L’innovation, moteur des sociétés de technologies ?
84 % des responsables marketing et de la stratégie des sociétés technologiques considèrent que fournir des produits et services innovants constitue leur premier objectif. Et pourtant, en dépit de l'intérêt marqué pour cette idée, peu d'entreprises de ce secteur mesurent et gèrent l'innovation de manière organisée et laissent trop souvent la part au hasard. C'est ce qu'indique une étude publiée par le cabinet Forrester intitulé Being Innovative Means Beyond The Hype.
Qu'est-ce que l'innovation ? « On entend par innovation technologique de produit la mise au point/commercialisation d'un produit plus performant dans le but de fournir au consommateur des services objectivement nouveaux ou améliorés. Par innovation technologique de procédé, on entend la mise au point/adoption de méthodes de production ou de distribution nouvelles ou notablement améliorées. Elle peut faire intervenir des changements affectant - séparément ou simultanément - les matériels, les ressources humaines ou les méthodes de travail ». C'est la définition que propose le manuel d'Oslo de l'Organisation de Coopération et de Développement Economique (OCDE). Chris Andrew, auteur de l'étude propose une formule beaucoup plus courte : l'innovation, c'est l'invention plus la commercialisation.

Cette formulation met donc l'accent sur les deux dimensions de l'innovation :
- La valeur de l'invention, c'est-à-dire l'apport technologique ou économique d'un nouveau produit ou service ;
- L'opportunité sur le marché : Les inventions les plus remarquables resteraient totalement inconnues. Les inventions sont basées sur des idées nouvelles qui marquent une rupture avec celles existantes. On connaît la formule selon laquelle l'électricité n'a pas été inventée en améliorant la bougie.
Luc de Branbandere du BCG lorsqu'il considère que ce n'est pas ce n'est pas d'avoir des idées nouvelles qui est difficile, mais bien de rompre avec les idées existantes (voir à ce sujet l'excellente présentation qu'il a faite à l'Université du SI organisée par Octo Technologies les 2 et 3 juillet dernier : les dix paradoxes de la créativité).
Le Vice-Président du BCG propose une petite illustration sur le propos : A partir du moment où General Motors avait remarqué que nombre d'agriculteurs ayant acheté un véhicule enlevaient le siège arrière pour avoir plus de place, il a fallu 17 ans au constructeur automobile pour lancer son premier pick-up. Et quelques autres exemples plus récents. « Expliquez-moi comment se fait-il que ce ne soit pas Sony qui ait inventé l'iPod ? Et la liste est longue. Pourquoi le Blackberry n'est-il pas né chez Nokia ? Il ne faut pas le prix Nobel pour inventer YouTube et pourquoi n'est-ce pas une entreprise comme TF1 qui l'a inventé ? Les 25 plus grands acteurs de l'Internet ne sont pas nés dans les grandes entreprises (ce qui n'est pas tout à fait vrai : NDLR) alors que ces dernières consacrent des milliards de dollars à la R&D. La clé de tout, poursuit-il, est la capacité à changer les idées existantes ou dit encore d'une autre manière : il ne faut pas penser pour changer, mais changer pour penser.
Pour bien comprendre le processus qui a conduit les entreprises innovantes ayant réussi, il suffirait de les interroger et de consigner les méthodes d'organisation et les processus qu'elles ont mis en œuvre. Le problème explique l'analyste de Forrester est que ces sociétés ont, elles-mêmes, des difficultés à expliquer ce qu'elles ont fait pour être innovantes. Une chose est sûre néanmoins, poursuit-il, la génération spontanée n'existe pas, pas plus en biologie qu'en matière d'innovation. Et pourtant, l'enquête réalisée par Forrester montre néanmoins que peu d'entreprises ont mis en place les moyens nécessaires pour comprendre les mécanismes de l'innovation, les mettre en œuvre et mesurer les résultats.
Indicateurs internes | Indicateurs de l'innovation |
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(Source : Forrester)
Evidemment, la question des moyens est primordiale. Toutes les entreprises n'ont pas les ressources de Google et la possibilité de demander à chaque ingénieur et à chaque développeur de consacrer 20 % de son temps à des projets en dehors de leur activité principale.
Un des concepts parmi les plus importants de ces dernières années en matière d'innovation est celui d'innovation ouverte, considère Chris Andrew. Développé par Henry Chesbrough, professeur et directeur du centre pour l'innovation ouverte à l'université de Berkeley, ce concept rompait avec l'idée de se baser exclusivement sur ses propres ressources en matière de R&D et d'utiliser des sources externes à l'entreprise. Et c'est là où les technologies Internet, les solutions de travail collaboratif, les réseaux sociaux peuvent jouer un rôle déterminant pour créer, développer et partager de nouvelles idées à l'intérieur comme à l'extérieur de l'entreprise.
Du DSI au DS2I ?
Qui dans l'entreprise est le mieux placé pour orchestrer cette innovation ? Bien sûr, le DSI semble un excellent candidat dans la mesure où il est censé maîtriser l'ensemble de ces nouvelles technologies et comprendre comment les mettre en œuvre efficacement.
L'appellation la plus récente de la personne en charge des technologies de l'information est aujourd'hui stabilisée sur l'acronyme DSI pour Directeur des Systèmes d'information, équivalent français de CIO (Chief Information Officer). Alors que l'appellation américaine met l'accent sur l'information, l'acronyme français met en avant la notion des systèmes (pas seulement matériels) qui la sous-tendent.
Dans l'évolution selon laquelle les DSI pourraient officiellement et activement prendre en charge la gestion de l'innovation de l'entreprise, le DSI pourrait ainsi devenir le DS2I pour Direction des Systèmes d'information et de l'innovation. Ce qui n'est pas sans rappeler les entreprises où les directeurs informatiques ont en charge l'organisation et les systèmes informatiques, les DOSI. Une situation qui n'est plus très courante.
Les commentaires
c'est vrai que bien des inventions ou innovations reste dans les tiroirs regarder les fatras administratifs et autres gogo qui sont imposer à un inventeur et vous comprendrez le pourquoi
sans oublier les prometteurs de beaux jours
sig.devillersroland@gmail.com
Par devillers roland le 25/08/2009 à 08:06
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le 07/09/2010 à 08:41