Etude Forrester
Le marché de l’ERP dans l’attente du rebond
Avec un chiffre d'affaires d'environ 39 milliards de dollars en 2009, le marché de l'ERP a été assez largement touché par la crise avec une baisse de 11 % liée principalement à la diminution des ventes de licences et de services. Dans cette période de turbulence, le marché est placé sous le signe de la spécialisation, de la consolidation, de la mondialisation et de l'innovation.
Certes les analystes prévoient une reprise en 2010 mais il faudra attendre 2011pour que le marché mondial retrouve son niveau de 2008. Le cabinet Forrester prévoit une croissance globale annuelle moyenne de 2,7 % entre 2008 et 2013 mais avec une évolution très différenciée pour les 3 catégories de revenus : licences, maintenance, services. Alors que les ventes de licences et de services seront en 2013 au même niveau qu'en 2008, les revenus provenant de la maintenance augmenteront de près de 6 % apportant la bouffée d'oxygène nécessaire aux éditeurs.
Cette évolution se fera de manière « naturelle » ou quelque peu forcée. On se souvient en particulier de l'initiative de SAP qui avait décidé de manière unilatérale et un peu à la hâte de passer son taux de maintenance annuel de 17 à 22 % du prix de la licence. Face à une levée de bouclier des associations d'utilisateur SAP (SUGEN), l'éditeur allemand a du composer et trouver un compromis.
Cette évolution différenciée impliquera donc que les éditeurs seront plus des revenus de maintenance en 2013, la part dans le chiffre d'affaires global de cette source de revenus passera de 43 à 50 %. Le cabinet Forrester ne considère pas cette évolution comme négative à la condition que les éditeurs atteignent de renouvellement des contrats de 95%. Les revenus de la maintenance présentent l'avantage d'être prévisible et d'offrir des taux de marges élevés.

Le marché de l'ERP est largement concentré et placé sous la forte domination des deux leaders : SAP (17 mds $) et Oracle (7,8 mds $). Trois autres éditeurs seulement dépassent le milliard de dollars de chiffre d'affaires : Sage (2,4 mds $), Infor (2,0 mds $) et Microsoft (1,1 mds $). Pour le cabinet Forrester, quatre facteurs façonnent l'évolution du marché : consolidation, spécialisation par industrie, innovation et émergence du modèle SaaS.
Un des effets de la crise a été de déprécier significativement la capitalisation boursière de l'ensemble des éditeurs fragilisant certains. Forrester classe les acteurs en deux catégories. D'un côté, les acquéreurs potentiels au rang desquels figurent les 5 premiers éditeurs du marché, les sociétés d'investissement et IBM. Mentionner IBM dans cette catégorie est assez surprenant dans la mesure où IBM répète à l'envi qu'il n'entend pas entrer dans le monde applicatif. Jusqu'au jour où ? Car pour Forrester cela n'est pas inconcevable car une telle initiative serait motivée par les revenus en services générés par une telle opération. De l'autre, les cibles potentielles regroupent tous les autres éditeurs.
Les autres motivations pour le rachat sont connues et ne sont pas nouvelles : doper un chiffre d'affaires dont la croissance ralentit, éliminer des concurrents (par exemple Oracle et Peoplesoft), prendre pied sur de nouveaux segments de marché (catégories d'entreprises, zones géographiques, industries...), acquérir de nouvelles technologies.
Un marché sous influence de 4 facteurs
La spécialisation par industrie n'est pas nouvelle, mais se poursuit sans cesse avec la prise en compte de besoins nouveaux. Oracle et SAP proposent des solutions pour une vingtaine d'industries différentes. Chez nombre d'éditeurs de taille intermédiaire, une spécialisation encore plus poussée leur permet de se positionner par rapport aux deux leaders. Lawson par exemple est particulièrement bien implanté dans les secteurs de la santé, de l'agroalimentaire et de la mode. Enfin, il y a des spécialistes par nature : Qad dans l'industrie manufacturière ou IBS dans la distribution.
L'innovation technologique constitue le fondement du développement logiciel. Mais pour Foorester nous abordons un nouveau particulièrement riche : profils d'utilisateurs très détaillés, prise en compte plus flexible des processus, intégration des fonctions de BI (le rachat de BO par SAP a été l'exemple le plus significatif), interfaces client riches intégrant les outils traditionnels (exemple de l'accord SAP/Microsoft autour de Duet, mais aussi au sein même des produits Microsoft qui est présent sur les deux terrains) et intégration des technologies Web 2.0.
Le dernier facteur qui touche tout le logiciel concerne la montée en puissance du mode SaaS (Software as a Service). Selon Forrester, tous les éditeurs ont une stratégie SaaS, il est vrai plus ou moins avancée. Les données qui remontent du terrain semblent indiquer que les freins traditionnels au déploiement du SaaS (Sécurité, TCO et intégration) sont moins importants aujourd'hui. Toutefois les solutions ERP en mode SaaS ne sont pas encore très nombreuses par comparaison à des domaines comme le CRM ou les RH. Parmi les pure players de l'ERp en mode SaaS, Forrester mentionne NetSuite, Intacct et Workday.
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le 19/03/2010 à 12:29