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Comment mettre le développement durable en équation ?
Par Patrick Chemla, ingénieur chez Novedia Decision, expert en problématiques HQE, en reporting et indicateurs environnementaux

mercredi 29 juillet 2009

20090729_10En quelques années, le Développement Durable est devenu une préoccupation grandissante des entreprises et des collectivités. L'objectif est de maîtriser les dysfonctionnements environnementaux et sociaux engendrés par les activités humaines, de manière à « ne pas compromettre la capacité des générations futures à répondre à leurs besoins ». Pour atteindre cet objectif, le Développement Durable recherche un équilibre harmonieux entre l'économie, l'environnement et le social.

La beauté d'un paysage, le silence, la biodiversité, ... sont devenus des patrimoines rares. Cette rareté leur confère une valeur qu'il est dorénavant important de préserver, si ce n'est de faire fructifier. C'est finalement l'équation optimale entre la création de valeur économique et la minimisation des pertes environnementales qui permettra de ‘développer durablement'. Cette équation nécessite aujourd'hui un fort rééquilibre en faveur des sphères environnementales et sociales. Le grenelle de l'environnement communique par exemple sur le fameux « facteur 4 » : réduction par 4 des émissions de gaz à effet de serre d'ici 2050. Il ne reste plus qu'à savoir mesurer nos émissions ...

Mais comment mesure-t-on les impacts environnementaux ? Comment mesure-t-on un ‘résultat net' environnemental ? Comment optimise-t-on les investissements financiers en faveur de la protection de la planète ou de la dépollution de manière à les rendre compatibles avec le souci économique de création de valeur ? Cette question de l'évaluation des performances environnementales est en passe de devenir une des clés du développement durable.

"If you can't measure it, you can't improve it"- Lord Kelvin

A ce jour, les processus de collecte et de restitution de données extra-financières sont nettement moins rigoureux que ceux concernant les données financières : ces dernières sont collectées, restituées et mises en valeur dans des tableaux de bord d'entreprises qui font l'objet de contrôles fréquents, méticuleux, ce qui permet de transformer l'information comptable en véritable outil stratégique d'aide à la décision et de pilotage de l'entreprise. Les données environnementales, quant à elles, sont loin d'atteindre cette rigueur. Leur restitution consiste aujourd'hui, dans le meilleur des cas, à compiler un minimum d'informations pour remplir des ‘cases' exigées par la réglementation.

Pourtant, la pression des enjeux du développement durable est croissante et irréversible, que ce soit d'un point de vue réglementaire, économique, politique, médiatique ou sociologique. Les initiatives se multiplient ces dernières années. Les exemples suivants ont tous pour caractéristique commune la nécessité de brasser des quantités toujours plus élevées de données pour juger des performances, que se soit en collecte, compilation ou restitution :

- loi NRE et ses conséquences sur le reporting environnemental,
- loi EPER - Registre européen des polluants,
- loi sur les déchets de l'électronique,
- conséquences du grenelle de l'environnement sur les bilans carbone et les bilans énergie des entreprises, des produits, des collectivités, des particuliers,
- marchés d'échange de quotas d'émissions de C02,
- évaluation de la dépendance énergétique,
- gestion des parcs immobiliers, parcs de véhicules, parcs informatiques - Green IT,
- mise en place et suivi de normes ISO14000 ou SME,
- suivi des indicateurs du Global Reporting Initiative,
- notation extra-financière des entreprises et démarches d'Investissement socialement responsable,
- mesure des risques liés aux ruptures d'approvisionnement de matière premières,
- loi Reach et ses conséquences sur la maîtrise des données liées aux matériaux,
- éco-conception des produits et analyses du Cycle de Vie des produits,
- marketing vert, ...

Pour répondre de manière fiable et durable à ces enjeux de transparence et de confiance, il devient donc indispensable à l'entreprise de maîtriser la gestion de ses données environnementales et sociales tout comme elle le fait pour ses données comptables. Seule cette maîtrise stratégique permettra à l'entreprise de répondre aux exigences réglementaires, économiques, techniques ou médiatiques en exploitant et diffusant des informations fiables et pertinentes :

‘If you cannot measure it, you cannot improve it'.

