, les suites existantes s'enrichissent en agrégeant des fonctions fournies à l'origine par des éditeurs indépendants. C'est ainsi que, selon l'analyste de Forrester, l'ERP étendu est en train de changer d'objectif en passant de la gestion des opérations quotidiennes à une fonction de support de la transformation.

De la production vers les services
Au départ, l'ERP était conçu pour permettre une planification des ressources physiques nécessaires à l'activité, de gérer leur acquisition et leur utilisation tout au long du cycle de vie de l'activité. Tel qu'il est présenté par Forrester, l' « EERM assure la planification et la gestion des ressources humaines et de la connaissance qu'elles utilisent pour assurer la transformation du fonctionnement de l'entreprise pour la faire passer d'un état à un autre ».
L'EERM s'appuie sur 4 ressources principales : les ressources humaines, la propriété intellectuelle, les relations avec ce que l'on appelle Outre-Atlantique les stakeholders (clients, fournisseurs, le réseau de distribution, les investisseurs, les actionnaires...) et la marque. Et pour le cabinet de consulting, l'EERM ne peut être construit sur une plate-forme de type ERP orienté transaction, il doit être pensé sur plate-forme de type collaborative. Il intégrera des outils de type Web 2.0 qui en sont à leur tout début. De ce fait, Forrester considère que les éditeurs traditionnels n'ont pas les business models adaptés et que les éditeurs qui proposent des logiciels capables de gérer l'un des quatre piliers de l'EERM sont encore relativement jeunes et indépendants.
Au-delà des acteurs traditionnels qui joueront un rôle sur cette nouvelle catégorie de logiciels, Forrester a suivi des éditeurs tels que Clarizen, Corporate Portfolio Management Association, Crimson Hexagon, Imaginatk, Island Data Corporation, Spigit, Tenrox qui ne sont connus que de quelques spécialistes.
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le 03/07/2009 à 11:55