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Dossier Gartner (Dernière partie) Quelle place pour la DSI
au comité de Direction de l’entreprise ?
Les éléments de la décision

jeudi 7 janvier 2010

20100107_20Après une première partie sur le constat et la présentation de l'environnement, une deuxième partie qui précise les facteurs à prendre en compte pour une intégration de la DSI au Comité de direction, et une troisième partie qui présentait des exemples d'entreprises, le dernier volet de ce dossier propose une troisième exemple d'entreprise et les éléments pour prendre la décision.

 

 

Compagnie d'énergie multinationale avec des opérations au niveau national

 

Cette compagnie d'énergie internationale aux revenus de 120 milliards de dollars possède des opérations dans plus de 40 pays et est spécialisée dans la fourniture d'électricité et de gaz pour les clients professionnels et particuliers. La compagnie opère sur des marchés régulés et non régulés extrêmement concurrentiels. Ses opérations et ses initiatives de marché sont généralement gérées au niveau national ; la plupart du pouvoir de prise de décisions revient aux directeurs généraux nationaux et régionaux.

 

Bien que le budget informatique ne représente qu'une petite fraction des revenus totaux en comparaison avec les revenus de l'énergie, l'informatique est essentielle pour ses activités actuelles de facturation, contrôle opérationnel et positionnement sur le marché. L'informatique se rapprochera encore plus du cœur de l'entreprise avec le développement de nouveaux quotas et réglementations liés au commerce du carbone et avec l'intégration de l'informatique traditionnelle et des technologies opérationnelles (contrôle d'ingénierie). Il s'agit d'une entreprise fortement centrée sur les processus et les informations. Il y a un DSI d'entreprise, débauché chez un grand prestataire de services informatiques, responsable d'une grande organisation d'infrastructure informatique de services partagés et rattaché au directeur financier de l'entreprise.

 

20100107_21

 

La plupart des unités opérationnelles nationales ont leur propre DSI, lesquels sont chargés des développements, de la planification stratégique et de la gestion des informations et des processus métiers au niveau national.

 

Les DSI nationaux sont rattachés aux directeurs généraux nationaux, avec un lien hiérarchique indirect au DSI d'entreprise. Bon nombre d'entre eux étaient auparavant responsables de l'ingénierie ou du marketing dans cette même entreprise ou une autre compagnie d'énergie. L'argument pour une participation au CoDir est différent pour le DSI d'entreprise et pour les DSI nationaux.

 

Le tableau 4 montre les notes du comité de direction pour le DSI d'entreprise de cette compagnie d'énergie. L'importance opérationnelle de l'informatique, le risque opérationnel géré par le DSI d'entreprise et les qualités personnelles du DSI obtiennent tous des notes élevées. Toutefois, comme le rôle du DSI d'entreprise est essentiellement de gérer un prestataire de services d'infrastructure interne (l'organisation informatique centrale de

services partagés) et comme le véritable pouvoir au sein de l'entreprise est détenu au niveau national, et non central, les autres facteurs obtiennent des notes basses. La note totale de 13 s'inscrit dans la catégorie « Refus probable » du tableau 1. L'informatique sera représentée au CoDir international par le directeur financier, avec des réunions organisées tous les quelques mois où le DSI d'entreprise sera expressément invité pour discuter des plans d'investissement dans l'infrastructure et des performances des opérations informatiques au niveau international.

 

 

Le tableau 5 montre les notes du comité de direction pour un DSI national de cette compagnie d'énergie. Le seul facteur qui obtient une note inférieure à 3 est le pourcentage du budget ; cela s'explique par le fait que les revenus issus de l'énergie dans cette compagnie représentent un pourcentage très élevé du tout. L'importance opérationnelle et stratégique, ainsi que les risques gérés et la direction des programmes de transformation obtiennent tous la note maximale. La plupart des autres dirigeants de l'entreprise sont suffisamment familiarisés avec l'informatique pour ne pas se sentir menacés par le sujet au comité de direction ; en conséquence, ce facteur obtient une note de 3.