 

Sommet de rio, juin 1992, Agenda 21, chapitre 40 : l'information pour la prise de décision, Extraits : « Les objectifs les plus important sont les suivants :
a- assurer une collecte et une évaluation des données, identifier les besoins en matière d'information à l'échelon local, provincial, national et mondial,
b- renforcer la capacité de recueillir et d'utiliser des informations multisectorielles, promouvoir la capacité de collecte et d'analyse de données et d'informations,
c- mettre au point ou renforcer les moyens permettant d'assurer que la planification du développement durable soit fondée, dans tous les secteurs, sur des informations opportunes, fiables et utilisables,
d- présenter des informations pertinentes sous la forme et dans les délais requis pour faciliter leur utilisation »

Comment répondre à ces attentes ?

L'expertise des outils informatiques de contrôle de gestion et de Business Performance Management nous permet de proposer une réponse efficace à ce besoin de maîtrise des données. Elle consiste à mettre en place des systèmes d'informations décisionnels avec une approche similaire à ce qui se fait pour le contrôle de gestion : définition d'indicateurs de performance, définition des sources de données pertinentes, collecte, transformation, puis valorisation des données sous forme d'outils de reporting ou d'analyse.

En d'autres termes, les mondes de la Business Performance Management, de la Business Intelligence, du Balance Score Card, ou encore du Datamining sont en passe de trouver un nouveau terrain de jeu : les problématiques de gestion des données environnementales.

Le marché de la donnée environnementale se distingue par les caractéristiques suivantes :

- une multiplicité de sources de données,
- une faible volumétrie de données actuelles, mais un potentiel énorme de gisements de données à gérer demain,
- une évolution permanente des standards et des réglementations,
- une individualisation des problématiques environnementales: chaque entreprise hiérarchise ses priorités et doit donc construire son propre outil basé sur sa propre stratégie,
- une structuration du métier : les responsables environnement sont dans des services encore très cloisonnés, qui connaissent très peu les outils classiques de BI et de BPM.

Les facteurs clés de succès pour déployer les outils BI à ce marché sont clairement identifiés :

- La maîtrise fonctionnelle des spécificités environnementales des données manipulées et du contexte : la réglementation évolue très vite, les initiatives aussi. Il s'agit donc de coller au plus près à la demande, grâce à une forte veille fonctionnelle.
- La maîtrise technologique des outils de type BI et BPM : ces derniers évoluent également très vite, et une veille technologique est indispensable. Bien évidemment cette maîtrise doit s'accompagner de la maîtrise plus globale des SI, notamment leur architecture.
- La pertinence à pouvoir accompagner les entreprises sur les deux axes à la fois : l'avantage concurrentiel est alors certains.

Beaucoup d'entreprises et non des moindres se préparent déjà à cette révolution : Microsoft communique sur ses outils « verts » à destination des collectivités, SAP rachète ClearStandard, société qui a décliné ses savoir-faire dans le comptage carbone, Google teste en version pilote GoogleMeter, sa solution de mesure à distance des consommations électriques, avec tableaux de bords accessibles par tous par le Web. Bouygues, en collaboration avec EDF, teste son outil de monitoring des bâtiments, qui consiste à placer des dizaines de capteurs dans un bâtiment, de centraliser toutes les informations relevées pour ensuite accéder à des informations sur les habitudes de consommation, les anomalies, les comportements, par le Web ou le mobile.

 

 

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Novedia Group en bref
Novedia, groupe dédié aux technologies de l'information et de la communication, accompagne les entreprises dans les phases de réflexion, de réalisation et d'animation de leurs activités web et mobiles. Le groupe réunit 500 collaborateurs en France et à l'International, compte plus de 150 clients sur tous les secteurs d'activités et fait état d'un CA de 45 millions d'euros sur l'année 2008. Il est présent dans une quinzaine de pays.
http://www.novediagroup.com/

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