Quaero, un des six grands projets d’innovation industrielle
Publié le 25 April 2006
Créée à partir des travaux de Jean-Louis Beffa, l’Agence de l’innovation industrielle (AII) vient de rendre publics les six grands projets qui ont été retenus. Le financement de cinq d'entre eux a été fixé et représente un budget de 600 millions d’euros, dont 236 M€ sont issus de l’AII sous forme de subventions et d’avances remboursables sur des périodes allant de 4 à 7 ans. Le projet franco-allemand Quaero, présenté comme un outil de recherche pour tous les contenus numériques, est doté de la plus grosse enveloppe : 250 millions d’euros dont 90 millions sont issus de l’AII. Au total, ces projets représentent près de 800 emplois de haut niveau, entre 4500 et 5000 emplois directs et 7000 emplois indirects induits. Une trentaine d’autres projets seront examinés d’ici à la fin de l’année dont le projet Iseult d’imagerie de très haute précision et Biophotonique, destiné à développer de nouveaux outils d’interaction avec la lumière.
Par Guy Hervier.
« Nous avons des atouts majeurs : nos chercheurs, nos ingénieurs, nos entrepreneurs, et donc notre capacité à innover, notre capacité à nous mobiliser,a déclaré hier Jacques Chirac lors de la présentation de ces six projets. Mais nous n'avons pas de temps à perdre : parmi les trente entreprises mondiales qui investissent le plus dans la recherche, on ne compte à ce jour qu'une seule entreprise française. La Chine aura demain un million de chercheurs : cinq fois plus que la France. Les Etats-Unis et le Japon sont engagés dans une course mondiale à la primauté dans le domaine des nouvelles technologies. »
Le plus gros budget pour Quaero
Parmi les six projets sélectionnés, le projet franco-allemand Quaero reçoit donc le financement le plus important : 250 millions d’euros dont 90 millions apportés par l’AII. Ce projet qui sera piloté par Thomson implique de nombreux participants, parmi lesquels France Télécom, ou Exalead, et nécessita donc une coordination très forte. Quaero, qui signifie « je cherche » en latin, ne devrait pas être un simple moteur de recherche, mais offrira de multiples applications, notamment :
- Portails multimédias
- Indexation et moteurs de recherche multimédias
- Télévision interactive et contenus à la demande
- Régies vidéo (studios, chaînes) et gestion des contenus
- Bases de connaissances issues de documents numérisés
Quaero sera basé sur le moteur de recherche d’Exalead, la société française créée en 2000. Il ne s’agit donc pas de création ex-nihilo et les travaux s’appuieront sur les développements déjà effectués notamment dans les technologies de compression, de traitement de la parole, de traduction automatique, de traitement d’images ou encore de gestion de fonds audiovisuels numériques. Le projet Quaero avait été lancé en novembre 2004 dans le cadre du partenariat franco-allemand.
Les aspects Recherche et Développement couvrent les domaines suivants :
- Nouveaux contenus numériques (radio, podcast, vidéo, mp3, photos…)
- Conversion automatique voix / texte
- Analyse et reconnaissance d’images fixes ou vidéo
- Diversité linguistique et traduction automatique
- Multi-modalités (voix, texte, image…)
- Contexte d’utilisation (terminal, lieu, temps, profil utilisateur…)
- Analyse sémantique des questions et des réponses
- Interfaces utilisateurs
- Architectures ouvertes et modulaires (et coopération)
- Création d’un corpus de contenus annotés
- Évaluations technologiques renforcées (« benchmarking »)
Les 5 autres projets
- TVMSL : télévision mobile sans limites
Ce projet va tenter de développer un standard européen permettant de recevoir des chaînes de télévision sur un téléphone mobile via une diffusion par satellite. D’autres chaînes devraient être accessibles avec la technologie de communication sans fil de troisième génération. Les premiers essais devraient commencer en 2008. La télévision sur mobile a déjà fait ses premiers pas, c’est un marché qui est estimé à environ 10 milliards d’euros pour la fin de la décennie.

- VHD: voiture hybride diesel-électrique Ce projet n’est pas officiellement accepté et doit encore être finalisé lors du prochain conseil de surveillance de l'AII le mois prochain. Il s’agit de fabriquer un moteur hybride combinant diesel/énergie électrique dont la consommation dépasserait à peine les 3 litres aux 100 kilomètres. Autre avantage important, les émissions de CO² sont largement réduites et ramenées à 90 grammes aux 100 km. Toyota est particulièrement en pointe dans ce domaine et fait état d’un beau succès avec son modèle Prius.
- BioHub : la « bio-raffinerie » Ce projet est destiné à développer la production de produits chimiques à partir de ressources agricoles. Une bio-raffinerie sera censé permettre de transformer 1,3 million de tonnes de céréales (blé et maïs notamment) chaque année. Cela permettrait de diminuer la consommation de pétrole ainsi que les émissions de gaz à effet de serre. Sont également inclus des nouveaux solvants et des nouveaux plastiques biodégradables. Le coût de la construction d’une bio-raffinerie est évalué à environ à 900 millions d'euros.
- Homes : la maison intelligente Ce projet vise à réduire la consommation d'énergie des bâtiments de 20% en mettant au point des dispositifs de gestion automatique de l'éclairage, du chauffage, de la ventilation et de la climatisation. Il pourrait être opérationnel au début de la prochaine décennie.
- NeoVal : le métro du futur Le Neoval concerne le développement d’une nouvelle génération de métro automatique sur pneus. Ces métros pourront accumuler l'énergie nécessaire dans les stations, supprimant ainsi les rails d'alimentation électrique et les caténaires entre les stations. Ce futur métro pourrait être opérationnel d’ici 5 ans.