La bataille du poste client, round I. :
Google Docs vs. Office et Office Live Workspace

Publié le 02 January 2008

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Par Hugo Lunardelli.
Avec la montée en puissance, lente mais inexorable, de la vague Internet, les conditions sont désormais réunies pour une remise en cause des modèles d'architectures qui prévalaient jusqu'ici.

L'impact d'Internet se manifeste en premier lieu dans le bouleversement des architectures techniques, celles-ci étant les premières à intégrer les nouvelles possibilités du Web. La concurrence que se livrent les opérateurs de télécommunications à pour conséquence la disponibilité croissante de connexions haut débit filaire (ADSL, câble...) ou sans fil (3G, WiMax...); connexions qui permettent d'envisager de nouveaux scénarios applicatifs où, de plus en plus, les applications et les données seront téléchargées plutôt qu'installées « en dur » sur le terminal (PC, portable, PDA, ...) utilisé. Un exemple de cette évolution peut se constater avec les dernières générations de récepteurs GPS. Si jusqu'ici, la plupart d'entre eux reposaient sur la mise à jour des cartes par le biais d'un CD ou d'un DVD, on constate l'apparition de services reposant sur le téléchargement des données cartographiques correspondant à l'itinéraire souhaité, garantissant ainsi que les données soient en permanence à jour.

Si l'inéluctabilité de bouleversements majeurs est généralement admise, les avis divergent quant aux conséquences et aux modalités des mutations en cours.

 

Le paradigme du PC vs. l'approche « web centric »

 

La transition à laquelle nous assistons est en train notamment de remettre en question le rôle que doit jouer le poste de travail. Pour certains, le futur sera basé sur des dispositifs (Portable, Smartphone, UMPC, ...) dépouillés à l'extrême dont la fonction essentielle sera de télécharger leur environnement d'exploitation, leurs applications et leurs données ; un « retour vers le futur » du terminal en quelque sorte. Pour d'autres, le poste de travail conservera une capacité de traitement locale importante et utilisera l'Internet pour accéder à une palette de services.

Ces deux visions antagonistes représentent les deux pôles d'une dialectique dont les champions sont respectivement Google et Microsoft : Google qui cherche à tirer parti de la puissance de ses Datacenter pour imposer un modèle « Web centric », Microsoft qui lutte pour éviter que le PC, qui a fait sa fortune, ne tombe dans une obsolescence programmée.

Chacun de ces acteurs s'active à mettre en place une infrastructure de services fonctionnellement proches mais dont les moyens et la philosophie différent radicalement.

 

Google Docs vs. Office Live Workspace

 

20080102_08Au cours des derniers mois, Google a procédé à l'acquisition de nombreuses sociétés (Writely, Zender, Postini...) lui permettant de bâtir un portefeuille de services Web. Ces services, une fois packagés sous la forme d'une suite (Google Docs et Google Apps), sont destinés à constituer une offre bureautique alternative à Office. Google, qui nie généralement nourrir de telles ambitions, n'en pousse pas moins son offre auprès des entreprises avec une solution  appelée Google Apps qui intégre également la messagerie avec Gmail. Google propose cette offre aux entreprises en s'alliant avec des intégrateurs comme l'atteste l'annonce récente d'une alliance avec Cap Gemini.

 

20080102_07A ce jour Google Docs comprend un traitement de texte, un tableur et un logiciel de présentation qui permettent de créer, de partager et de collaborer en ligne sur les documents créés avec ces outils.


 

De son côté, Microsoft vient d'ouvrir un service « Live » appelé Office Live Workspace qui a pour objet d'étendre les services d'Office en permettant à l'utilisateur de créer et d'éditer des documents sur un espace de collaboration situé sur le Web. Après avoir installé un plug-in dans Office, l'utilisateur pourra utiliser son espace « Office Live Workspace » depuis Word, Excel ou encore Outlook ; cet espace étant vu comme un ressource de stockage en tous points similaire au disque dur du PC, à une ressource réseau partagée ou encore à un espace SharePoint sur lequel Office Live Workspace est d'ailleurs basé.

 

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Espace de travail « Office Live Workplace »

 

Dans les deux cas, le service proposé a pour objet de donner à une personne ou à un groupe de personnes accès, via Internet, à un ensemble de documents. Ces services permettent de conférer des droits d'édition sur ces documents et donc de travailler à plusieurs sur un même projet en s'affranchissant des contraintes géographiques.

