Lettre ouverte à Steve Ballmer

Publié le 05 November 2007

Cher Steve,

Je me présente : François de Mandriva.

Je pense que nous sommes beaucoup trop petit pour que vous ayez, un jour,
entendu parler de nous. Souvenez-vous, nous sommes une de ces sociétés Linux
qui travaillent dur pour se faire une place sur le marché. Nous éditons une
distribution Linux, appelée Mandriva Linux. Mandriva Linux 2008, notre
dernière édition, a d'assez bonnes critiques et nous en sommes fiers. Vous
devriez l'essayer, je suis sûr que vous l'adoreriez. Nous sommes aussi l'une
des sociétés Linux qui n'a pas signé d'accord avec votre compagnie (personne
n'est parfait).

Nous avons récemment conclu un marché avec le gouvernement Nigérian.
Peut-être en avez-vous entendu parler ? Ils recherchaient une solution
logicielle et matérielle abordable pour leurs écoles. La commande initiale
était de 17,000 machines. Nous avions une bonne offre qui nous permettait de
répondre à leur besoin : le Classmate PC d'INTEL, fourni avec une version
adaptée de la solution Mandriva Linux. Nous avions présenté la solution au
gouvernement local, ils ont aimé la machine, ils ont aimé notre système, ils
ont aimé ce que nous leurs offrions, spécialement l'aspect ouvert et le fait
que nous pouvions l'adapter aux besoins de leur pays et même plus.

Puis, votre équipe s'est jointe à la partie et le marché devint plus
compétitif. Je ne peux faire de commentaires sur ce point mais certains
pourront le faire. Votre équipe s'est battue et se battra encore, mais le
client était satisfait du Classmate PC et de Mandriva.
Nous avons conclu le marché, nous avons compris la demande, nous avons
qualifié le système et nous l'avons intégré à la machine. Pour conclure,
nous avons fait notre travail. Et la machine est désormais livrable.

Maintenant, nous entendons une autre histoire de notre client : « nous
allons payer pour les logiciels Mandriva comme prévu dans nos accords, mais
ce dernier sera remplacé par Windows. »

Je suis impressionné, Steve ! Qu'avez-vous fait à ces personnes pour les
faire changer d'avis ? C'est clair pour moi, et ça le sera pour tous.
Comment appelez-vous ce que vous venez de faire ? Il y a plusieurs noms pour
cela, je suis sûr que vous les connaissez bien.

Bien entendu, je continuerai à me battre cette fois et la prochaine et
encore la prochaine. Vous avez l'argent, le pouvoir et peut être avons nous
des définitions différentes de l'éthique. Je reste persuadé que le travail,
les bonnes technologies et l'ethique peuvent aussi gagner.

Cordialement,

François

PS: message à nos amis du Nigéria : il n'est pas trop tard pour faire le bon
choix, vous aurez beaucoup de soutien pour cela et des services excellents !


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