 

Les antécédents et perspectives professionnels des DSI nationaux leur permettent de bénéficier d'une grande crédibilité auprès des autres membres du CoDir, d'où la note de 4. La note totale de 25 s'inscrit dans la catégorie « Approbation totale » du tableau 1. Les DSI nationaux doivent être membres à part entière du comité de direction dans leurs unités opérationnelles nationales. Leur rôle en tant que responsables de la transformation et leur point de vue étendu englobant les questions technologiques et métiers signifient que bon nombre d'entre eux feront partie du noyau interne tacite qui existe, de manière inexprimée, au sein du CoDir de la plupart des entreprises.

 

 

 

 

 

 

 

 

Décider si le DSI doit être membre du comité de direction

 

Le choix final déterminant la participation ou non du DSI au CoDir ne peut pas reposer uniquement sur un simple mécanisme de notation. L'importance relative de chacun des éléments varie dans le contexte de chaque entreprise. Il existe un seuil d'acceptabilité dans chaque facteur. Les autres membres doivent avoir l'assurance qu'ils peuvent faire confiance au DSI dans un large éventail de situations. Si l'informatique a un impact direct sur

l'entreprise en externe, et si le DSI exerce un contrôle direct dessus (par exemple, sur un produit ou une fonctionnalité de produit, un canal de distribution ou un différenciateur

concurrentiel clé), vous devez rechercher les raisons pour lesquelles le DSI ne devrait pas faire partie de l'équipe de direction. Ces DSI doivent être des dirigeants d'entreprise d'abord

et des leaders technologiques ensuite.

 

Si toutefois le DSI est considéré comme un responsable "opérationnel", son admissibilité au CoDir sera jugée sur son aptitude personnelle à contribuer en tant que dirigeant d'entreprise. Dans l'un ou l'autre cas, le facteur déterminant n'est pas le rôle du DSI ou

une combinaison de notes, mais l'aptitude de la personne à contribuer en tant que dirigeant d'entreprise confirmé. Au final, il est peu probable qu'une combinaison de facteurs de notation, quelle qu'elle soit, compensera les effets négatifs de l'incapacité à agir en

tant que dirigeant d'entreprise confirmé.

 

L'histoire ne s'arrête pas forcément là, même lorsqu'un DSI parvient à être membre du comité de direction. Généralement, il existe deux divisions distinctes mais souvent inexprimées et une hiérarchie tacite de fait au sein du CoDir. Tout d'abord, il y a les dirigeants opérationnels. Ils incluent les responsables d'unité opérationnelle et

les directeurs des secteurs fonctionnels clés (par exemple, le directeur marketing) ayant une responsabilité directe dans les performances de l'entreprise. Ensuite, il y a les dirigeants

dans le domaine du support ou du conseil. Ils incluent l'avocat-conseil, le directeur des ressources humaines et le directeur financier.

 

Traditionnellement, les DSI qui se sont battus pour obtenir une position de conseil/support n'ont remporté qu'un succès mitigé. Plusieurs contre-arguments s'appliquent en la matière :

quelle importance a l'informatique pour l'entreprise ? Le DSI peut-il apporter une contribution à la direction de l'entreprise ? De qui le DSI dépend-il hiérarchiquement ? Le style personnel du DSI et l'impact de l'informatique combinés sont généralement les facteurs décisifs pour déterminer où le DSI se situe dans la hiérarchie tacite.

 

Du point de vue du DSI, l'obtention de la participation au comité de direction n'est pas seulement le résultat du développement personnel (même s'il s'agit d'un facteur important). Le rôle de l'informatique dans l'entreprise doit être approprié pour justifier une participation

au CoDir. Même s'il est approprié, d'autres facteurs (dont les attitudes, personnalités et alliances politiques des membres existants du CoDir) sont importants. En d'autres termes, sauf si ces facteurs sont favorables, le développement personnel, quelle qu'en soit l'ampleur, ne suffira pas à faire siéger le DSI au comité de direction. Du point de vue de l'entreprise, la participation du DSI au CoDir n'est pas simplement liée au rôle du DSI et au rôle de l'informatique, bien qu'il s'agisse de facteurs importants.

Au final, la décision nécessite un bon jugement et un bon leadership, encadrés par les facteurs mis en avant dans cet article.

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