 

Souplesse vs richesse fonctionnelle

 

Là où ces infrastructures différent c'est dans la nature des pré-requis permettant d'accéder à ces services. Dans le cas de Google Docs, il ne faut rien d'autre qu'un navigateur, nul besoin d'applications locales pour créer ou éditer ses documents. Cette souplesse se paye en termes de richesse fonctionnelle puisque les documents qu'il est possible de créer et de modifier sont contraints par la pauvreté des fonctionnalités disponibles. Par exemple, l'éditeur de texte de Google Docs comprend un correcteur orthographique mais pas de correcteur grammatical, ne permet pas de créer d'en têtes ou de pieds de pages, ne permet pas la génération de tables de matières, ... Il est de ce fait beaucoup plus proche de WordPad que de Word.

 

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L'éditeur de texte de Google Docs

 

Dans le cas d'Office Live Workspace, toute la richesse fonctionnelle d'Office est disponible ...  à condition de disposer d'Office sur son poste de travail. Il est néanmoins possible de visualiser et de commenter les documents d'un espace de travail, mais pas de modifier les documents postés si l'on ne dispose pas de Word, d'Excel ou de Powerpoint sur sa machine.

 

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WinWord 2007

 

Rapprochements

 

Si le modèle Google Docs est très souple, une des faiblesses de l'approche, outre la pauvreté des fonctionnalités offertes, consiste dans l'absence d'un mode déconnecté. A ce stade, la proposition de Google relève du tout ou rien. Soit vous êtes connectés, soit vous ne l'êtes pas, auquel cas plus rien n'est possible. Conscient de cette faiblesse, Google a annoncé il y a quelques mois Google Gears qui vise à permettre le travail en mode déconnecté en installant ces applications sur la machine de l'utilisateur, reconnaissant implicitement qu'une infrastructure basée exclusivement sur la promesse d'une connexion permanente relevait encore d'une utopie.

 

Réciproquement, certaines fonctionnalités de création de notes offertes par Office Live Workspace sont disponibles indépendamment de la présence de Word ou d'Excel sur le poste de l'utilisateur. De là à proposer des fonctionnalités d'édition indépendamment de la présence d'Office il n'y a qu'un pas que Microsoft n'est pas disposé à franchir pour le moment.

 

 Le standard Office

 

Avec 500 millions d'utilisateurs d'Office de par le monde (utilisateurs enregistrés ET utilisateurs pirates confondus), Office constitue le package applicatif le plus utilisé au monde. Cette ubiquité constitue une des raisons de la position quasi incontournable de Windows sur le poste de travail.

 

L'importance d'Office pour Windows tient à la quantité considérable des documents produits au moyen de cette suite bureautique et qui en font un standard de facto très difficile à remplacer. Faute de la disponibilité d'Office sous Linux, le choix du poste de travail se fait entre Windows et de plus en plus Mac OS X ; ce que Google Docs tend à remettre en question en donnant accès à certaines fonctionnalité d'Office sans nécessiter l'acquisition de celui-ci.

 

Au-delà de la productivité personnelle

 

Mais Office est loin de se résumer à une suite bureautique. Depuis la version 2003 d'Office et de façon plus accentuée encore avec Office 2007, les évolutions d'Office ont conduit Microsoft à mettre l'accent sur la productivité de l'entreprise après avoir assuré la suprématie d'Office en tant qu'outil de productivité individuelle. SharePoint qui représente la plateforme de collaboration de Microsoft rencontre un succès grandissant, tant dans sa version gratuite (Windows SharePoint Services 3.0 est téléchargeable gratuitement) qu'en ce qui concerne SharePoint Server, la version payante destinée à fédérer les sites collaboratifs à l'échelle de l'entreprise. Office c'est également l'intégration de la communication et de la voix sur IP avec Office Communications Server, la business intelligence, la gestion documentaire, la conformité réglementaire...

Ces extensions font d'Office une plateforme de collaboration à l'échelle de l'entreprise très éloignée de ce que Google Docs est en mesure de proposer à ce stade.

