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Qu’est il arrivé à Windows Mobile ?

jeudi 23 octobre 2008

20081023_19Par Hugo Lunardelli. S'il est un domaine dans lequel Microsoft brille par son absence depuis quelque temps, c'est bien celui du Smartphone. Alors que le bruit médiatique autour de l'iPhone, du nouvel Android de Google mais également des offres de RIM s'intensifie, le numéro un du logiciel se distingue par son mutisme.

 

Depuis le lancement de Windows Mobile 6.1 en avril dernier (une mise à jour mineure de Windows Mobile 6.0), Microsoft observe un silence assourdissant concernant le futur de sa plateforme mobile. Cette discrétion atypique pour l'éditeur est le signe d'un embarras croissant.

 

Alors que Microsoft avait lancé le marché du Smartphone en 2002, l'éditeur se fait voler la vedette six ans plus tard par Apple avec son iPhone et plus récemment par Google avec le G1, premier terminal disponible sous Android, fabriqué par HTC qui n'est autre que le premier constructeur de terminaux sous Windows Mobile !

 

En comparaison des deux offres ci-dessus, la plateforme Windows Mobile apparaît soudain déphasée, comme appartenant à une autre époque au point que les partenaires de Microsoft rivalisent d'efforts pour développer des surcouches tactiles destinées à rendre plus attrayante et conviviale l'utilisation du système.

 

Microsoft concédait récemment avoir repoussé la sortie de Windows Mobile 7.0 à fin 2009 ce qui, compte tenu des délais nécessaires à la validation par les opérateurs des nouveaux terminaux, éloigne la disponibilité effective de la prochaine version de Windows Mobile à 2010 ; un délai dont certains observateurs jugent qu'il donnera aux concurrents de Microsoft une avance telle que l'éditeur aura beaucoup de mal à les rattraper.

 

Comment Microsoft en est il arrivé là ?

 

Comme souvent chez Microsoft, Windows Mobile est une plateforme qui a déjà une longue histoire. Il faut revenir à 1996 et à l'introduction de Windows CE pour remonter à la source de ce qui devait quelques années plus tard devenir Windows Mobile. Windows CE a initialement servi de moteur au Pocket PC avant d'évoluer vers Windows Mobile 3, Windows Mobile 5 et finalement la version 6.1 qui représente la version dont sont dotés les nombreux terminaux fabriqués principalement par HTC, HP, Samsung et bientôt Sony Ericsson.

 

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Une stratégie apparemment prometteuse

 

Windows CE, puis Windows Mobile sont issus de la volonté de Microsoft d'étendre l'influence de Windows au-delà du PC.

Windows étant de facto la plateforme utilisateur dominante, il pouvait sembler naturel pour l'éditeur de vouloir capitaliser sur la familiarité de centaines de millions d'utilisateurs, sans oublier les légions de programmeurs Windows, en développant une variante de Windows destinée aux Pocket PC. Cette catégorie de machine avait jusque là été dominée par Palm après une incursion ratée d'Apple avec son Newton.

 

Windows CE devait effectivement remporter cette bataille contre Palm et poursuivre sa mue en intégrant des fonctions de communication pour finalement devenir Windows Mobile. Si Microsoft est souvent accusé de manque d'innovation, il convient pourtant de lui accorder d'avoir été un des premiers à introduire un smartphone avec le lancement du SPV chez Orange en 2002.

 

Windows Mobile, tout comme le Pocket PC, supportent un sous ensemble fonctionnel d'Office permettant d'éditer les documents Word ou Excel synchronisés avec ces machines. Microsoft développe une version compacte de .NET destinée à cette plateforme, facilitant le portage d'applications Windows. Enfin, l'interface de Windows Mobile vise à reproduire l'expérience familière de Windows sur le PC.

 

Après des débuts modestes en 2002, Microsoft a patiemment constitué un écosystème comprenant un grand nombre d'opérateurs tels qu'Orange, AT&T, T-Mobile ou Verizon mais également ce que l'on pourrait appeler des OEM Windows Mobile : principalement HTC, Samsung, Toshiba, Asus, HP, ... sans oublier un catalogue d'applications Windows Mobile que Microsoft estime à 18 000 titres.

