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Windows 7 dans les startings-blocks

mercredi 27 mai 2009

20090527_07Par Guy Hervier. Dans le processus désormais bien huilé de la mise sur le marché de son système d'exploitation Windows 7 intégrante - Microsoft a déjà quelques expériences -avec le jargon qui en fait désormais parti, Microsoft est dans la période de disponibilité générale de ce qu'il appelle la RC (Release Candidate) en attendant la version RTM (Release To Manufacturer), c'est-à-dire la version dont le code est figé, avant d'aborder la phase ultime, celle de la disponibilité commerciale prévue avant la fin de l'année.  L'éditeur ne communique pas encore sur les tarifs.

 

Si le développement d'un nouveau système d'exploitation a parfois été présenté comme aussi complexe que le développement d'un système industriel comme la navette spatiale, sa mise sur le marché (prise en compte des logiciels et matériels existants, coordination avec les partenaires) s'apparente sans doute à l'organisation du débarquement des alliés sur les plages de Normandie. Quant à la migration dans les entreprises, on ne sait quelle métaphore utiliser, la victoire d'Austerlitz chez certaines, la Berezina chez d'autres.

 

Faire plus avec moins

 

Le contexte économique n'est pas vraiment propice au lancement d'un nouveau produit de type Windows 7, mais sur ce point Microsoft ne maîtrise pas ce calendrier. En revanche, « depuis plus de 20 ans que je suis chez Microsoft, c'est le premier système qui ne requiert pas plus de ressources matérielles que le précédent », commente Marc Jalabert, directeur Marketing de Microsoft. Une caractéristique qui vient à point nommé car elle lève la contrainte de changer le parc des PC, ce qui ne sera pas pour déplaire aux DSI dont un nouveau tour de vis vient d'être effectué sur leur budget.

 

Cette nouveauté rompt avec une habitude déjà ancienne à laquelle nous avait habitué le couple Wintel, l'augmentation de puissance apportée par chaque nouvelle génération de microprocesseurs semblait en partie absorbée par des systèmes d'exploitation prenant un peu plus d'embonpoint. C'est donc là une décision sage prise par Microsoft d'autant que rien n'assure que la loi de Moore continue à s'appliquer au même rythme.

 

Reprendre la main avec Windows 7

 

L'autre élément, plus conjoncturel celui-là pour lequel Microsoft a été un peu pris par surprise, est le phénomène des Netbook. Une nouvelle génération de machines - sorte de croisement entre le mobile et le PC - sur lequel il était impossible de faire tourner Windows Vista. Ce fut là une belle occasion pour Linux de faire sa nième tentative sur le poste de travail puisque Microsoft ne pouvait proposer que son système vieillissant Windows XP. Il semblerait que, une fois de plus, cette tentative n'ait pas vraiment réussi et la part de marché de Linux sur des postes de travail a fondu aussi rapidement que les glaces de l'Arctique. Comme ce type de matériels représente aujourd'hui entre 10 et 15 % des ventes de PC, le manque à gagner aurait été bien trop important pour Microsoft. Windows 7 va donc pouvoir étendre une nouvelle sa fois sa domination sur le poste de travail, de l'entrée de gamme jusqu'à la station de travail surpuissante.

 

A quelques mois de la sortie de Windows 7 (il semblerait que dire Windows Seven fasse branché), Marc Jalabert dresse un état des lieux qui permet de fixer les idées. Il se vend chaque année en France (au rythme actuel) quelque 10 millions de PC, 4 millions en entreprise et 6 millions dans le grand public. Des deux, ce dernier est le plus dynamique.  La base installée se répartie en 16 millions d'unités dans les entreprises et 24 millions chez les particuliers. Entre 25 à 30 % de ce parc fonctionnent sous Vista dont 10% en entreprises et 35% chez les particuliers. Ces derniers, lorsqu'ils achètent un PC, ont d'emblée accès à la « dernière merveille » de l'éditeur et assez peu nombreux sont ceux qui s'embarquent dans une option de désinstallation du système d'exploitation livré avec la machine pour y mettre à la place le système de leur choix. Cette population de geeks doit se répartir en deux grandes familles, d'un côté les experts techniques qui souhaitent configurer leur machine exactement comme ils l'entendent et de l'autre les utilisateurs qui se sont lancés dans la croisade anti-Microsoft. 

 

Selon les estimations de Microsoft, sur les 40 millions du parc de PC, 50 % sont assez puissants pour accueillir Windows 7. Bien entendu, les problématiques de migration des particuliers et des entreprises n'ont rien en commun. Et même entre une PME qui possède quelques dizaines de postes et un grand compte comme Bouygues ou le Crédit Agricole où l'on compte en dizaines de milliers, la migration ne s'envisage pas tout de la même manière.

 

Michael Silver, analyste du Gartner, présente les trois situations possibles.

