Les tendances de Nucleus Research pour 2008
Publié le 26 December 2007
Des réseaux sociaux aux architectures orientées services, les entreprises vont avoir à relever de nouveaux défis et à saisir de nouvelles opportunités en 2008. Le cabinet Nucleus Research propose à son tour sa vision pour l'année à venir et les grandes tendances qui vont impacter les DSI et leurs entreprises, sachant que le rôle des premières dans les secondes est de plus en plus important.
Une demande croissante pour le on demand
2007 a été une année charnière pour les applications en ligne avec plus de 50 % des entreprises mettant en œuvre des applications en ligne autrement dit des applications de type SaaS. Alors que les entreprises sont toujours à la recherche de limitation des risques, de déploiement plus rapide et de ticket d'entrée moins élevé et de réduction des coûts, la demande pour le SaaS va s'élargir à de nouveaux domaines comme la gestion de projet, la gestion de contenu, le commerce électronique et le travail collaboratif. Mais en 2008, les entreprises vont aussi adopter le SaaS pour des applications critiques.
Les fournisseurs clés à suivre sont évidemment salesforce, mais aussi Oracle qui cherche à renforcer sa domination au niveau de l'infrastructure, NetSuite qui doit faire son entrée en bourse avec une solution ERP complète et Microsoft qui cherche toujours à faire la preuve de sa pertinence sur ce marché. SAP évidemment, mais aussi l'éditeur Workday qui cherche à faire la preuve d'un nouveau business model pour les applications critiques.
Les directions métiers ont de plus en plus leur mot à dire
Alors que de plus en plus de directions métiers poussent pour l'adoption de nouvelles technologies, elles sont également engagées dans la gestion de projets et sélectionnent les solutions dont elles ont besoin, qu'elles soient ou non sur la même longueur d'onde que leur DSI.
Plusieurs facteurs contribuent à cette évolution :
- L'accent mis sur la mise en œuvre et la performance basées sur les dimensions techniques et non sur les besoins des utilisateurs a terni l'image des DSI. Les gestionnaires les plus avisés s'intéressent à l'expérience utilisateur plutôt qu'aux cinq 9 lorsqu'il s'agit de suivi de performance d'applications;
- Les utilisateurs finals sont beaucoup plus au fait des technologies et les technologies simples à utiliser telles que les applications à la demande, les réseaux sociaux, les outils de type blogs ou wikis se sont largement diffusés;
- Les nouveaux salariés qui entrent dans le monde du travail sont ce que l'on appelle les Digital Natives et qui utilisent naturellement des outils de type messagerie instantanés. Les attentes de la DSI sont beaucoup plus élevées;
- Le nombre de possibilités pour la mise en œuvre d'application est plus large que jamais et la DSI n'est plus la seule source de talents et de compétences. Pour beaucoup d'entreprises, l'outsourcing, l'hébergement et la fourniture des applications en mode on-demand peut-être un meilleur choix.
Tempête sur les DSI
2008 sera une année très difficile pour les DSI. Pour rester pertinent, les DSI devront arrêter de se plaindre à propos de leurs ressources limitées en interne et sur les attentes irréalistes des utilisateurs, d'aller à des conférences pour débattre avec d'autres DSI d'Itil ou d'autres acronymes et d'essayer de trouver de nouveaux moyens pour faire la preuve de la valeur qu'ils apportent à leur entreprise. Les DSI qui vont surmonter cette tempête qui s'annonce ont une nouvelle manière de présenter leur activité qui est plus en ligne avec celle des directeurs financiers, négocient mieux et font un meilleur marketing de leur prochaine mise à jour de leurs applications d'entreprise. La gestion des fournisseurs est un domaine sur lequel ils doivent continuer à mettre l'accent.
Les réseaux sociaux et BI dopent les applications d'entreprises
Nombre d'utilisateurs se sont largement rodés aux applications CRM les plus complexes, mais celles-ci reviennent avec des fonctionnalités nouvelles. En intégrant les réseaux sociaux, la business intelligence et le travail collaboratif, les applications CRM vont pouvoir être utilisés non plus seulement par les commerciaux et les responsables marketing, mais par tous les salariés de l'entreprise. Oracle avec Siebel CRM est en pointe dans ce domaine en permettant par exemple d'intégrer des profils LinkedIn, des données sur les comportements d'achats des entreprises et d'autres informations pour identifier les affaires à venir. Salesforce propose aussi des fonctions de ce type sur sa plate-forme en direct ou via des partenaires comme BlueWolf.
