Le SaaS face à la réalité du terrain
Il ne se passe une semaine sans que plusieurs fournisseurs fassent des annonces dans le domaine du SaaS (Software as a Service). Qu'il s'agisse d'un logiciel proposé par un nouvel entrant ou une déclinaison d'un logiciel existant en mode SaaS. Sur le terrain, le SaaS progresse, mais peut-être pas aussi rapidement que certains le prétendent. Selon une étude réalisée par le cabinet Forrester, la proportion des entreprises qui ont utilisé du logiciel en mode SaaS ou installé un pilote est passée de 18% en 2007 à 21% en 2008, sur un échantillon d'entreprises européennes et américaines.
La gestion de la relation client et les ressources humaines ont été les deux applications phares qui ont lancé ce nouveau modèle. Mais, l'éventail s'est considérablement élargi.
En s'appuyant sur des avis d'experts et d'utilisateurs, la cabinet Forrester prévoit que les technologies suivantes connaîtront un succès certain dans les entreprises :
- La collaboration. Bien que son avenir sur du long terme soit supposé, les données Forrester indiquent que la collaboration en mode SaaS sera l'un des secteurs les plus important pour l'adoption du SaaS, avec le potentiel d'impacter le marché de la collaboration de façon significative.
Les conférences en ligne. Reposant déjà lourdement sur le modèle SaaS, les technologies de conférence Web continuent d'évoluer dans ce sens. C'est un candidat idéal et de nombreuses entreprises sont à l'aise avec l'utilisation de cette technologie en mode SaaS.
Le CRM. Figurant parmi les premiers secteurs à avoir rapidement adopté le mode SaaS, le CRM a déjà atteint sa maturité. Toutefois, certaines entreprises dotées de stratégies CRM créées en entreprise passeront lentement au SaaS et dans beaucoup de cas, elles ne le feront jamais.
Le HCM (gestion du capital humain). Si le déploiement de solutions HCM/HR en modèle SaaS a connu un vif succès, dans de nombreux cas, il s'agissait de solutions de niche proposées par de petits fournisseurs. La consolidation dans ce secteur commence à engendrer une offre de suites élargies, augmentant ainsi la croissance potentielle de ces technologie
La gestion des services informatiques (ITSM). Ces solutions sont de plus en plus demandées en mode SaaS, mais beaucoup de fournisseurs majeurs doivent encore faire leur entrée dans ce secteur. Alors que les fournisseurs établis continuent d'entrer sur ce marché, le modèle SaaS a le potentiel de transformer le monde des applications informatiques.
La sauvegarde en ligne. La sauvegarde en ligne a déjà suscité un vif intérêt, surtout de la part des petites et moyennes entreprises (P.M.E.), ainsi que des utilisateurs de P.C. et des prestataires de services opérant à distance. La récupération rapide de grandes quantités de données est un sujet d'inquiétude.
Par contre, les technologies suivantes connaîtront un succès limité en mode SaaS :
- La veille économique (« Business Intelligence », BI). Le secteur de la veille économique SaaS doit encore largement faire ses preuves. Quoique certains aient adopté cette technologie au départ, les professionnels sont nombreux à rester sceptiques quant à son potentiel, surtout pour ce qui est du transfert de volumes importants et de données en temps réel.
- L'intégration. De même que les solutions SaaS fleurissent dans les entreprises, les solutions d'intégration SaaS connaîtront un essor naturel. Cependant, les entreprises ne doivent pas s'attendre à des solutions d'intégration miracles, qu'elles soient de type SaaS ou autre.

5 idées sur la SaaS à l'aune de l'expérience
De tout ce qui a déjà été dit, 5 assertion qui ont filtré ont été examinée par le Gartner et ont été confronté aux faits. La première qui est sans doute la plus fréquente est que le logiciel sous forme SaaS coûte mois cher que le modèle traditionnel. Selon Robert Desisto qui a écrit une note intitulée « Fast Checking : The Five Most-Common SaaS Assumptions », la réponse est plus nuancée. Le SaaS présente un TCO (coût total de possession) inférieur sur les deux premières années car il ne nécessité par d'investissement initial, cela est beaucoup plus sûr ensuite, en particulier d'un point de vue comptable en raison des règles de dépréciation sur les actifs.
Selon la deuxième assertion, un logiciel en mode SaaS serait plus rapide à mettre en œuvre. Là encore, le Gartner est circonspect. Sans doute pour des logiciels fonctionnellement simples, cela n'est pas nécessairement vérifié pour des logiciels complexes. Par ailleurs, la comparaison peut être trompeuse dans la mesure où un logiciel SaaS s'installe de manière incrémentale. Il faudrait s'assurer d'établir la comparaison à fonctionnalités et paramétrages équivalents.
Le logiciel SaaS est facturé selon un modèle de paiement en fonction de l'utilisation. Cela ne se vérifie pas dans la majorité des cas, rétorque le Gartner qui met en garde sur des contrats sous la forme d'abonnement dont bien souvent une partie n'est pas réellement utilisée.
Un logiciel en mode SaaS ne peut pas avec un logiciel on-premise ? Faux répond le Gartner qui rappelle les deux méthodes traditionnellement utilisées : synchronisation des données mode batch et une synchronisation en temps réel via les services Web. Il est d'ailleurs possible de combiner les deux méthodes.
Enfin dernière affirmation, le SaaS répond seulement à des besoins relativement simple. Des cas de mise en œuvre dans des situations réelles montrent que cette affirmation ne tient pas la confrontation avec ce qui se fait sur terrain.
Quel canal de distribution pour le SaaS ?
Le SaaS va aussi changer les modes de consommation du logiciel et redistribuer les cartes et ouvrira plus de canaux de distribution et donnera un éventail plus large aux entreprises. Le cabinet Saugatuck a réalisé une enquête auprès de près de 2000 responsables informatiques et fonctionnels de trois zones géographiques (Europe, Etats-Unis et Asie) sur le canal ayant leur préférence. Bill McNee, président du cabinet conseil a présenté les résultats de cette enquête au ASP Forum qui s'est tenu il y a quelques jours à Paris. Alors que les décideurs américains donnent la priorité aux éditeurs SaaS, leurs homologues européens et asiatiques préfèrent les sociétés de conseil IT. Les grandes entreprises sont plutôt enclines à souhaiter acquérir leur logiciel SaaS directement auprès des éditeurs alors que les PME favorisent un achat en local.


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le 01/09/2010 à 01:40