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Symposium /ITxpo 2009 du Gartner (2e jour)
Ciel bleu, clouds partout

jeudi 5 novembre 2009

20091105Le cloud computing est un thème récurrent de cette édition du Symposium du Gartner qui se tient actuellement  à Cannes et l'occasion de faire le point tant au plan des technologies mises en œuvre que des types d'applications, des marchés et des secteurs de clientèles visés. Bernard LAUR - Consultant - Synthèse Informatique.

 

Pour le Gartner, la définition du Cloud Computing  est la suivante : une offre de services externalisée accessible via Internet, s'adaptant  aisément à des besoins fortement variables, charges et trafic, à la hausse comme à la baisse (notion d'élasticité), partagée entre un pool de clients et facturée à l'usage. Cette offre de services peut être déclinée sous différentes formes : une offre d'Infrastructure (IaaS : Infrastructure as a service), une offre de plateforme (PaaS : Platform as a service), une offre applicative (APaas : Application as a service) et une offre logicielle complète (SaaS : Software as a service). Cette dernière offre, dont on parle effectivement beaucoup, est venue remplacer celle connue sous l'appellation  ASP (Application Service Provider) ou FAH (Fournisseurs d'applications hébergées) ou On demand.

 

A l'heure actuelle, il existe déjà différentes offres  qui s'adressent  à certains segments de marché et intéressent les entreprises : l'IaaS est par exemple représenté par la plateforme d'Amazon EC2, le SaaS par Salesforce.com, mais aussi des services qui n'intéressent pas encore en masse  les entreprises mais devraient se développer à terme comme les  applications génériques (messagerie type Gmail ou Exchange, bureautique type GoogleApps ou Office Live Web...). Demain, des services d'intermédiation (sociétés de service spécialisées dans la mise à disposition - avec  valeur ajoutée - des services du Cloud computing) devraient voir le jour.

 

Des freins à lever

 

Pour les entreprises, les freins actuels au développement du cloud computing  sont nombreux et liés aux interrogations des clients potentiels : disponibilité et qualité du service,  sécurité et confidentialité, propriété des données, intégration avec les systèmes internes à l'entreprise,  licensing et coûts réels, etc. Au-delà, d'autres problèmes subsistent, qui devront être résolus  à terme :  la synchronisation des données conservées à l'extérieur et à l'intérieur de l'entreprise,  la prise en compte de  réglementations propres à certains pays,  la procédure en cas de disparition du fournisseur, le niveau de portabilité des solutions (capacité de passer d'un fournisseur à un autre). Le point bloquant et majeur étant à l'évidence à l'heure actuelle  le niveau de confiance attribué au  fournisseur de cloud computing.

 

Pour pallier au moins temporairement à cet inconvénient, la notion de cloud  privé est apparue. Le cloud privé a toutes les caractéristiques d'un cloud public mais est dédié à  l'entreprise. Le cloud privé présente en particulier des caractéristiques de meilleur contrôle et de meilleure sécurité.

De toutes façons, à terme, il semble bien que les entreprises privilégieront un mix des deux solutions de cloud  public et privé sous le vocable de cloud hybride.

 

Dans ce contexte, et compte tenu de l'offre déjà existante, les entreprises peuvent dès aujourd'hui intégrer les solutions de cloud computing  dans leurs stratégies et ce dans plusieurs domaines d'usage : le support du prototypage d'applications et de progiciels, la mise en œuvre d'applications sur le Web, la messagerie et la collaboration,  le développement et le test de systèmes avant leur déploiement, et enfin bien sûr dans le cas d'applications de type SaaS.

 

Il  restera à définir clairement et complètement  le  contrat entre l'entreprise et le fournisseur, qui pourra largement s'inspirer de l'Infogérance mais devra  préciser en particulier le protocole d'élasticité de l'offre, c'est-à-dire comment la consommation de ressources est comptabilisée et sur quelles bases réelles elle est facturée.

 

Un marché encore très morcelé

 

L'arrivée à maturité de ce marché devrait passer par de profondes réorganisations, en particulier  dans les services , domaine dans lequel des opportunités apparaitront, comme l'intermédiation. Cette activité consistera   soit à fournir des prestations complémentaires qui font défaut chez  les fournisseurs de cloud computing  retenus (authentification, habilitation,  sécurité, règles d'usage...),  soit à consolider plusieurs services de fournisseurs différents,  à assurer des services d'intégration des données, de fédération d'identité, d'intermédiation, et à  leur adjoindre également les mêmes  services complémentaires que ci-dessus.

 

La situation actuelle du marché du cloud computing reste très embryonnaire, morcelée et marquée par le SaaS, même si les grandes manœuvres ont commencé (l'accord récent entre EMC, Cisco et VMware en est un parfait exemple).   Les logiciels classiques implantés en entreprise représentent encore un volume d'investissement treize fois plus important que le SaaS, et la seule offre de CRM de Salesforce.com représente 14,6 % de la dépense  globale en SaaS des entreprises (Source : Gartner).

 

A moyen terme, les enjeux sont considerables a la fois pour les fournisseurs de plateformes, a savoir serveurs, reseaux et OS, en particulier de virtualisation, et aussi bien sur pour les editeurs de logiciels qui devront publier leurs progiciels sous de nouvelles formes de mise  a disposition. L'affrontement sur ce terrain entre Google et Microsoft s'annonce terrible car il impacte a la fois les secteurs des reseaux sociaux (Spaces, accord Facebook vs Blogger, Orkut), des moteurs de recherche (et donc de la publicite), de la messagerie (Gmail vs Exchange), de la collaboration et des portails (Sharepoint vs Wave), des plateformes de developpement (Google App Engine vs Azure) , de la bureautique (Google Apps vs Office) et de la telephonie mobile (Windows Phone vs Android) 

 

Le marché du cloud Computing a encore du chemin à parcourir afin d'atteindre un niveau de maturité suffisant. Comme le soulignait au cours de son interview Alan Matula, CIO de Shell International , interrogé sur sa position face au Cloud Computing : « Pour l'instant les fournisseurs ne nous parlent que de technologie, nous verrons lorsqu'ils nous décrirons les business cases ».

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