50 ans de Silicon Valley
HP : un des pionniers de la SV et numéro un de l’informatique

Publié le 26 November 2007

20071126_04Par GH. Le fameux garage, c'est là où tout a commencé, en 1939. La société est officiellement créée le 1er janvier 1939 fondée par Bill Hewlett et Dave Packard, deux étudiants diplômés de Stanford, sous la raison sociale Hewlett-Packard, devenu depuis quelques années HP. A l'époque, on ne parle pas encore d'ordinateur ou d'informatique. Le premier produit d'HP sera l'HP 200A, un oscillateur audio. Walt Disney sera le premier client et utilisera cet équipement pour son fameux film Fantasia.

 

En 1948, HP dépasse pour la première fois le million de dollars de chiffre d'affaires. Le catalogue de l'époque comporte 39 produits. La firme basée à Palo Alto entre en bourse en 1957 et est cotée à 16 dollars l'action. Coté produit, elle introduit son premier oscilloscope.

 

 

Du point de l'organisation, HP entend imprimer une culture d'entreprise différente (Google s'en est-elle inspiré) ouvert et peu hiérarchique connu sous l'appellation de HP Way et qui, selon Yves de Talhouët, pdg de la filiale française, est  toujours vivante : « Bien sûr, cette culture n'est pas statique, mais je pense que la HP Way est toujours d'actualité. Au fil des ans, HP a développé une culture de performance et d'efficacité et cela n'empêche pas que l'entreprise a beaucoup de respect pour ses employés. Le maintien de cette efficacité demande une attention de tous les jours ». 

 

En 1959, HP s'aventure en dehors des frontières américaines et fait ses premiers pas en Europe en établissant une organisation marketing à Genève et une unité de fabrication à Boeblingen en Allemagne. Elle poursuivra cette expansion internationale en créant une joint-venture au Japon en 1963 baptisée Yokogawa Hewlett-Packard avec la société Yokogawa Electrics Works. Simultanément, elle fait son entrée dans le classement Fortune 500 des 500 premières entreprises américaines.

20071126_05

 

Tout en continuant son développement dans le domaine de l'instrumentation, elle entre sur un nouveau marché, celui de l'informatique en 1966 avec l'HP 2116A un équipement encore largement teinté par l'instrumentation et la mesure.

 

Elle poursuit cette incursion sur ce marché en introduisant en 1968 le premier calculateur scientifique de bureau : le HP9100A. Cet matériel enregistre des programmes sur des cartes magnétiques et permet aux scientifiques de faire des calculs complexes sans avoir à faire appel aux gros ordinateurs de l'époque. A la fin des années 60, HP entre sur le marché des minis avec un premier système doté d'un système d'exploitation en temps partagé et conçu pour supporter 16 utilisateurs.

 

Des calculatrices à la gestion

 

Au tout début des années 70, HP entre sur le marché des calculatrices scientifiques de poche avec l'HP-35. En quelques années, les règles à calcul quittent les cartables des étudiants. Des applications plutôt orientées scientifiques et techniques, HP élargit ses activités en entrant sur les applications de gestion avec l'HP 3000, un système qui participe activement au développement de la mini-informatique. HP deviendra un concurrent frontal de Digital Equipment et ses PDP-11, puis ses VAX. D'ailleurs, les champions de la mini-informatique sont plutôt sur la cote Est des Etats-Unis, beaucoup sur la route 128, dans l'Etat du Massachusetts, une région qui, pendant un temps, rivalisera avec la Silicon Valley. Aux côtés de Digital, on trouve aussi Data Général, Prime Computer, Wang, Apollo... La concurrence frontale avec Digital se continuera pendant de longues années avec une fin plutôt surprenante. Digital Equipement a été racheté par Compaq en 1998, ce dernier étant abosrbé par HP en 2002.

 

A la différence de Digital qui ne croît pas vraiment au futur de la micro-informatique, HP se lance très tôt dans l'aventure des PC, avec son modèle HP-85, puis l'HP 150 qui, outre le fait d'être compatible avec l'IBM PC, possède un écran tactile. Cette innovation ne séduit pas vraiment les utilisateurs.

