La voix sur Wi-FI : oui, sous certaines conditions

Publié le 01 November 2005

par Bart Tillmans, Directeur marketing EMEA, Trapeze Networks

Suivant les traces des PDA et du Wi-Fi, la voix sur Wi-Fi est la dernière technologie à passer du grand public au domaine professionnel. Incarnée par l’apparition de fournisseurs comme Skype, qui promettent de diminuer le coût des appels à longue distance en utilisant le VoIP (voice over Internet protocol), la voix sur Wi-Fi va encore plus loin en proposant ce service, via les réseaux Wi-Fi.

La VoWiFi peut être un bon choix pour certaines entreprises, sous réserve de se poser préalablement quelques questions essentielles.


1. Votre infrastructure câblée est-elle assez récente pour gérer la voix sur WiFi ?
La question peut paraître surprenante alors qu’il s’agit de faire passer la voix sur un réseau sans fil… Mais ce serait oublier que tout réseau sans fil doit, tôt ou tard, passer par un réseau câblé, lequel doit pouvoir gérer à la fois les trafics voix et données. Il faut donc s’assurer que l’infrastructure est équipée au moins jusqu’en couche 3. Les routeurs et (maintenant) les commutateurs de couche 3 assurent la qualité de service et le niveau de sécurité requis pour les communications vocales.

2. Votre réseau Wi-Fi pourra-t-il transporter le trafic vocal ?
Les réseaux Wi-Fi ont progressé et sont maintenant capables de transporter les données dans une entreprise. Les problèmes de performance, QoS et sécurité rencontrés lors du transfert à l’entreprise de cette technologie grand public ont été résolus pour la plupart. Cependant, le trafic de type Skype impose des contraintes en matière de QoS et de priorités de flux, pour éviter les délais qui rendraient impossible une conversation vocale.

Il faut donc vous assurer que les clients et points d’accès Wi-Fi utilisent la version 802.11e (WMM) du protocole, qui offre la QoS nécessaire pour que le trafic vocal soit compatible avec les réseaux câblés en place. Autre problème, celui du nomadisme entre points d’accès, pour un utilisateur qui se déplace (dans les limites du bureau). Le nomadisme rapide est géré par la version 802.11r du protocole, qui est en cours de ratification.

En général, il suffit d’une mise à jour du logiciel (une extension du protocole) pour que votre réseau Wi-Fi devienne compatible, mais il faut être certain que toute l’infrastructure est correctement adaptée, au niveau des points d’accès, des commutateurs, etc.

3. Quels seront les combinés utilisés ?
Une première possibilité est d’utiliser des « téléphones logiciels » SIP (Session Initiation Protocol). Il s’agit d’un protocole standard pour initialiser une session interactive qui utilise des éléments multimédia comme la vidéo, la voix, le chat, les jeux ou la réalité virtuelle. L’avantage des téléphones SIP est de s’intégrer à de nombreux systèmes informatiques (PC, portables, PDA, etc.), simplement en téléchargeant un logiciel depuis les éditeurs tels que Skype, Yahoo, Google et autres.

L’inconvénient de cette approche tient à ce que ces systèmes ne sont généralement pas conçus pour tenir une conversation (comme c’est le cas pour téléphone standard). Et l’administrateur risque de ne pas voir d’un bon œil l’installation sur le réseau d’une solution souvent considérée comme une application grand public et non sécurisée (voir le point 4 ci-dessous).

La deuxième option est de choisir des combinés téléphoniques, auprès de constructeurs traditionnels comme Nokia ou Motorola, voire auprès d’opérateurs VoIP. L’avantage est d’être indépendant de l’opérateur et de proposer d’autres fonctions que le Wi-Fi, par exemple le GSM.

4. N’oubliez pas votre administrateur réseau !
Formé à la gestion des données, l’administrateur réseau ne fait généralement pas confiance à la voix. Les réseaux de données n’ont pas été conçus pour le trafic vocal, avec ses exigences en matière de QoS. Et ce n’est pas parce que, maintenant, ils peuvent transporter ce trafic, que le VoIP est la solution idéale.

Il convient donc d’impliquer l’administrateur réseau très tôt dans le processus de décision, avant de passer à la solution. Il est clair que son souci principal va être l’impact du trafic vocal sur le trafic actuel de données. Il vous faut donc soutenir et former l’administrateur. La gestion du trafic vocal, en termes d’équilibrage de charge, de priorités et d’optimisation (des coûts et du trafic) s’appuie sur les mêmes bases que la gestion des données, mais avec certaines nuances.