 

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A ce jour, Microsoft se targue d'avoir écoulé 35 millions de licences Windows Mobile dont 18 millions l'année fiscale précédente et vise cette année une croissance à trois chiffres pour reprendre les termes de Nicolas Petit, directeur de la division mobilité chez Microsoft France interrogé dans le cadre de cet article. Concernant la France, Nicolas Petit revendique 31 % de parts de marché des Smartphones avec 1 millions d'unités écoulées l'année dernière.

 

Six ans après le lancement de son premier Smartphone, Microsoft dispose avec Windows Mobile 6.1 d'une plateforme fonctionnellement riche, particulièrement adaptée au marché de l'entreprise. Ses points forts  sont avec une intégration étroite avec Exchange, le support de services de collaboration dérivés de SharePoint, celui des communications unifiées, de la messagerie instantanée...

 

Pour compléter cette offre d'entreprise, Microsoft a développé Mobile Device Manager 2008, un nouveau produit de la gamme System Center destiné à gérer et à sécuriser des flottes de mobiles de façon analogue à l'administration d'un parc de PC avec SC Configuration Manager.

 

Tout semblait donc bien se présenter pour Microsoft qui doublait ses chiffres de vente d'année en année, même s'il devait se contenter de la deuxième place derrière la plateforme Symbian poussée par Nokia.

 

La rupture de l'iPhone

 

20081023_13Le grain de sable devait venir d'Apple. En annonçant l'iPhone  en Janvier 2007, Apple prenait l'industrie à contre pied en dévoilant une nouvelle génération de Smartphone promettant de transformer le portable comme le constructeur californien l'avait déjà fait avec l'iPod.

Doté d'une interface innovante « multi-touch », bénéficiant de l'intégration d'un iPod et de l'inclusion d'un navigateur qui fait toujours référence dans le domaine des Smartphones, l'iPhone donnait soudain un sérieux coup de vieux à Windows Mobile !

 

Après avoir initialement annoncé que son appareil resterait fermé à tout développement externe, Apple se ravisait en organisant une conférence développeur et en annonçant le site App Store qui permet à Apple de certifier et distribuer les applications tierces parties produites pour son appareil, tout en prenant une commission au passage.

 

Manifestement pris au dépourvu, Microsoft devait dans un premier temps adopter une attitude de déni. Steve Ballmer en particulier s'est rendu célèbre en prononçant un verdict sans appel concernant le nouvel entrant.  En Avril 2007, quelques semaines avant la commercialisation du premier iPhone, le CEO de Microsoft déclarait que l'offre d'Apple avait « no chance to get any significant market share» ; un jugement que Ballmer doit sans doute aujourd'hui regretter et qui explique sans doute le départ précipité de Pieter Knook qui dirigeait jusque là la division Windows Mobile.

 

Devant le succès manifeste de l'iPhone, Microsoft devait par la suite adopter une stratégie de communication plus discrète se contentant d'annoncer un recentrage du développement de Windows Mobile en direction du grand public.

 

Google en embuscade

 

20081023_14La deuxième remise en question émane de Google, l'autre ennemi préféré des Redmondiens qui annonçait à son tour en Novembre 2007 vouloir se lancer dans la course du Smartphone.

Baptisé Android, la plateforme de Google peut se comparer à Windows Mobile en ce sens où elle est destinée à équiper les mobiles, tout en se distinguant de son concurrent par une absence de royalties. Google vient de rendre public le code source d'Android qui est disponible sous la licence Apache open source.

 

L'interface d'Android se distingue de Windows Mobile par une interface « Web » plus intuitive et surtout par une intégration native de GMail, Google Talk, Google Calendar, Youtube, Google.com, Google Maps, ... la plateforme idéale pour les Google addicts.

 

 

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Empruntant à Apple, Google annonçait également sa propre place de marché appelée Android Market à partir de laquelle pourront se télécharger les applications tierces parties qui enrichiront cette plateforme.

 

A l'heure où je rédige cet article, il est difficile d'estimer le degré de succès que remportera cette nouvelle offre mais si l'on en juge par le montant des pré-commandes enregistré par T-Mobile, Android semble bien parti pour éclipser encore davantage Windows Mobile.

 

Research in Motion, Nokia...

 

Pour ne pas être en reste, Research in Motion à l'origine du BlackBerry s'apprête à lancer son premier mobile basé sur une interface « touch » destiné à un marché grand public.

