Google à l’assaut de Microsoft
De proche en proche, Google se positionne en concurrence frontale de Microsoft. Avec l'annonce le 7 juillet de Chrome Operating System - un nouveau système d'exploitation distinct d'Android - et quelque temps plus tôt Google Wave encore difficile à comparer à d'autres produits du marché, Google complète ainsi son stack logiciel. Mais à l'instar d'habitudes prises par Microsoft, ce ne sont là que des pré annonces. Chrome OS par exemple ne sera disponible qu'au second semestre 2010.
Contrairement aux annonces Microsoft réalisées souvent en grande pompe, Chrome OS a été révélé par un simple billet sur le blog de Google rendant publiques les intentions de l'éditeur. Chrome OS est un système d'exploitation « léger, open source » qui vise en priorité les machines de type netbooks. Mais il serait surprenant que Google se limite à ces machines d'entrée de gamme et l'on ne voit aucune raison qu'il le fasse.
Pourquoi un nouveau système d'exploitation ? Avant même de parler de produits, Google semble être entré dans la guerre des annonces marketing pour occuper le terrain et contrer la concurrence, notamment Microsoft. Sur le fond, les systèmes d'exploitation d'aujourd'hui, au premier desquels les vagues successives de Windows ont été développés avant l'arrivée d'Internet, explique Google sur son blog, seront différents et Chrome OS doit être compris comme une extension naturelle du navigateur du même nom. C'est là une démarche inverse de celle de Microsoft qui avait développé, un peu en catastrophe, Internet Explorer comme une sorte de « verrue » à son système d'exploitation Windows 95. C'est d'ailleurs sur ce point que les ennuis de la firme de Redmond commencèrent avec la Commission européenne et qui lui a valu d'être sanctionné.
Là où Microsoft a du au fil des ans tenir compte l'existant et tant bien que mal faire en sorte que le nouveau système d'exploitation offre un minimum de compatibilité, Google est parti d'une page blanche pour concevoir Chrome OS et s'est appuyé sur un noyau Linux. L'éditeur explique qu'il a complètement repensé l'architecture, en particulier au niveau de la sécurité de telle sorte que « les utilisateurs n'aient pas à se battre contre les virus, malwares et autres mises à jour de sécurité ». On verra sur ce point ce qu'il advient car l'expérience semble montrer que dès qu'un environnement devient numérique, les problèmes de sécurité vont automatiquement de pair.
Chrome OS fonctionnera sur les microprocesseurs x86 et ARM. Son architecture est « simple » et présentée comme un « système de fenêtrage reposant sur un noyau Linux ».
Pour les développeurs d'applications, le Web est désormais la plate-forme ; toutes les applications conçues pour le Web fonctionneront sur Chrome OS et les nouvelles pourront bénéficier des toutes dernières technologies du Web. Bien sûr, poursuit Google dans son blog, ces applications pourront tourner sur n'importe quel navigateur fonctionnant sur Windows, Mac ou Linux.
Chrome OS est un projet distinct d'Android. Alors que ce dernier a été conçu pour fonctionner avec une large variété de terminaux - téléphone mobile, set-up box, netbooks... - Chrome est lui pensé pour les utilisateurs qui passent la plupart de leur temps sur le Web et pour une large variété de matériels allant du netbook au PC haut de gamme. Google reconnait qu'il y a un recouvrement fonctionnel entre les deux systèmes d'exploitation.
Google en concurrence frontale de Microsoft ?
Selon le cabinet Saugatuck, La Googstack devient de plus en plus une alternative à celle de Microsoft pour une informatique d'entreprise. Toutefois, remarque Mark Koenig, analyste du cabinet dans une note intitulée « Google Chrome OS : Opening a new Front in the Browsers Wars », il s'agit là d'un humble début car :
- Google Wave a été annoncé, mais aucune date de disponibilité n'a été avancé ;
- Chrome est disponible depuis un peu moins d'un an et aurait acquis selon le cabinet w3school 6% de parts de marché ;
- Android est supporté à ce jour par un seul mobile.
Mais il faudra encore longtemps avant que la Googstack atteigne le niveau de maturité de l'offre logicielle de Microsoft. C'est d'ailleurs une des raisons pour lesquelles Google propose le code de Chrome OS en mode open source. Il s'agit ainsi d'attirer le plus grande nombre de développeurs possible pour accélérer les améliorations à apporter à l'environnement logiciel. Toutefois, ce serait une erreur de penser que Microsoft reste inerte, conclut Mark Koenig.

Chrome OS va permettre à Google d'étendre les services en ligne et non d'imiter Windows, considère Frank Gillet, analyste de Forrester dans une note intitulée « Chrome OS will extend Google's Online Services, not imitate Windows ».
« Windows n'est pas le modèle de Chrome OS. Chrome OS est une des composantes de l'évolution à laquelle on assiste qui va des systèmes d'exploitation vers des services en ligne où les fournisseurs vont s'attacher à offrir des services » dans le cadre de ce que Forrester le Personal Cloud.
Chrome OS et les réponses de concurrents qui vont suivre s'intègrent dans le paradigme de l'informatique personnelle des 20 années à venir dont les caractéristiques sont les suivantes :
- Dans un monde de personal clouds, les systèmes d'exploitation ne seront pas aussi complexes à développer ou à maintenir. La complexité sera déportée vers les services en ligne. Si certains périphériques comme la souris nécessiteront toujours l'existence de drivers, d'autres comme les imprimantes ou les appareils photo numériques auront leur propre adresse IP et seront accessibles via ds API Web.
- Ce modèle d'informatique à venir inclura toutes les offres destinées aux particuliers et aux entreprises. Certains commentateurs ont présenté à tort Chrome OS comme un système d'exploitation d'informatique personnelle. Dans un monde où les frontières entre vie professionnelle et personnelle a tendance à s'effacer, une telle affirmation ‘na pas de sens.
Et dans ce monde futur, Google et Microsoft ne seront pas les seuls concurrents, loin s'en faut.
- Les systèmes auront moins d'importance, mais l'évolution vers un nouveau modèle d'informatique prendra une décennie prendra une décennie, voire plus.
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le 12/03/2010 à 11:28