Il faut aussi dépoussiérer certains mythes. Contrairement à la croyance générale, les applications vocales ne consomment pas énormément de bande passante, par conception. Elles ne vont donc pas compromettre le trafic de données qui utilise le même réseau. Par exemple, le trafic de certaines solutions dépendent plus de la QoS et des priorités que de la bande passante.

5. Faudra-t-il plus de points d’accès Wi-Fi pour ajouter la solution au trafic de données ?
En général, nous conseillons d’augmenter la densité des points d’accès Wi-Fi, afin de passer de 25 utilisateurs par point d’accès (pour un trafic données seul) à 10 utilisateurs (voix plus données).

En outre, toute notre infrastructure Wi-Fi est double-bande, et peut donc gérer les réseaux simultanément sur deux bandes, ce qui est très utile pour transporter à la fois la voix et les données.

En pratique, nous conseillons de réserver les fréquences B/G aux données, et d’utiliser la gamme A (fréquences supérieures) pour le trafic vocal. Outre que cette configuration simplifie la gestion du trafic, elle facilite la traversée des murs et des constructions, ce qui améliore la QoS pour le trafic vocal.

5. Surveillez votre opérateur !
Un avantage immédiat du VoWiFi, surtout pour les groupes de salariés mobiles, est de réduire considérablement la facture des appels à longue distance. Au lieu de passer par le réseau GSM ou GPRS, avec le tarif correspondant, l’utilisateur ne paie que l’accès à la zone Wi-Fi la plus proche !

Cependant, les opérateurs mobiles vont remarquer la baisse de revenus occasionnée par la VoWiFi et vont réagir. Ils peuvent contrôler l’accès aux ports du réseau de l’entreprise, et agiront certainement en cas de changement subit, comme une baisse très importante du trafic. Ils peuvent réviser leurs tarifs pour gérer les appels longue distance faits par Skype et passant par leurs ports, ou même bloquer systématiquement les ports utilisés pour transporter un trafic vocal non autorisé.

À terme, les réglementations finiront par s’intéresser au problème, mais je conseillerais aux grands utilisateurs de VoWiFi d’étudier avec soin leurs contrats de téléphonie.

6. Qu’en est-il des utilisateurs extérieurs à l’entreprise ?
Le trafic VoWiFi peut être autorisé et géré sur un réseau IP de la même façon que les données. Par exemple, l’approche de certaines fournisseurs est d’attribuer à chaque utilisateur une adresse IP VLAN distincte, associée à des droits d’accès spécifiques, qui incluent typiquement le Web et des parties définies du réseau de l’entreprise.

Pour ajouter la voix, il suffit d’inclure (ou de retirer) une autre option à ces droits. Pour l’administrateur, la voix est ainsi gérée exactement comme tout autre droit d’accès par profil.

7. Votre système de téléphonie actuel est-il réellement déficient ?
Dans le monde, on compte actuellement plus de 300 millions de déploiements de téléphonie numérique sans fil (DECT). Cette technologie s’appuie sur le réseau classique de télécommunications publiques, et relie les téléphones mobiles aux systèmes PABX par des liaisons radio. Avec une telle base installée, la décision de migrer au VoWiFi doit être considérée avec le plus grand soin.

Pour le moment, le VoWiFi ne convient réellement qu’aux PME, disons jusqu’à 500 utilisateurs, pour les raisons suivantes :
- Le Retour sur Investissement - Etant donnée l’infrastructure déjà en place pour les systèmes DECT, qui fonctionnent tout aussi bien en termes de mobilité (même s’ils demandent un réseau séparé pour le trafic des données), il n’est pas forcément économique pour les grande entreprises de la remplacer pour passer au VoWiFi, malgré le coût des appels à longue distance.

- La position des opérateurs - Une PME pourra basculer sur le Wi-Fi son trafic vocal, avec une relative « impunité », mais je doute que les opérateurs restent sans réaction face à la perte de revenus entraînée par la migration des grandes entreprises. Je suis certain qu’ils réagiront pour récupérer ces revenus, par exemple par de nouvelles stratégies de facturation, ce qui réduira l’avantage financier pour l’entreprise.