 

Si Office semble difficile à remplacer pour les grandes entreprises, il n'en va pas de même pour les PME, TPE et particuliers. D'après Google, près de 500 000 entreprises seraient utilisatrices de l'un ou l'autre de ses services. Ces affirmations sont à mettre en perspective avec les résultats d'une étude réalisée par l'institut NPD en Décembre 2007 portant sur la popularité des services bureautiques Web 2.0. Cette étude montre que, moins de 0.5 % d'un panel de 600 utilisateurs interrogés sur le territoire américain connaissaient ou utilisaient l'un de ces services.

 

Des services en gestation

 

Qu'il s'agisse de Google Docs ou d'Office Live Workspace, ces deux services en sont à leurs débuts et ont manifestement besoin de mûrir. Dans les deux cas, les espaces de collaboration proposés sont distincts des espaces de stockage en ligne que Microsoft et Google offrent par ailleurs.

On ne peut donc pas utiliser ces espaces pour mettre en ligne autre chose que des documents de travail[GH1] . Qui plus est, si la question ne se pose pas concernant Google Docs, il est utile de savoir qu'il n'y a aujourd'hui pas de synchronisation possible entre les documents postés sur Office Live Workspace et le PC de leur créateur.

 

Il faut donc s'attendre à une redéfinition progressive des services proposés par ces deux acteurs. Plus de richesse fonctionnelle et la fourniture à terme d'un mode déconnecté pour Google Docs, et une plus grande intégration ainsi qu'une synchronisation avec le poste de travail pour Microsoft.

 

La pertinence du poste client « riche »

 

Ce qui pose problème dans l'approche de Google, c'est le parti pris qui consiste à vouloir se passer de toute ressource applicative pouvant se trouver sur le poste de travail au profit exclusif de services applicatifs téléchargés. Notons malgré tout que, quand il s'agit d'imprimer un document, Google Docs repose sur les outils d'impression du navigateur et donc sur des ressources systèmes locales.

 

En faisant ce choix du tout online, Google se limite dans la richesse fonctionnelle des applications proposées puisqu'il faut les télécharger à chaque fois que l'on souhaitera les utiliser. Plus l'application est riche, plus le temps de téléchargement s'en ressent et moins l'expérience utilisateur est fluide. La solution viendra sans doute de Google Gears qui permettra une « installation » sur le disque de la suite Google Docs.

 

Dans le cas d'Office, l'ergonomie et la richesse fonctionnelle des composantes de cette suite sont très éloignées des fonctionnalités sommaires proposées par Google Docs. Même si la plupart des utilisateurs n'utilisent qu'une fraction des fonctionnalités d'Office, ce sous-ensemble sera la plupart du temps plus étendu que ce que l'on peut trouver dans Google Docs. [GH2] Quand à l'ergonomie, il est difficile de comparer le confort d'utilisation d'Office 2007 ou même d'Office 2003 et XP avec le minimalisme de l'interface des applications de Google qui feraient presque passer Word 1.0 pour Windows, sorti il y a 17 ans, pour avant-gardiste en comparaison.

 

Vouloir se passer des services systèmes disponibles sur le poste de l'utilisateur condamne Google à adopter une approche basée sur le plus petit commun dénominateur entre toutes les plateformes supportées. Il est frustrant de s'équiper d'un PC doté de processeurs multi-cœurs, de cartes graphiques 3D performantes, pour se contenter de faire du HTML.

 

Si on se projette dans le futur, on peut imaginer que de futures versions de Windows ou de Mac OS exploiteront le surcroît de puissance qui sera disponible avec la généralisation de machines multi-cœurs. Ces systèmes reposeront de plus en plus sur des outils comme la reconnaissance vocale ou encore la commande tactile à l'instar de l'iPhone . Ces avancées ne pourront pas être exploitées avec une approche « web centric » qui est celle aujourd'hui adoptée par Google.

 

De fait, avec Google Docs,  Google se place à contre-courant des tendances qui poussent au développement d'applications riches généralement dénommées RIA (pour Rich Internet Application).

 

Le succès d'AJAX tient à un regain d'interactivité des applications Internet qui contraste agréablement avec les lourdeurs d'un affichage HTML statique géré exclusivement par le serveur. Le succès de Flash d'Adobe et le développement de Silverlight par Microsoft visent à permettre une richesse interactive, un graphisme attrayant qui supposent la mise en œuvre de ressources de traitement locales, approche jusqu'ici ignorée par Google.

