Cloud Computing, innovation réelle ou buzz marketing ?
Depuis quelques mois, les annonces des fournisseurs dans le domaine du Cloud Computing s'accélèrent. Cette semaine, ce fut au tour de VMWare de dévoiler son offre vSphere, qu'elle qualifie de Cloud OS, et de Sun de mettre à disposition sur Amazon Elastic Compute Cloud (EC2) ses solutions GlassFish Portfolio et les produits de gestion d'identité OpenSource - OpenSSO et OpenDS. Selon le fournisseur désormais propriété d'Oracle, c'est là la première étape d'une stratégie de déploiement des solutions open source de Sun sur les grandes plates-formes de Cloud Computing comme celles de Sun ou d'Amazon EC2.
On a connu la vague du client / Serveur au début des années 90 qui permettait de rattacher tant bien que mal les PC au système d'informatique de l'entreprise. Vint ensuite l'ère Internet qui déboucha sur l'e-business - la stratégie définie par IBM mais embrassée par tous les fournisseurs sous une appellation propose - et sur le SaaS, version modernisée de l'ASP qui n'avait atteint les espoirs que l'on avait porté en elle.
Aujourd'hui, tout est cloud et ce qui ne l'est pas semble désespérément appartenir au passé ; Etre moderne c'est être cloud, tel est le message que proposent tous les fournisseurs, même ceux qui n'ont pas grand chose à offrir mais qui repassent une couche de marketing cloud sur des solutions pourtant bien classiques.
Le cloud deux fois plus cher qu'un data center traditionnel
Le cloud, version modernisée de l'informatique à la demande (de nombreuses appellations de la même solution ont été proposées par les fournisseurs) dont on parle depuis déjà plusieurs années, est en route vers la deuxième phase de la désormais bien connue courbe du hype cycle du Gartner.

Le cabinet McKinsey propose la définition suivante du cloud computing :
Le cloud computing sont des services informatiques proposant les trois dimensions d'un data center, à savoir traitement, stockage et réseaux, où :
- La gestion du matériel est largement masqué à l'utilisateur ;
- Les coûts d'infrastructure sont de type Opex (Operating Expenses) par opposition à Capex (Capital Expenditure) [voir note du CXP : Opex versus Capex : vers la décapitalisation de l'informatique ? et le billet de Bernard Golden, CEO da la société HyperStratus : Capex vs. Opex: Most People Miss the Point About Cloud Economics] ;
- Les capacités de l'infrastructure sont très flexibles et peuvent évoluer facilement en fonction de la demande (d'où le terme Elastic Compute de l'offre d'Amazon).
Trop souvent explique de McKinsey un véritable cloud est confondu avec des services cloud. Le premier doit vérifier les trois conditions alors qu'un service cloud ne vérifie que les conditions 1 et 3. Amazon ou Azure de Microsoft sont des offres Cloud tandis que Zoho, salesforce.com ou Gmail ne sont que des services cloud.
Toutefois, dans l'état actuel des développeurs des différentes solutions, le cloud s'applique-t-il à toutes les situations ? Une étude intitulée « Clearing the Air on Cloud Computing » réalisée par le cabinet McKinsey présentée à l'occasion d'un symposium qui s'est tenu la semaine dernière conclut qu'outsourcer un data center sur un service de type cloud entraînerait un doublement du prix.
La virtualisation, première étape vers le cloud ?
Pour en arriver à cette conclusion, l'étude se réfère à la tarification de la solution Amazon EC2. Le cabinet explique que le choix d'Amazon s'explique par le fait que c'est l'une des offres les plus avancées et surtout que son fournisseur affiche ses prix (il s'agit donc de prix catalogue). Sur la base de cette étude, le coût total des fonctions du data center est évaluée à 366 dollars par mois par unité informatique (notion définie dans l'étude) comparée à 150 dollars par mois pour un data center conventionnel.
Toutefois, il faut relativiser la portée de cette étude dans la mesure où les services informatiques proposés sous forme de cloud sont encore très récents et que, concurrence et maturité technologique aidant, les coûts baissent significativement.
« L'industrie considère les bénéfices financiers du cloud computing comme acquis, mais c'est là une fausse idée », explique Will Forrest, analyste de McKinsey et auteur de l'étude. « Posséder le matériel est avantageux sur le plan financier pour la plupart des entreprises lorsque l'on prend en compte les amortissements comptables et par ailleurs les économies sur les coûts du travail en migrant un data center sur le cloud sont assez largement exagérés ». Et des mesures intermédiaires peuvent être mises en œuvre et être source de grandes économies. La virtualisation est sans doute la plus en vue actuellement. « Alors que le taux d'un serveur est en moyenne de l'ordre de 10%, il semble assez réaliste de pousser jusqu'à 35% », poursuit McKinsey. Ce qui revient finalement à diviser le coûts des matériels par un facteur 3.
Quel type de cloud choisir ?
Data center ou externalisation sur un cloud ? Il est possible que dans 30 ans une telle question paraisse aussi étonnante que celle de savoir aujourd'hui s'il faut fabriquer son électricité ou faire appel à un fournisseur tiers. D'ailleurs, cette question est encore mal posée puisqu'il est possible de mettre en œuvre ce que l'on appelle un cloud interne. C'est d'ailleurs un des avantages mis en avant par VMWare avec sa nouvelle solution vSphere : la possibilité de migrer de manière transparente et en fonction des besoins une application d'un cloud interne vers un cloud hébergé chez un tiers.
Dans une étude qu'il vient de publier intitulée « Which Cloud Computing Platform is Right for You ? », le cabinet Forrester tente de déterminer parmi les trois types de cloud, celui qui est le plus adapté aux applications d'une DSI : cloud public, cloud hébergé ou cloud interne. La conclusion (un peu normande, mais correspondant sans doute à la réalité complexe) : chaque option a ses avantages (voir tableau ci-dessous).

Les commentaires
Plutôt qu'une innovation, peut être pourrions nous considérer le Cloud Computing comme une évolution ?
Je vous invite à considérer les études plus récentes de Forrester et Mc Kinsey qui ont gagnée en maturité ; le marché du Cloud a lui aussi beaucoup évolué depuis la publication de ces premières études.
http://www.information-systems-research.com/
Par Jean-Loup Richet le 17/09/2010 à 12:21
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le 06/02/2012 à 08:48