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48 000 ou 100 000 sites d'e commerce en France ?

mardi 17 mars 2009

20090317_07Jean-Luc Wernoth, fondateur de Store Factory*. Chaque année fin Janvier, la presse prend le pouls du commerce électronique en France, à l'occasion de la publication du bilan annuel de la Fevad. Cette étude a le mérite d'exister en étant reconduite tous les ans par les mêmes intervenants, et fournit des indications très intéressantes sur l'évolution du e commerce en France.

 

Toutefois, les chiffres communiqués sont sujets à caution. A commencer par son estimation du nombre de sites marchands en France, 48.500 à fin 2008, ce qui nous place largement derrière les allemands (100.000) et les anglais (200.000). En pointe pour les accès Internet haut débit, les français seraient ils aussi timorés lorsqu'il s'agit de vendre en ligne ?

 

Tout porte à croire qu'il n'en est rien, et que le nombre de sites marchands français est en réalité plus proche de 100.000, voire plus.

 

En effet, la méthodologie de comptage retenue par la Fevad compile uniquement les transactions monétiques réalisées par les principales plates-formes de paiement en France réunies dans un panel (Atos Origin, Caisses d'Epargne, CIC-Crédit Mutuel, Monext, Ogone, Pay Box et PayPal). Or cette méthodologie comporte de nombreuses lacunes, et laisse passer un grand nombre de sites entre les mailles du filet.

 

Tout d'abord, parce que plusieurs plates-formes de paiement ne sont pas prises en compte, comme par exemple celles opérées par des intervenants étrangers.

 

Mais surtout, car le comptage des seules transactions monétiques conduit à sous évaluer de façon significative le nombre de sites marchands. Plusieurs cas de figure le confirment. Par exemple un site peut, en fédérant plusieurs commerçants, agréger les paiements sur un seul compte, comme le fait PriceMinister. Un autre site peut également relayer l'offre de plusieurs milliers de commerçants ayant chacun leur propre mode de paiement comme le fait eBay, qui identifiait en avril 25008 plus de 35.000 vendeurs professionnels sur son site.

 

En outre, tous les sites marchands ne proposent pas de paiement sécurisés par carte bancaire. Tous les sites BtoB sont dans ce cas, mais de nombreux sites s'adressant aux consommateurs utilisent uniquement le chèque et le virement. On estime aujourd'hui que ces moyens de paiement représentent environ 10% des transactions.

 

Comparer des torchons avec des torchons

 

Alors, 48.000, 80.000, 100.000 ? La France décidément à la traîne en nombre de sites marchands ? Cette polémique ne remet pas en cause l'extrême dynamisme de l'e commerce français en ces temps de crise, mais met le doigt sur un point qui anime aujourd'hui les pouvoirs publics, comme le prouvent les débats sur le statut juridique du e commerçant : un consensus n'a pas encore été trouvé sur la définition d'un site de commerce électronique en France.

 

A mon sens, la définition adoptée par la Fevad est clairement trop restrictive.

On pourrait définir au sens large un site de e commerce comme un « site permettant d'échanger des biens et des services entre deux entités sur le réseau internet ».

On devrait également distinguer e-commerce et e-commerçant, un site pouvant regrouper plusieurs e-commerçants et un même commerçant gérer plusieurs sites.

Pour conclure, ces définitions pourraient être harmonisées au niveau européen afin que tous ces chiffres puissent réellement être comparés.

On partirait alors d'une base réaliste pour comparer des torchons avec des torchons.

 

 

A propos de Store Factory*

Créée en 2004, basée à Paris et comptant 11 collaborateurs, Store Factory compte aujourd'hui parmi les spécialistes de la création de boutiques en ligne en France, avec près de 1100 clients au début 2009.

 

 

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