Utilisant un clavier virtuel à l'instar de l'iPhone, le « Storm » cherche à surfer sur la vague des Smartphones tactiles et à séduire un nouveau public au-delà du marché de l'entreprise qui avait jusque constitué la cible principale de la firme canadienne.

 

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Enfin, Nokia pour ne pas être en reste, annonce à son tour un recentrage sur le marché grand public et promet un nouveau mobile empruntant à la vague des interfaces tactiles tout en annonçant la création d'une fondation qui proposera sa plateforme Symbian en Open Source.

 

Et Microsoft ?

 

Comme mentionné en préambule, Microsoft se distingue depuis quelque mois par sa discrétion. L'éditeur est manifestement dans l'embarras. Windows Mobile vient subitement de prendre un sérieux coup de vieux et la relève n'est pas prête.

 

De fait, Microsoft ne communique plus que par le biais de ses partenaires à qui incombe la responsabilité de promouvoir Windows Mobile. Comme on peut le constater, opérateurs et constructeurs de terminaux Windows Mobile font un travail de promotion assez visible d'une gamme Windows Mobile diversifiée et proposée à un prix abordable pour le grand public.

 

C'est encore aux constructeurs (HTC, Samsung notamment) qu'incombe un travail de toilettage de l'interface destinée à mettre au goût du jour un environnement dont il apparait aujourd'hui qu'il est inadapté et en décalage par rapport à une interface tactile qui a les faveurs du public.

 

L'échec d'une stratégie Windows centrique

 

Un des postulats sous jacents à la plateforme Windows Mobile consistait à vouloir porter l'interface Windows sur des terminaux mobile. Bien qu'il soit facile a posteriori, de décrier une idée que peu d'observateurs questionnaient avant l'arrivée de l'iPhone, on peut néanmoins s'interroger sur une certaine myopie découlant d‘une vision « Windows centrique » de Microsoft.

 

« Quand on dispose d'un marteau, tout vous semble prendre la forme d'un clou » dit à peu près le proverbe. En l'espèce, Microsoft a simplement voulu transposer sur une nouvelle plateforme un mode opératoire qui avait fait ses preuves sur le PC, sans questionner la pertinence d'une telle approche.

 

Si Microsoft a été un des pionniers du Smartphone, Apple l'a réinventé en faisant le pari de développer une interface tactile en adéquation avec une nouvelle plateforme matérielle aux caractéristiques et aux contraintes différentes du PC. En se contentant de vouloir réutiliser les mêmes recettes, Microsoft a pêché par excès de confiance et défaut d'audace et d'imagination.

 

Un cycle de développement inadapté

 

Ce qui frappe également concernant Windows Mobile c'est la durée du cycle de développement, typiquement de deux ans (Windows Mobile 2003 est sorti en 2003, Windows Mobile 5 en 2005, Windows Mobile 6 en 2007 et finalement la version 6.1 en 2008).

 

Même si une partie des délais incombe aux opérateurs comme on le verra plus loin, Microsoft lui-même est à l'origine de choix techniques particulièrement datés.

 

Comment expliquer par exemple qu'à ce jour, la version mobile d'Internet Explorer embarquée dans Windows Mobile 6.1 soit basée sur IE 4, produit sorti en 1997 ! Difficile ici de ne pas faire le parallèle avec l'abandon du développement d'IE sur PC qui a conduit au succès de FireFox et amené  Microsoft à mettre les bouchées doubles pour rattraper son retard avec IE 7 puis la version 8.

 

20081023_17De façon analogue, en négligeant de faire évoluer son navigateur Windows Mobile, Microsoft laisse la porte ouverte à des alternatives telles qu'Opera sans oublier une version de Firefox attendue bientôt.

 

La comparaison est encore plus cruelle quand on considère le navigateur de l'iPhone. Quelques mois après sa commercialisation, les connexions sur les sites Internet en provenance de l'iPhone dépassaient significativement celles en provenance d'IE Mobile bien que les bases installées ne soient pas comparables. Si Apple ou Google ont pu à ce point réinventer le smartphone, ils le doivent en grande partie à l'inertie de Microsoft.

