DADVSI : Ne fallait-il pas commencer par demander leur avis aux consommateurs ?

Publié le 27 December 2005

PDG de MOK, inventeur des premières bornes de téléchargement de musique numérique pour les lieux publics (magasins multimédias, grandes surfaces), Jean Stellittano explique pourquoi la loi DAVSI est non seulement une mauvaise solution à un faux problème, mais un retour en arrière qui constitue une menace pour l’emploi dans le secteur du disque (vente et industrie) et pour la création musicale en France.

Les systèmes légaux d’achat de musique en ligne sont difficiles à utiliser et ne correspondent pas au mode de consommation des amateurs de musique.

- les systèmes de protection contre la copie (DRM) changent d’un constructeur à l’autre et ne sont pas compatibles avec tous les baladeurs MP3 du marché

- l’acte d’achat est contraignant, notamment en raison de l’obligation de paiement par carte bancaire, qui écarte d’emblée les consommateurs les plus jeunes

- les maisons de disques ont trop longtemps joué de leurs droits d’exclusivités sur leurs artistes, freinant la constitution de catalogues correspondant réellement aux attentes du public.

Le forfait de téléchargement illimité conduit à une impasse

- noyé dans le coût de l’abonnement à internet, il fait perdre aux consommateurs, notamment les plus jeunes, la notion de valeur de la création musicale.

- cette licence globale sacrifie un marché pour en protéger un autre. La loi revient à légitimer la position des FAI, mais au détriment de la filière musicale française (artistes et industriels de la fabrication tels que MPO).

Il était pourtant possible de faire autrement

- d’après un sondage réalisé par MOK, 90% des 300 personnes interrogées déclarent avoir téléchargé de la musique sur un site de P2P, mais seulement 7% ont déjà utilisé un site légal d’achat de musique en ligne. Principal obstacle cité, la difficulté d’usage.

- 74% des personnes interrogées acceptent de payer pour acquérir de la musique numérique mais dans un lieu public, pourvu que l’achat soit simple et immédiat. C’est en partant de ce constat que MOK a conçu une borne de téléchargement aujourd’hui installée au Mediastore du Palais des Congrès à Paris, et dans plusieurs grandes surfaces spécialisées.

Collaboration plutôt que concurrence

- la borne interactive de téléchargement de musique numérique préserve l’instantanéité de l’acte d’achat. Le morceau de musique peut être téléchargé sur une clé USB ou envoyé par email comme cadeau à un ami.

- l’achat à l’unité permet à l’artiste et à la maison de disque de profiter de l’essor de la musique numérique en toute transparence. Toutes (sauf EMI) proposent aujourd’hui leurs catalogues sur les bornes MOK (trois cent mille titres).

- ce mode de consommation n’entre pas en concurrence avec la filière économique de fabrication et de vente des disques. Comme la possibilité de pré-écoute, aujourd’hui généralisée dans tous les magasins de disques, cette solution fidélise les clients qui peuvent acheter selon leurs moyens.

- le risque associé au téléchargement illégal n’est plus contrebalancé par la difficulté d’acheter de la musique numérique légalement, facilitant ainsi la nécessaire régulation de l’espace internet.

A propos de M.O.K.

Entreprise française créée en 1984, Magic On Kiosk (M.O.K.) est spécialisée dans le secteur des Nouvelles Technologies de l’Information et de la Communication et notamment dans celui des bornes interactives. M.O.K. a lancé la première borne interactive de téléchargement légal de musiques, +2music.


Itrmanager
Copyright © 2007 ITRManager - All right reserved