Il y a bien sûr les éditeurs que SPSS dont les offres de text mining et de business intelligence apportent de nouvelles fonctionnalités très utiles dans le domaine des ventes et du marketing. Ces fonctions seront de plus en plus intégrées aux applications existantes.
Google va continuer à innover en proposant des nouvelles applications dans le cadre de Google Apps qui se positionne de plus en plus dans le monde de l'entreprise.
SAP et Oracle
Le marché des ERP est clairement placé sous le signe de la bataille entre Oracle et SAP. Oracle s'est lancé dans une politique de rachat forcené pour essayer de prendre le pas sur son principal concurrent. La firme de Larry Ellison va continuer d'étoffer son middleware Fusion avec des fonctionnalités de business intelligence, des capacités d'intégration et d'administration. De son côté, SAP entend pousser son middleware NetWeaver et contrecarrer l'offensive d'Oracle de créer une nouvelle génération d'applications basée sur Fusion. En 2008, la concurrence entre les deux éditeurs va s'intensifier.
Oracle a lancé une première salve en attaquant en justice SAP à propose de sa filiale TomorrowNow spécialisée dans le support d'applications Peoplesoft et J.D. Edwards d'avoir illégalement téléchargé de la documentation sur le site d'Oracle. SAP a reconnu certains de ces faits et a démissionné le responsable de cette filiale. Une réunion pour trouver un accord est prévue en octobre 2008. Mais d'ici là, les deux concurrents vont se livrer à une bataille féroce en utilisant parfois des armes pas tout à fait recommandables.
Vers un guichet unique ?
Il y a beaucoup de fusions-acquisitions en 2008 : Oracle a racheté Hyperion, SAP a racheté Business Objects, IBM a absorbé Cognos. Plus sont à prévoir en 2008, mais il est toujours important de savoir ce qui est important pour les entreprises.
Malgré le hype et les promesses faites lors de ces acquisitions, voici des éléments qui n'ont pas beaucoup d'intérêt :
Les roadmaps de produits : Bien sûr, ils vont changer suite à ces rachats, mais pas beaucoup. Etant les délais nécessaires pour opérer des changements, les utilisateurs ont tout le temps de se préparer au pire.
Intégration de produits : Quand les grands éditeurs procèdent à des rachats, ils affirment toujours qu'ils vont combiner pour proposer des produits moins chers et rendre les développeurs plus efficaces. Mais un examen plus attentif montre que ce n'est pas toujours le cas. Les produits de Rational, qui a été racheté il y a plusieurs années par IBM, sont toujours commercialisés séparément de WebSphere. L'initiative Fusion commence seulement à porter ses fruits. Et SAP avec le rachat de BO n'a jamais procédé à une acquisition aussi importante.
La bataille est pratiquement terminée sur le PC
Administrer des PC dans les grandes entreprises selon la manière traditionnelle est devenu pratiquement impossible. Les utilisateurs finals ont des applications différentes, des versions différentes des mêmes applications, des besoins différents, des profils différents. Et ils accèdent à leur environnement depuis des systèmes différents - PC, Mac, mobiles...- De telle sorte que les DSI passent leur temps à mettre à jour, procéder à des ajouts, des suppressions... Ajouter Vista à tout cela n'arrange rien. La virtualisation des PC semble être un moyen de résoudre ce problème.
Parmi les principaux bénéfices :
Amélioration de la productivité : la virtualisation facilite ces tâches d'administration.
Réduction des coûts d'énergie : les clients légers sont moins énergétivores.
Réduction des coûts en logiciels : la virtualisation permet de standardiser et de consolider les achats de logiciels.
Amélioration de la sécurité : Des environnements virtualisés peuvent être créés pour n'importe quel ensemble d'utilisateurs, de domaines, de services, de projets...
L'adoption de la virtualisation a été ralentie parce que c'est plus onéreux au poste de travail, mais c'est là une position à courte vue. La mise en œuvre de « proof of concept » est un moyen de vérifier les bénéfices de cette approche.
Green IT
Ceux qui ont perdu de l'argent et vus leur crédibilité entamée par des projets de type An2000, SOA et bien d'autres devront regarder avec beaucoup de précautions la nouvelle vague qui arrive avec le Green IT ou l'informatique verte. Bien que l'empreinte carbone soit un concept intéressant, le temps passé à calculer le nombre d'arbres que votre entreprise peut sauver pourrait sans doute est mieux utilisé à chercher les réelles opportunités de croissance. Serveurs lame, virtualisation peuvent faire baisser le coût du Data Center. Les DSI avertis pourront réduire les coûts opérationnels et investir ainsi dans de nouveaux projets sans se lancer aveuglement dans l'informatique verte.