 

Un marché, cinq plateformes et autant de business model

 

En deux ans, le marché du Smartphone a connu un bouleversement notable avec deux nouveaux entrants (Apple et Google) et le rachat par Nokia de Symbian.

Les plateformes désormais en compétition sur le marché du Smartphone comprennent donc, outre Windows Mobile, Linux, l'iPhone, Andoid et enfin Symbian.

Sur le marché américain, d'après Nicolas Petit de Microsoft , les parts de marché se partagent à peu près équitablement entre Apple, RIM,  Microsoft et les plateformes « propriétaires », chacune des ces offres contrôlant à peu près 25 % du marché. La situation étant plus contrastée en Europe avec des variations importantes d'un pays à l'autre.

 

Apple, le contrôle de bout en bout

 

En échange de l'exclusivité de la commercialisation de l'iPhone pour une durée donnée, Apple a réussi le tour de force d'imposer des conditions particulièrement avantageuses aux opérateurs téléphoniques. L'entreprise de Cupertino conserve le contrôle de l'iPhone et de ses évolutions, gère la place de marché App Store et ne donne aucune latitude aux opérateurs quand aux services que ceux-ci pourraient déployer sur son mobile.

 

Pour un opérateur, il est difficile d'imaginer un partenaire qui soit plus difficile qu'Apple et pourtant tant que l'iPhone restera un appareil plébiscité par le public ; Orange, AT&T et les autres continueront à passer sous les fourches caudines du constructeur en subventionnant l'appareil, en reversant une partie des revenus générés par l'appareil ... afin de bénéficier des retombées en termes de nouveaux abonnements aux services voix et données. Pour le trimestre écoulé, AT&T a enregistré deux millions de nouveaux clients attirés par l'iPhone.

 

Pour illustrer à quel point Apple cherche obstinément à conserver le contrôle absolu de  sa plateforme, il est intéressant de contraster son attitude avec celle de Microsoft en matière de licencing :

Le business model d'Apple, particulièrement lucratif, est néanmoins fragile car reposant exclusivement sur l'attrait d'un appareil qui pourrait voir son aura remise en cause par de nouveaux entrants à des prix plus abordables pour le grand public.

 

Google, une plateforme open source au service de ses parts de marché

 

Si Google ne gagne pas d'argent avec Android, la société  cherche à rentabiliser son investissement en espérant que le succés d'Android pousse de nouveaux utilisateurs à adopter son portefeuille de services en ligne (GMail, Google Maps, YouTube, ......), ce qui lui permettra en retour de bénéficier d'une audience accrue pour la commercialisation de ses services de publicité en ligne.

 

Google espère que la plupart des constructeurs de mobile adopteront Android de façon à populariser l'usage de ses services Web. Outre HTC, à l'origine du G1 qui voit sa commercialisation débuter cette semaine aux Etats-Unis, Motorola vient d'annoncer un mobile basé sur Android et on peut imaginer que d'autres suivront rapidement si le succès commercial est au rendez-vous.

 

Si les termes des partenariats que noue Google avec les opérateurs sont moins rigides que dans le cas d'Apple, il n'en reste pas moins que l'intérêt bien compris de Google le conduira à pousser l'usage de ses propres services Web au détriment de ceux qu'un opérateur tel qu'Orange pourrait vouloir déployer par lui-même.

 

Nokia et Symbian

 

Le business model de Nokia est comparable à celui d'Apple, la souplesse en plus.Tout comme Microsoft, Nokia doit également faire face à la concurrence d'Apple et de Google, ce qui l'a amené à racheter Symbian et à en faire une plateforme open source dans l'espoir de voir l'émergence de nouvelles applications qui rendront ses mobiles attractifs.

 

Tirant les leçons de ses difficultés à promouvoir une offre concurrente de celles de Microsoft et de RIM sur le segment du serveur de messagerie d'entreprise, Nokia se recentre sur le marché grand public laissant le champ libre à Microsoft qui continuera à pousser son avantage sur ce créneau.

 

Nokia se doit maintenant de faire évoluer rapidement Symbian pour doter cette plateforme des fonctionnalités qui ont fait le succés de l'iPhone.

 

Linux

 

On ne compte plus le nombre d'annonces censées rassembler opérateurs, fabricants de terminaux mobiles et développeurs d'applications autour de Linux. La nature même de Linux a eu pour conséquence que chaque opérateur ou fabricant de terminal a cédé à la tentation de développer des extensions spécifiques reproduisant ainsi le phénomène de fragmentation de la plateforme qui avait déjà été la cause de l'échec d'Unix.