 

1986, l'année du Risc

 

1986 marque une date importante dans l'histoire de l'entreprise : HP introduit une nouvelle famille d'ordinateurs orientée gestion basés sur la nouvelle architecture Risc (Reduced Intruction Set Computing) baptisée PA-Risc. Cette architecture s'appuie sur la constatation « que la grande majorité des instructions disponibles étaient très peu utilisées. Ainsi, seul un jeu très réduit d'instructions était principalement utilisé dans les programmes. C'est pourquoi l'architecture RISC fait le choix de limiter le jeu d'instructions à seulement quelques unes, imposant, en contrepartie, à toutes, un nombre identique de cycles pour s'exécuter » (source Wikipedia). Cette nouvelle famille a nécessité un programme de R&D de 5 ans. HP fabriquera ses propres microprocesseurs  et développera un Unix maison, l'HP-UX qui est des trois encore vivant avec AIX d'IBM et Solaris de Sun.

 

Les années 80 seront aussi celles des imprimantes, avec les premiers modèles laser d'abord et à jet d'encre. Cette activité est aujourd'hui la plus importante et la plus bénéficiaire. D'autant que les imprimantes font vendre des précieux consommables. Sur l'exercice 2006, la division impression aura réalisé 26,7 milliards de dollars de chiffre d'affaire, soit près de 30 % du CA total. En terme de bénéfices, la contribution est beaucoup plus importante avec près de 4 milliards sur les 6,5 milliards engrangé sur le même exercice.

 

Fin 90, début 2000, HP va changer de dimension avec les rachats de Tandem (le spécialiste des ordinateurs à tolérance de pannes) puis Compaq, le champion de la micro-informatique, qui avait lui-même racheté Digital. Par ailleurs, il se spécialise définitivement dans l'informatique en se séparant de ses activités instrumentation et tests, activité qui prend la forme d'une entreprise indépendante, Agilent. C'est l'ère de la très médiatique Carly Fiorina qui entend développer HP à marche forcée, pas toujours avec succès. Après  deux mois de négociations,  Carly Fiorina  renonce au rachat la branche conseil et services du cabinet d'études  PricewaterhouseCoopers  et ses 30 000 consultants. Mais elle ne renonce pas pour autant à se développer dans les services. Cette activité a représenté 15 milliards de dollars sur l'exercice 2006. Deux ans plus tard, le cabinet de conseil tombe dans l'escarcelle d'IBM pour seulement 3,5 milliards de dollars, là où HP était prêt à en mettre 18 milliards.

 

Au-delà des 100 milliards de dollars

 

20071126_03Carly Fiorina sera contrainte de démissionner en février 2005, notamment éclaboussée par la saga des écoutes commanditées par le conseil d'administration. Elle sera remplacée par Mark Hurd, ex-CEO de NCR et au style beaucoup plus conforme à l'image de l'entreprise. Ce qui ne l'empêche de prendre des décisions plutôt drastique. En juillet 2005, quatre mois seulement après son arrivée à la tête de l'entreprise de supprimer 15 000 emplois. La filiale française payera un lourd tribut avec 1240 suppression de postes. Certains parleront de licenciements boursiers, car il est vrai que, s'ils étaient moins bons, les bénéfices restaient encore substantiels. Sur l'exercice 2007, dont les résultats ne sont pas encore connus, HP devrait dépasser être le premier fournisseur informatique à dépasser le seuil symbolique des 100 milliards de chiffre d'affaires. S'il maintenant au quatrième trimestre 2007, le même niveau de croissance que celui des 9 premiers mois de l'exercice, HP réaliserait entre 103 et 104 milliards de dollars, prenant ses distances avec IBM, l'historique numéro Un du secteur.

 

Yves de Talhouët, pdg de HP France : La France a plus que jamais une carte à jouer


Itrmanager
Copyright © 2007 ITRManager - All right reserved