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Etude du Syntec
Quelle place pour le logiciel français ?

mardi 14 octobre 2008

20081014_16Microsoft, IBM, Oracle et SAP tels sont aujourd'hui les quatre poids lourds du logiciel mondial qui, à force de rachats, consolident une bonne partie de l'activité. Alors que BO et Ilog, deux fleurons du logiciel français, sont respectivement passés sous le contrôle d'IBM et SAP, quelle est l'avenir du logiciel hexagonal ? Le Syntec vient de publier une analyse d'une décennie de mouvements de fusions et d'acquisitions sur le marché français qui recense près de 1 000 opérations sur la période pour un montant global de 15,8 milliards d'euros.

 

Faut-il espérer ou craindre que les acteurs informatiques se réduisent à quelques très grands acteurs dans un avenir proche ? Pour Romain Hugot, président de la commission Economie-Marché de Syntec informatique, « la question est importante pour tous ces milliers d'acteurs de taille plus modeste. Ils contribuent de façon significative à la production informatique et à son innovation, mais ont le sentiment d'être trop petits pour être référencés par les grands clients ou pour faire des économies d'échelle et améliorer leur productivité ».

 

Concentration dans le logiciel mais pas dans les services

 

20081014_14Tout d'abord, observe-t-on un phénomène de concentration sur le marché français du logiciel et services ?  « Il n'y a pas de réponse unique tant les métiers de l'informatique sont aujourd'hui divers, explique Romain Hugot. Les grands rapprochements internationaux que l'on observe ne rendent pas compte du marché français. S'il y a bien une concentration au niveau mondial et européen du secteur informatique qui va de pair avec la mondialisation, à l'échelle d'un marché local et notamment la France, seul le marché Editeurs se concentre. Et il se concentre au détriment, aujourd'hui, des acteurs français. En revanche, côté sociétés de services, on ne constate pas de concentration ».  

 

Le rythme des mouvements de fusions acquisitions est en phase avec la conjoncture dans le secteur. Le nombre d'opérations réalisées par années augmente ou diminue suivant les mêmes cycles que la conjoncture observée par Syntec informatique dans le secteur.

 

La courbe du volume, qui présente le cumul en chiffres d'affaires, est principalement impactée par la taille des opérations réalisées. On constate en effet que la grande majorité des opérations sont de petite taille, inférieures à 7,5 millions d'euros en terme de chiffre d'affaires de la cible acquise. Dès lors, les opérations portant sur une entreprise supérieure à 300 M€ de CA impacte fortement la courbe en volume alors même que ceux-ci sont très minoritaires en nombre (6 recensés sur la période). En revanche, il y a sur la période une forte émergence des opérations de taille moyenne, comprises entre 50 et 300 millions d'euros de chiffre d'affaires.

 

En termes de métier, les services informatiques donnent le rythme et représentent près des deux tiers des opérations sur la période. Le dernier tiers, l'édition de logiciels est en forte hausse sur la deuxième partie de la période.

 

Une très grande faiblesse du mi-market

 

On dit souvent qu'une des grandes faiblesses de l'économie française est liée à l'absence d'un tissu de PME important. Le marché des logiciels et services est atteint du même syndrome. La répartition des entreprises sur le marché met en évidence la faiblesse du « mid market » du secteur Logiciels & Services, c'est-à-dire des entreprises de taille moyenne (entre 10 et 50 Millions d'Euros de chiffres d'affaires). Les services informatiques  présentent ainsi une polarisation très nette entre petites entreprises et grandes entreprises. L'Edition de logiciels est aussi marquée mais plus légèrement par ce phénomène, alors que le conseil en technologies montre la prédominance sur le marché des grandes entreprises.

 

20081014_17

 

Les différences de modèles économiques entre ces trois principaux métiers, le facteur de la proximité et les différences de secteurs d'activités des clients auxquels ils s'adressent sont des paramètres à prendre en compte pour l'analyse, autant que les constats réalisés dans la partie des mouvements.

 

Dans ce cadre, quelles sont les perspectives pour le marché français des logiciels et services ? Le Syntec Informatique identifie les freins pour la consolidation. Les barrières à la création d'entreprise sont faibles mais les entreprises doivent néanmoins fortement investir pour grandir. L'industrialisation, la standardisation, la satisfaction des exigences de qualité et/ou de délais, le référencement chez les grands comptes, le développement de réseaux de distribution ou de partenaires, l'internationalisation... demandent des investissements inaccessibles aux petites entreprises et sont les exigences d'un marché qui évolue vers une plus grande maturité. Les petites entreprises sont encore prédominantes dans le secteur essentiellement sur des niches de marché telles que la spécialisation sectorielle, technologique, géographique, ou via la sous-traitance.

 

La croissance organique soutenue du marché des Logiciels et Services en France relativise l'impact des mouvements de croissance externe. En effet, alors que le volume total des mouvements de fusions-acquisitions entre 1997 et 2007 représente environ 16 milliards d'Euros, le marché français double sur la même période passant de 19,4 Milliards d'Euros en 1997 à 40,2 Milliards en 2007 (hypothèse d'une croissance moyenne annuelle de 7%). La croissance organique est supérieure à la contraction due à la concentration.

 

Les vagues de concentration suivent la conjoncture du marché. L'attentisme des acteurs est identifié comme le premier facteur de ce constat. Les vendeurs sont plus motivés lorsque la conjoncture est à la hausse, car ils espèrent vendre plus cher leur entreprise tandis qu'en période de ralentissement, ce sont les acheteurs qui espèrent réaliser les meilleures affaires.

 

Les facteurs de développement

 

Le marché mondialisé aspire les entreprises les plus importantes hors du marché français. Cela est particulièrement vrai pour les grandes entreprises. Le cas du rachat en 2007 de Business Objects, 2ème éditeur français par SAP, premier éditeur européen, en est une illustration concrète.

 

Le Syntec identifie quatre facteurs de développement du marché des logiciels et services ?

- La pression sur les prix : l'écart entre les coûts de production et les prix de vente incite à rechercher des marchés à plus grand volume, inaccessibles aux petites structures.
- La demande offshore : elle pousse les entreprises à produire dans des pays à bas coûts et implique de pouvoir y investir, ce qui s'avère plus difficile pour des petites structures.
- Une augmentation de la variété des acheteurs : développement de synergie métiers (opérateurs télécom, constructeurs, éditeurs...), internationalisation des entreprises (les leaders sur le marché français sont souvent aussi leaders sur le marché mondial) et les fonds d'investissement dont l'intérêt pour un secteur d'activité extrêmement dynamique est de plus en plus fort.
- Les économies d'échelle : par rapport à la nécessité d'amortir sur des volumes les coûts fixes (R&D...)

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