Même si Android se base sur un noyau Linux, il reste peu probable que Linux en tant que tel puisse bénéficier d'une adoption effective faute d'une action coordonnées des principaux opérateurs.

 

Microsoft et Windows Mobile

 

Le business model Windows Mobile est facile à décrire, c'est celui du PC. L'éditeur vend ses licences Windows Mobile aux fabricants de terminaux qui intègrent ce coût dans leurs offres. De ce point de vue, Microsoft part avec un handicap vis-à-vis des alternatives qui sont disponibles gratuitement.

 

Même si le coût d'une licence Windows Mobile n'a rien à voir avec le coût de licence de Windows sur un PC, elle représente néanmoins un obstacle dans un marché où les marges sont souvent très serrées.

 

Avec Windows Mobile, Microsoft a cherché à reproduire un écosystème similaire à celui qui a fait son succès dans l'univers du PC. On y retrouve des OEM (HTC principalement mais aussi Samsung, Toshiba, Sony Ericsson, ...), des développeurs d'applications, des distributeurs ou plus exactement dans ce contexte des opérateurs qui commercialisent des terminaux en tant que support d'utilisation de services de voix et de plus en plus de services de données. Les opérateurs jouent un rôle important en principe puisqu'ils valident les terminaux ainsi que les services qui sont supportés sur leurs réseaux. Dans les faits, les opérateurs passent par les conditions qui leur sont imposées par certains constructeurs quand le rapport de force leur est défavorable.

Tout comme son cousin du monde PC, l'écosystème Windows Mobile souffre des mêmes faiblesses. Si un des constituants de l'écosystème, Windows Mobile lui-même en l'occurrence, présente des faiblesses c'est tout le système qui est mis en cause.

 

Qui plus est, certains opérateurs jouent un jeu dangereux en escomptant que leurs clients renouvellent leurs terminaux tous les 18 mois à deux ans, ce qui les dispense de fournir un service digne de ce nom à leurs clients.

 

A titre d'anecdote personnelle, je possède un HTC TYTN II (aka « Kaiser »), machine dont je suis satisfait à ceci près qu'Orange refuse de me fournir une mise à jour certifiée de Windows Mobile 6.1, sachant que l'OS d'origine était en 6.0.

Dans les faits, Orange ne  répond pas à mes emails ou m'invite à aller chercher une mise à jour chez HTC à mes risques et périls...

 

Sachant que si je disposais d'un iPhone, je pourrais passer par Apple pour les mises à jour, j'ai du mal à comprendre la politique d'Orange qui me prive de la possibilité de faire évoluer fonctionnellement ma machine en espérant sans doute que je change de modèle rapidement ce qui les dispenserait de me fournir le service demandé. Si c'est le cas, Orange joue un jeu dangereux, qui plus est dans un contexte de récession ou le rythme de renouvellement des terminaux va certainement diminuer.

 

La solution consisterait pour Microsoft de fournir directement les mises à jour mais la nécessité de passer par les fabricants de terminaux ainsi que les opérateurs les empêchent de le faire.

 

Nicolas Petit avance que le business model de Microsoft est plus en phase avec les attentes des opérateurs que ceux d'Apple ou même de Google. C'est sans doute vrai en ce sens où Microsoft laisse toute latitude aux opérateurs de choisir les services qu'ils veulent déployer sur les terminaux commercialisés. L'inconvénient étant que cette liberté laissée aux opérateurs se traduit par des délais importants dans la commercialisation de nouveaux systèmes et par un niveau de service parfois en dessous de ce que peut offrir la concurrence.

 

Le problème pour Microsoft étant qu'il n'a pas vraiment le choix. Soit il se lance dans l'aventure en produisant son propre terminal (à la Zune) et se met à dos tous ses partenaires OEM, soit il doit subir l'inertie naturelle des opérateurs qui s'ajoute à la sienne.

 

Quelle roadmap pour Windows Mobile ?

 

20081023_18Si Microsoft ne communique plus depuis quelque temps sur Windows Mobile, cela ne signifie évidemment pas que l'éditeur reste inactif, mais plus simplement qu'il n'est pas prêt à s'exprimer sur ce sujet et qu'il désire rester maître de sa stratégie de communication.

