50 ans de Silicon Valley
Oracle : du SGBD aux applications d’entreprise

Publié le 02 December 2007

20071202_03Par Guy Hervier. La légende veut que Larry Ellison a eu écho d'un article paru dans l'IBM Research Journal sur les développements réalisés sur le projet de base de données relationnelle System R. Il fonda peu après, en 1997,  la société Software Development Laboratories devenue deux ans plus tard Relational Software, Inc. (RSI) et a introduit son premier produit, le SGBD/R Oracle. Le R était nécessaire pour qualifier le produit car à l'époque les SGBD qui dominaient étaient conçus selon les modèle hiérarchiques ou réseau. En 1983, RSI s'est rebaptisé du nom de son produit. 

Ensuite, pendant dix ans, Oracle est resté une firme monoproduit qui s'est concentrée sur le développement de sa base de données.  Avec une étape majeure en 1983 au cours de laquelle Oracle entreprend la réécriture de son SGBD en langage offrant ainsi une plus grande portabilité sur les mainframes, les mini-ordinateurs (un mot qui a totalement disparu des tablettes) et des PC.

20071202_02En 1986, Oracle s'introduit en bourse et sur le long terme c'est plutôt à considérer comme un réel succès. Un investissement de 10 000 dollars lors de cette introduction représenterait aujourd'hui de 4 millions de dollars.

 

Ouverture vers de nouveaux horizons

1987 marque un tournant stratégique pour Oracle puisque Larry Ellison prend la décision de s'aventurer sur le marché des applications de gestion d'entreprise. Vingt ans plus tard, Oracle est le numéro 2 de ce marché et dispute âprement le leadership à l'allemand SAP. A partir de Financials, Oracle construit un véritable ERP qui peut rivaliser avec celui de l'éditeur allemand.

 

L'incursion sur ce nouveau marché a-t-il distrait l'éditeur de son marché d'origine des SBDR ? En tous cas, les années 1990-1993 semblent donner l'avantage sur le plan technique à certains concurrents, notamment Sybase qui pour un temps était devenu le chouchou des marchés financiers. En 1994, l'action dépasse le seuil de 50 dollars. Sybase a connu à son tour de fortes difficultés, notamment avec le rachat de Powersoft et le développement de son System X. Sybase s'est lancé dans un co-développement avec Microsoft dont apparemment ce dernier a su tirer un meilleur profit.

 

Après Sybase, ce fut au tour d'Informix de prendre la vedette. La concurrence entre les deux éditeurs s'était quasiment transformé en bataille personnelle entre Phil White, CEO de cet éditeur et Larry Ellison. Cette nouvelle bataille qui s'est déroulée sur trois ans s'est soldée par l'incarcération  de Phil White pour irrégularités financières et fausses déclarations.

 

Suite à quoi, Oracle a eu un terrain plus dégagé lui permettant de s'imposer assez largement comme le numéro Un des SGBD. Aujourd'hui, les dernières statistiques lui donnent plus de 47 % du marché de ce marché, loin devant IBM et Microsoft. Un marché sur lequel les SGBD Open Source, en particulier MySQL et PostGreSQL, renforcent significativement leur présence, même s'il est difficile de la mesure dans le mesure où les échelles de mesure ne sont pas les mêmes.

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L'aventure du Network Computer

 

A la mi-95, Oracle entend participer au développement des technologies Internet. Larry Ellison essaie de jouer un rôle de précurseur et Larry Ellison dévoile le concept de Network Computer (une marque déposée par Oracle), sans réel succès d'ailleurs. Le NC est une machine qui bénéficie d'une intelligence locale très réduite par rapport au PC (même celui de l'époque) : unité centrale, carte réseau, carte graphique, écran et souris. Le principal rôle était de pouvoir naviguer sur Internet et éventuellement de mettre en oeuvre des applications rapatriées localement. Comme à son habitude Larry Ellison n'y va pas avec le dos de la cuiller et déclare que le NC va balayer le PC.  D'autant que trois complices se sont joints à Oracle et non des moindres : IBM, Netscape (A l'époque la coqueluche de l'Internet) et Sun. Des concepts voisins comme le NetPC ou le terminal Windows par Citrix ont été également lancés. En fait, Oracle et ses alliés ne sont pas allés très loin. L'année dernière, il s'est vendu près de 250 millions de PC. Combien de terminaux légers ?

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Oracle continue d'annoncer des nouvelles versions de sa base de données : 7, 8, 9, 10g et tout récemment 11g, le g signifiant grid. Avec, à chaque nouvelle version, des fonctionnalités plus avancées. Mais ce qui caractérise Oracle ces quelques dernières années, est un appétit insatiable qui se traduit par des rachats à répétition, de grosses comme de petites sociétés. Le plus spectaculaire étant celui de PeopleSoft qui s'est réalisé au terme d'une bataille serrée. En décembre, Oracle rachetait PeopleSoft après 18 mois d'argutie pour la modeste  somme de 10,3 milliards de dollars. Conséquence sans appel, en janvier, Oracle annonçait qu'il supprimait 5 000 postes, soit 10 % des salariés du nouvel ensemble. Oracle éliminait ainsi un des plus importants concurrents du marché des ERP.

 

Boulimie des rachats

 

Il n'allait pas pour autant s'arrêter en si bon chemin en procédant à l'acquisition du pionnier du CRM Siebel et en mars de cette année d'un des derniers éditeurs indépendant de la Business Intelligence Hyperion Solutions. Au total, sur les trois dernières années, Oracle a déboursé plus de 20 milliards de dollars. L'éditeur entend-il faire une pose, comme pour digérer ces acquisitions dont l'opération n'est que le début d'un long processus de rationalisation des lignes de produits, d'intégration, de mise en place de nouvelles organisations ? Apparemment non puisqu'il y a seulement un mois, Oracle portait son dévolu sur BEA en faisait une proposition à 17 dollars l'action que le conseil d'administration a pour l'instant rejeté en affirmant qu'il ne descendrait pas au-dessous des 21 dollars. Gesticulation ou réelle fermeté ? Difficile à dire. Oracle a patienté 18 mois pour acquérir Peoplesoft, il peut attendre encore quelques semaines pour BEA.

 

 

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