8. Quels sont les avantages réels de la voix sur Wi-Fi ?
Outre le tarif inférieur, qui peut n’être que temporaire, l’avantage réel tient à la convergence des applications et des accès sur un même réseau (de données). Le domaine médical est un exemple typique, lorsqu’il s’agit d’accéder à des rapports, radiographies et dossiers du patient, mais aussi de consulter des collègues, de prendre des rendez-vous et, éventuellement, de recevoir des alertes en temps réel.

La convergence assure que ces informations sont accessibles aux personnes et au moment voulus. L’élargissement de cette convergence au réseau Wi-Fi apporte encore plus de souplesse car elle réduit l’infrastructure (surtout le câblage) et augmente la mobilité, sans compromettre la sécurité et l’intégrité des données. Dans un environnement hospitalier, par exemple, ces caractéristiques représentent un avantage majeur.

Rappel sur les différentes normes IEEE 802.11

Norme

Nom

Description

802.11a

Wi-Fi 5

La norme 802.11a (baptisé Wi-Fi 5) permet d'obtenir un haut débit (54 Mbit/s théoriques, 30 Mbit/s réels).

802.11b

Wi-Fi

La norme 802.11b est la norme la plus répandue en base installée actuellement. Elle propose un débit théorique de 11 Mbit/s (6 Mbit/s réels) avec une portée pouvant aller jusqu'à 300 mètres dans un environnement dégagé.

802.11c

Pontage 802.11 vers 802.1d

La norme 802.11c n'a pas d'intérêt pour le grand public. Il s'agit uniquement d'une modification de la norme 802.1d afin de pouvoir établir un pont avec les trames 802.11 (niveau liaison de données).

802.11d

Internationalisation

La norme 802.11d est un supplément à la norme 802.11 dont le but est de permettre une utilisation internationale des réseaux locaux 802.11.

802.11e

Amélioration de la qualité de service

Cette norme a pour but de définir les besoins des différents paquets en terme de bande passante et de délai de transmission de telle manière à permettre notamment une meilleure transmission de la voix et de la vidéo.

802.11f

Itinérance (roaming)

La norme 802.11f propose le protocole Inter-Access point roaming protocol permettant à un utilisateur itinérant de changer de point d'accès de façon transparente lors d'un déplacement. Cette possibilité est appelée itinérance (ou roaming en anglais)

802.11g

La norme 802.11g est la plus répandue dans le commerce actuellement. Elle offre un haut débit (54 Mbit/s théoriques, 26 Mbit/s réels) sur la bande de fréquences des 2,4 GHz. La norme 802.11g a une compatibilité descendante avec la norme 802.11b, ce qui signifie que des matériels conformes à la norme 802.11g peuvent fonctionner en 802.11b.

802.11h

La norme 802.11h vise à rapprocher la norme 802.11 du standard Européen (HiperLAN 2, d'où le h de 802.11h) et être en conformité avec la réglementation européenne en matière de fréquences et d'économie d'énergie.

802.11i

La norme 802.11i a pour but d'améliorer la sécurité des transmissions (gestion et distribution des clés, chiffrement et authentification). Cette norme s'appuie sur l'AES (Advanced Encryption Standard).

802.11IR

La norme 802.11IR a été élaborée de manière à utiliser des signaux infra-rouges. Cette norme est désormais dépassée techniquement.

802.11j

La norme 802.11j est à la réglementation japonaise ce que le 802.11h est à la réglementation européenne.

802.11n

WWiSE (World-Wide Spectrum Efficiency) ou TGn Sync

La norme 802.11n est attendue pour avril 2007. Le débit théorique atteint les 540 Mbit/s (débit réel de 100 Mbit/s dans un rayon de 90 mètres) grâce aux technologies MIMO (multiple-input multiple-output) et OFDM (Orthogonal Frequency Division Multiplexing).


[source Wikipedia]

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À propos de Trapeze Networks Trapeze Networks fournit des solutions sécurisées (WLAN Mobility System) d’accès aux applications et services depuis les terminaux mobiles. Trapeze a annoncé en août 2004 un partenariat avec 3Com, et en mars 2005 avec D-Link et Nortel. Fondée en mars 2002 et basée à Pleasanton en Californie, Trapeze a levé à ce jour 50 millions de dollars en capital-risque.

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