C'est le sens de la réponse faite par Nicolas Petit qui consent à suggérer que des annonces auront lieu en 2009, sans plus de précision.

 

En attendant, nous devrions voir arriver bientôt la nouvelle version d'IE pour Windows Mobile. Cette version ne sera malheureusement pas basée sur la version 8 qui devrait être bientôt finalisée, ni même sur la version 7 mais sur IE 6 (sorti avec XP en 2001). IE 6 pour Windows Mobile supportera malgré tout Flash et Silverlight ce que ne propose pas la de Safari intégrée dans l'iPhone.

 

Ceci étant, la question de la mise à jour reste posée. J'ose espérer que les opérateurs feront en sorte que les utilisateurs de Windows Mobile puissent installer cette nouvelle version d'IE, ce que Nicolas Petit n'a pas été en mesure de me confirmer.

 

D'autres évolutions sont programmées. Steve Ballmer affirmait récemment que l'interface du Zune serait portée sur Windows Mobile. Quand, dans quelle version de Windows Mobile ? Pas de précisions.

 

Mais la principale évolution attendue est bien sûr Windows Mobile 7 dont la sortie devrait plus ou moins coïncider avec l'arrivée de son grand frère Windows 7 sur PC. Si Microsoft a peu communiqué sur Windows 7 (en attendant la PDC), il a été encore plus coi concernant le futur Windows Mobile.

 

Différentes spéculations circulent à ce sujet. Certains pensent que les retards de développement sont liés à la nécessité de livrer une version qui fasse mieux que de se comparer aux offres d'Apple et de Google. D'autres bruits font état d'une remise à plat du code un peu à la manière du « reset » dont avait été l'objet Vista en 2005. Peut être en apprendrons nous un peu plus la semaine prochaine à l'occasion de la PDC.

 

Zone dangereuse

 

Quoi qu'il en soit, il est impératif pour Microsoft de revenir sur le devant de la scène avec une offre qui fasse oublier les critiques dont Windows Mobile est l'objet aujourd'hui.

 

Une majorité d'observateurs s'accordent à considérer que le mobile est amené à jouer un rôle prédominant dans l'usage que nous ferons de l'informatique dans les années à venir. Apple et Google l'ont bien compris et occupent le terrain avec des offres innovantes qui constituent un tremplin pour le reste de leurs offres.

 

Apple, qui vient de présenter ses résultats trimestriels, a commercialisé près de 7 millions d'iPhone en trois mois, bien plus que les 1.9 millions d'iPhone première génération vendus un an plus tôt. A ce rythme, les ventes de l'iPhone devraient dépasser celles de Windows Mobile très bientôt.

 

Mais le concurrent le plus à craindre pour Microsoft est sans doute Google qui pourrait rallier à lui les constructeurs de terminaux déçus par Windows Mobile (HTC, le partenaire Windows Mobile historique de Microsoft  est le premier à tester cette possibilité !). Un peu comme si Google ralliait à lui les OEM PC en leur proposant sa propre version de Linux en alternative à Vista.  Si Android remporte un succès public d'importance, Microsoft peut se faire sérieusement du souci quand à ses perspectives à long terme sur ce marché.

 

C'est au tour maintenant de Microsoft de déplacer la prochaine pièce sur l'échiquier. Je ne doute pas de la prise de conscience de l'éditeur de la nécessité d'investir massivement pour rattraper un retard dont il est largement responsable. De la capacité de Microsoft de fournir une réponse appropriée à ces nouveaux défis dépendra sans doute en bonne partie l'avenir du groupe. Réponse attendue en 2009 !

 

 

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20081023_20Hugo Lunardelli exerce une activité d'analyste et de consultant dédié à l'univers Microsoft. Il anime « Face à Microsoft : quelle stratégie, quel licencing ?» un séminaire de deux jours consacré à l'offre Microsoft et son licencing. Il est l'auteur de « A propos de Microsoft et d'autres sujets », un blog consacré au décryptage de la stratégie de l'éditeur (www.netetcom.fr/blog)

SQ 250-300

Les commentaires

Excellent article.
Merci

Par Breithoff le 24/10/2008 à 01:48

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