Un rapport de Booz & Co
La R&D à l’heure de la mondialisation
L'externalisation fait désormais partie de la stratégie des entreprises qui n'hésitent plus à délocaliser tout ou partie de certaines de leurs activités. Mais en est-il de même pour la R&D ? Une étude réalisée par le cabinet Booz & Company sur les 1000 plus grandes sociétés cotées en bourse mondiale montre qu'elles investissent largement hors de leurs frontières, en moyenne 55% de leur budget y est dépensé.
Les 1000 premières entreprises mondiales ont investi 492 milliards de dollars en R&D en 2007, une augmentation de 10% par rapport à l'année précédente, assez nettement supérieure à l'augmentation moyenne depuis 1999 évaluée à 6,7%. Selon Book & Co, les 1000 représentent environ 80 % de la recherche privée mondiale.
Informatique et électronique en premier
La majorité (91%) de ces entreprises conduit leurs activités de recherche dans plusieurs pays. Les entreprises américaines présentes dans les 1000 représentent 42 % de R&D contre 31 % pour les entreprises européennes. Les Etats-Unis, l'Europe et le Japon totalisent 94 % de la R&D des 1000. Les entreprises chinoises et indiennes ont largement augmenté leurs investissements en R&D (22% en 2007), mais elles ne représentent encore que 1% des dépenses des 1000.

Les deux tiers de la R&D sont monopolisés par trois secteurs d'activités : informatique et électronique (29%) devant la santé (22%) et l'automobile (16%). Pour ce qui concerne l'informatique et l'électronique, 70% de l'investissement en R&D est réalisé par des entreprises qui sont basés aux Etats-Unis et au Japon. Le reste est distribué dans une vingtaine de pays. Sur les 20 premiers budgets R&D, six sont réalisés par des entreprises liées aux technologies de l'information : Nokia, Microsoft, Samsung, IBM, Matsushita et Sony.
Pour étudier les flux de R&D entre les différentes zones géographiques, le cabinet Booz & Co a resserré son étude sur les 184 premières entreprises qui représentent 71% du budget des 1000 premières et gèrent quelque 3400 unités de recherche dans 47 pays. L'internationalisation de la recherche est devenu aujourd'hui très important alors qu'il n'est pas si ancien. Le rapport rappelle qu'IBM a ouvert son premier laboratoire à l'étranger à Rüschlikonen près de Zurich 1956. Big Blue ne doit pas le regretter puisque, à ce jour, 5 prix Nobel sont issus de ce Laboratoire.

Les Etats-Unis sont la première zone géographique en matière d'investissement en R&D réalisé par des entreprises non américaines avec un montant de 42,6% dépensés en R&D sur le territoire américain. A l'inverse, les entreprises américaines dépensent en R&D 80,1 milliards de dollars en dehors des Etats-Unis. Dit d'une autre manière, 40% de la R&D aux Etats-Unis est réalisé par des entreprises non américaines. Sur ce point, la France est à l'équilibre avec autant d'argent dépensé par des entreprises françaises à l'étranger (20 milliards de dollars) que par des entreprises étrangères sur l'Hexagone.
La recherche des talents se fait dans le monde entier
L'arbitrage entre des problèmes de sécurité liés à la fuite de savoir-faire dans d'autres pays et la course aux talents semble donc être tranché. Les Entreprises - moyennant certaines précautions - n'hésitent plus vraiment à déployer leur recherche à l'étranger. La Chine et l'Inde sont les principaux bénéficiaires de ces investissements offshore avec respectivement 24,7 et 13 milliards de dollars investis en R&D sur leur territoire par des entreprises étrangères et sont donc les deux premiers importateurs nets. A noter la troisième position d'Israël avec 6,5 milliards qui est particulièrement bien placé en matière de technologies de l'information. Pourquoi investir en R&D dans les pays émergents ? « Les entreprises qui investissent offshore ne sont plus seulement intéressés par bénéficier de coûts du travail bon marché, explique le rapport. De plus en plus, les entreprises globales ont besoin d'avoir accès aux ingénieurs et chercheurs les plus qualifiés. Elles sont en train de concevoir une organisation globale de leur R&D qui soit en ligne avec différents facteurs : augmentation des marchés émergents, coûts, disponibilité des talents... « . HP, numéro Un du secteur informatique, est très en pointe dans ce mouvement d'internationalisation : il ne dépense que 20 % aux Etats-Unis, le reste étant investi dans ses laboratoires de Grande-Bretagne, d'Israël, d'Inde, de Russie, de Chine et du Japon. En mai dernier, HP a lancé un appel à contribution en R&D et a reçu plus de 450 réponses, provenant de 200 universités réparties dans 28 pays.

Y a-t-il un lien entre exportation de la R&D et performance ? Selon le rapport de Booz & Co les entreprises qui ont délocalisé leur Recherche et développement ont tendance à avoir de meilleurs résultats financiers, à condition toutefois que les unités de recherche ne soient pas trop éparpillées.

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le 09/02/2012 à 09:22