- Pour les entreprises dont les PC fonctionnent sous Windows XP ou antérieur qui n'ont encore rien planifié, l'analyste du Gartner affirme que la préparation pour organiser la migration vers Vista nécessite autant de travail que celle vers Windows 7. Il recommande donc de faire le saut de Vista  d'autant que cette option n'allongera le projet que de 6 moins au maximum (le temps d'attendre les versions finalisées de Windows 7 ) ;

- A celles qui ont commencé la migration vers Vista, le Gartner conseille de continuer avec le même OS, mais de prendre comme Windows 7 comme nouvelle cible vers la fin 2010 ou le début 2011. Et d'autant plus si cette migration vers le nouvel OS s'effectue parallèlement au remplacement des matériels.

- Enfin, aux entreprises qui ont planifié la migration vers Vista (mais qui n'ont pas encore commencé), Michael Silver conseille de prendre en considération Windows 7 car cela n'ajoutera que 6 mois de délai supplémentaire. Plus l'entreprise est avancé vers Vista et plus elle devrait poursuivre dans cette voie.

Globalement, le Gartner estime à 50 % la proportion des entreprises qui sauteront Vista.

 

Les grandes avancées de Windows 7

 

Au-delà des considérations qui imposent aux utilisateurs d'engager la migration - en particulier lorsque le système d'exploitation en place ne bénéficie plus en standard du support de Microsoft comme c'est le cas pour Windows 2000 - quelles sont les améliorations apportées par Windows 7 que Microsoft souhaite mettre en avant et qui pourraient motiver les utilisateurs.

 

Il y a d'abord le choix des périphériques. Microsoft indique par exemple avoir testé la compatibilité de quelque 2,8 millions de matériels et l'on sait l'importance de ce point quand on se souvient les difficultés rencontrés avec Vista au niveau des drivers. Le second facteur concerne l'environnement pour lequel Microsoft propose avec Windows 7 cinq  options possibles :

- Le client riche traditionnel ;

- Le client riche dynamique avec lequel les applications peuvent être installées sur le poste de travail ou disponible en mode streaming (utilisation d'App-V) ;

- Le client léger classique connu sous l'appellation TSE ou Terminal Server ;

- un environnement dans lequel la machine virtuelle est hébergée sur un serveur (VDI ou Virtual Desktop Infrastructure) ;

- Une configuration dans laquelle le poste de travail hébergé sur une machine virtuelle (MED-V ou Microsoft Enterprise Desktop Virtualization).

 

 

Il y a enfin le choix de ce que l'on appelle désormais l'expérience utilisateur qui regroupe l'ensemble des fonctionnalités, petites ou grandes, qui facilitent la tâche de l'utilisateur. Windows 7 intègre aussi une évolution dans l'interface utilisateur en prenant en compte l'écran tactile et la technologie du Multitouch. Celle-ci peut être particulièrement intéressante pour certaines applications dont un bon exemple est l'hôtellerie-restauration.

 

Microsoft met l'accent aussi sur de nouvelles fonctionnalités qui devraient susciter l'intérêt des DSI. Parmi celles-ci :

- Directcache permettra à l'utilisateur nomade de se connecter directement au réseau d'entreprise comme s'il était en interne sans avoir à lancer une session de type VPN ;

- Branchcache réduit améliorera le téléchargement de documents situés sus des serveurs distants (Nécessite la présence de Windows 2008 Server R2) ;

- BitLocker To Go assure un chiffrement automatique des données qui sont stockées sur des support de stockage externes type clé USB.

- AppLocker gèrera a priori la liste des applications que l'utilisateur pourra télécharger sur son poste de travail ;

- PowerShell 2.0 est une nouvelle version de l'interface d'administration en mode caractère ;

- L'émulation XP Mode qui permet de supporter un environnement de travail XP et donc de faire fonctionner toutes les applications qui ne fonctionnent que sur ce système d'exploitation.

- Enfin, dans la lignée de Vista qui avait défriché le terrain, Microsoft apporte avec Windows 7 des outils comme MDOP ou Microsoft Desktop Optimization Pack destinés à faciliter le déploiement des applications.

 

Premiers retours d'expérience

 

Microsoft possède déjà une certaine expérience au niveau de la migration vers Windows 7, en interne avec près d'un tiers de 200 000 postes de travail que compte l'entreprise ou chez des clients. Elle fait état d'une trentaine de clients ayant joué le rôle de DSI pilote et en fait témoigner quelques uns sur leur expérience parmi lesquels le Crédit Agricole, Bouygues, Elior et Systalians. Les premiers retours seraient plutôt positifs, chaque témoin mettant en avant des avantages différents. Certains très concerts liés à la non nécessité de remplacer le parc de PC existant, d'autres plus étonnants mais non moins aussi importants consistant à mettre le PC, qui constitue le portail d'entrée vers le SI de l'entreprise, au niveau de celui des particuliers. Cela devant d'autant plus important que ceux que l'on appelle les Digital Natives entrent aujourd'hui dans les entreprises.

 

Windows 7 va permettre de tourner la page de Vista que Microsoft a clairement envie d'oublier.

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