Virtualization Forum 2010
La bataille des coalitions du Cloud computing
Publié le 4 février 2010
Fort de ses 170 000 clients dont 6500 en France et de la grande majorité des applications virtualisées, VMWare se présente comme le leader de la virtualisation, une technologie désormais généralisée à l’ensemble des composants du data center qui permet aux DSI de penser l’évolution vers le cloud computing, la vague informatique des années à venir autour de laquelle se forment plusieurs coalitions : VMware / Cisco / EMC, HP et Microsoft, Oracle qui a racheté Sun et enfin IBM qui pour l’instant fait cavalier seul. Par Guy Hervier.
« VMWare n’a pas inventé la technologie de virtualisation, mais nous avons développé cette technologie dans l’environnement x86 et y travaillons depuis 12 ans », rappelait Stéphane Arnaudo, Directeur commercial partenaires chez VMWare à l’occasion du Virtualization Forum 2010 qui s’est tenu hier à Paris. Sur les 6500 clients dont l’éditeur fait état sur l’Hexagone, on trouve toutes les entreprises du CAC40 dont Orange Business Services (OBS), premier utilisateur des technologies VMware en Europe, mais aussi des administrations et des PME. OBS a procédé à la virtualisation de ses propres serveurs dans le cadre du projet EcoCenter en s’appuyant sur VMWare et a annoncé en décembre dernier son entrée en tant qu’opérateur de services avec son offre Flexible Computing également basée sur les technologies VMware.
Pour VMWare, la virtualisation est la composante de base qui permet aux entreprises d’évoluer vers le cloud computing. Il se trouve d’ailleurs que ce sont les sujets qui se classent en première et deuxième place des priorités 2010 selon les 1600 DSI interrogés par le Gartner (Les priorités des DSI pour 2010 selon le Gartner).
En 2009, VMWare a franchi des étapes décisives dans la déclinaison de sa stratégie du cloud computing. D’abord l’annonce de vSphere 4 (VMware lance un système d’exploitation pour le Cloud) marquait une évolution majeure par rapport aux versions précédentes conduisant l’éditeur à baptiser cette nouvelle brique de « mainframe logiciel ». vSphere regroupe différentes couches : vCompute pour la virtualisation des serveurs, vStorage au niveau du stockage et vNetwork à celui du réseau. Désormais, la virtualisation s’étend à toutes les composantes du data center et même au poste de travail.
Cloud à tous les étages
VMWare s’inscrit dans une initiative plus large vCloud qui s’appuie sur la couche d’administration vSphere vCenter et l’API vCloud « permettant d’exploiter la plus vaste gamme de systèmes d’exploitation et d’applications du monde la virtualisation ». Toujours dans le cadre de cette initiative, VMware a mis en place le programme VMWare Virtualized qui constitue une certification garantissant que le déploiement de vSphere respecte les standards et permet ainsi de passer d’un cloud privé à un cloud public. Ce niveau de portabilité sera atteint grâce à vApp qui s'appuie sur le standard OVF (Open Virtualization Format) qui spécifie tous les éléments d'une machine virtuelle. OVF regroupe la machine virtuelle elle-même et les règles de description qui vont avec facilitant ainsi la migration d’une application d’un cloud vers un autre.

VMware a complété son édifice en rachetant SpringSource, éditeur du Framework Java le plus répandu, et Zimbra, éditeur d’une solution de messagerie et d’une plate-forme collaborative. VMWare a ouvert une API qui a permis d’accueillir d’autres outils de développement tel que Ruby on Rails, Python, .Net et PHP.
Enfin, il y a quelques semaines, VMWare dévoilait son alliance avec le champion des réseaux Cisco et celui du stockage EMC avec le leader VMware aboutissant à création de la Virtual Computing Environment Coalition (VCE) (Cisco, EMC et VMware s’allient autour du Cloud Computing) destinée à favoriser et accélérer la transition vers des infrastructures de Cloud Computing.
Parallèlement à la coalition VCE, les trois partenaires ont créé Acadia, une joint-venture dont le capital n'a pas été révélé et auquel a participé Intel. Cette structure qui devait héberger quelque 130 personnes d'ici la fin de l'année dernière a pour vocation d'accélérer l'évolution vers le Cloud Computing.
Constitution de grandes coalitions
Avec ces briques développées en interne ou acquises par le biais de rachat, VMWare se présente comme un fournisseur de briques technologiques permettant de mettre en œuvre les trois niveaux de déclinaison du cloud computing : l’infrastructure as a Service (IaaS), PaaS et SaaS.

Les entreprises vont d’abord se lancer dans des projets de Cloud privé, avant d’externaliser certaines applications dans des clouds publics et enfin de gérer des clouds hybrides combinant de manière transparente différents clouds et autorisant le transfert des applications d’un cloud vers un autre. Il sera également possible de « voir » une application installé sur un cloud externe comme si elle était présente sur un cloud interne. Ces objectifs s’inscrit dans le projet Redwood en cours de développement et dont des premiers résultats devraient être atteint cette année.
Face aux enjeux que constituent le cloud computing que certaines analystes perçoivent comme la nouvelle vague technologique après celle des mainframes, des PC, et de l’Internet, les acteurs du secteur IT s’organisent et créent de nouvelles alliances pour proposer une offre complète. Face à la VCE qui regroupe Cisco, EMC et VMware, on trouve le clan HP / Microsoft qui vient de faire une annonce récente concernant la poursuite de leur collaboration au niveau de la virtualisation et de l’administration, Oracle qui vient de finaliser l’acquisition de Sun et présenter sa Roadmap avec des systèmes fortement intégrées (Oracle + Sun = retour vers le modèle intégré) et enfin IBM qui, pour l’instant joue cavalier seul.
Ces grands ensembles seront donc à même de proposer des solutions intégrées tout en continuant à proposer des produits à la carte pour les DSI qui souhaitent garder la maîtrise de l’intégration des différents composants. L’industrie devrait se positionner autour de ces quelques coalitions dont la constitution est loin d’être terminée.