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Jean-Michel Goubert, associé de Tiefree Partners
Le moteur premier de l’externalisation est la réduction des coûts

lundi 23 février 2009

20090223_03L'externalisation a évoluée ces dernières années vers une meilleure maîtrise des problèmes et un plus grand réalisme, notamment sur les gains possibles en matière de coûts. Jean-Michel Goubert, Associé du cabinet Tiefree Partners fait le bilan de ces trois dernières années.

 

Comment organisez-vous vos prestations pour accompagner vos clients dans une démarche d'externalisation ?

 

Nos interventions sont organisées en quatre grandes phases. Une première phase qualifiée de plan stratégique permet de répondre à la question « faut-il engager une démarche d'externalisation ? ». Bien sûr, les clients qui nous consultent ont déjà une idée assez forte sur la question, mais la réponse n'est pas systématiquement positive, cela dans deux cas. D'abord lorsque le client a déjà largement optimisé ses prestations et les gains probables sont relativement faibles. Ensuite, le choix d'externaliser aurait trop d'impacts en interne, notamment sociaux, et préfère donc renoncer et trouver d'autres solutions. Cette phase dure entre 1 et 3 mois et coûte entre 40 et 100K€.

 

La seconde phase concerne la consultation et la négociation. A ce niveau, nous contrôlons le processus et suivons une méthode très stricte qui va nous mener jusqu'à la signature du contrat. Notre objectif est de proposer deux fournisseurs qui se valent et de donner ainsi le choix au client. Cette deuxième phase dure entre 3 et 6 mois et coûte de 80 à 150K€.

 

Dans la troisième phase que nous baptisons transition et transformation, nous venons en appui du client qui a désormais pris la main. Notre intervention est moins lourde, mais tout aussi importante car il est vital que nous fassions respecter les clauses du contrat dès les début pour l'engager sur de bons rails. Cette phase dure également de 3 à 6 mois, mais la fourchette de coûts (entre 30 à 150 K€) est plus large car nos interventions plus variables.

 

Enfin, lors de la quatrième phase où l'externalisation est entrée dans son rythme de croisière, nous pouvons intervenir mais de manière ponctuelle, sur des questions précises, faire l'audit par exemple au bout de deux ou trois ans.

 

 

 

Quelles sont les principales motivations pour externaliser ?

La motivation première est la réduction des coûts. Si elle est bien gérée, l'externalisation peut générer une réduction des coûts entre 10 et 25%. Ensuite, viennent des problématiques d'amélioration de la qualité. Mais la question est plus complexe. Sachant qu'il existe deux types de gain : directs qui correspondent à ce que l'utilisateur perçoit et indirects qui sont liés à l'amélioration du fonctionnement de la DSI.

 

A quel niveau intervenez-vous ?

Globalement, l'externalisation peut concerner deux grands domaines : l'infrastructure et les applications. Tiefree intervient principalement au niveau des infrastructures techniques qui peuvent aussi bien concerner les serveurs que les postes de travail.

 

L'idée d'offshore est désormais omniprésent. Quels avantages apportent-ils ?

Il y a une certaine surmédiatisation de l'offshore qui concerne surtout l'externalisation d'infrastructure. Les vrais contrats d'offshore ne sont pas aussi nombreux que ce que disent les fournisseurs et cela reste assez compliqué. Sur les 25 projets que Tiefree a traités, un ou deux seulement impliquaient des prestations de service en offshore.  En revanche, ce qui fonctionne depuis longtemps en offshore, c'est le développement de logiciels. Mais il est vrai que l'offshore est une activité qui va se développer fortement. Et la crise actuelle devrait jouer un rôle d'accélérateur. La principale raison de l'offshore est la réduction de coûts, pas la qualité.

 

Quelles grandes tendances percevez-vous ?

Alors que l'externalisation ne concernait que les grands groupes, elle intéresse désormais des sociétés de taille plus modeste. Autre tendance, une évolution vers une externalisation verticale. Avant, il s'agissait d'externalisation un cycle de vie su SI, de la conception à la maintenance. Aujourd'hui, les clients demandent l'externalisation de fonction de l'entreprise : CRM, logistique...  Par ailleurs, la taille des contrats s'est significativement réduite, on parle aujourd'hui d'externalisation sélective.

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