 

Saas vs. S+S

 

Le modèle sur lequel repose aujourd'hui Google Docs est un modèle SaaS (Software as a Service) « pur », dans lequel les ressources de traitement et les données sont exclusivement situées sur un Datacenter Web. C'est une architecture qui repose sur le plus petit commun dénominateur aux machines utilisant ces services, à savoir HTML. La souplesse de ce modèle, qui n'est pas sans évoquer le terminal du mainframe, a pour contrepartie la rigidité de son interface, la pauvreté fonctionnelle des applications et l'impossibilité de travailler en mode déconnecté.

 

L'approche S+S (Software plus Services) défendue par Microsoft repose a contrario sur la recherche d'un équilibre entre les deux constituants que sont le poste de travail et le service utilisé. Elle consiste dans le souci d'une utilisation optimale des ressources de traitement locales en interaction avec les services utilisés. Dans le cas d'Office Live Workplace, il est fait usage de la richesse fonctionnelle et de l'ergonomie d'Office pour travailler à distance via un service de stockage et de collaboration situé sur le Web. Une répartition des tâches qui n'est pas sans rappeler le modèle client-serveur des premiers réseaux locaux d'entreprise dans les années 90.

 

Office Live Workplace : le chaînon manquant d'Office

 

Microsoft propose depuis plusieurs années une palette de solutions de collaboration destinées à l'entreprise et ses partenaires. Ces outils sont Windows SharePoint Services, Office SharePoint Server, Groove, Active Directory Federation Services...

 

Rien n'existait jusqu'ici pour le particulier, l'étudiant ou la TPE. Google Docs représentait jusqu'ici une des seules possibilités, pour plusieurs personnes dispersées géographiquement, de travailler à distance sur un projet commun. Office Live Workspace (1), d'ailleurs basé sur SharePoint,  comble cette lacune et étend à tous les utilisateurs d'Office les possibilités de travail collaboratif jusque là réservées aux entreprises. Destiné aux PME et TPE, aux consultants indépendants, aux étudiants et aux particuliers, ce service va ouvrir de nouvelles formes de collaboration à distance sans rien sacrifier de la richesse des outils d'Office.

 

Microsoft vs. Google : revenus publicitaires contre vente de licences

 

Ces deux entreprises, dont les trajectoires les conduisent aujourd'hui à entrer en collision, visent des objectifs très différents avec des moyens  curieusement voisins. Dans les deux cas, il s'agit d'offrir un espace de stockage et de collaboration gratuit reposant sur le Web.

Mais la similitude s'arrête là, quand on considère les stratégies sous jacentes. Pour Google, la mise à disposition de ces services est une manière d'accroître le temps que consacreront les utilisateurs sur ses serveurs et donc de renforcer la force de sa marque, l'utilisation de son moteur de recherche et in fine ses revenus publicitaires. On peut également imaginer que l'hébergement de documents partagés constituera une mine d'informations pour Google qui pourra, comme c'est le cas avec Gmail, diffuser des publicités ciblées après avoir analysé les mots clefs des documents hébergés. Accessoirement, la version payante de Google Docs, pour les entreprises, représentera des revenus supplémentaires, même très marginaux comparés aux autres sources de revenus de Google.

 

 Du point de vue de Microsoft, Office représente son cœur de métier, sa deuxième source de revenus après Windows et revêt une dimension stratégique là où Google Docs ne constitue aujourd'hui qu'un épiphénomène pour Google.

Microsoft consacre des investissements considérables dans le développement d'Office et dispose d'une connaissance des besoins des entreprises qui découle de deux décennies de travail dans ce domaine.

 

Office Live Workplace représente une extension des services d'Office et donc une façon de renforcer sa proposition de valeur et par voie de conséquence la franchise Office.

S'agissant de Google, la perspective démarche est tout autre. Google Docs représente un ensemble d'applications issues d'acquisitions dont les évolutions et la feuille de route sont inconnues. Difficile pour un DSI de faire le choix d'une plateforme applicative dont la caractéristique est d'être dans un état de bêta permanent et dont on ignore les évolutions.

 

Bilan du Round I. Statu quo au bénéfice d'Office

 

Dans l'état actuel des choses, il ne semble pas que la position d'Office puisse sérieusement être remise en question par Google Docs. L'arrivée d'Office Live Workplace annule de facto le véritable avantage de la suite de Google vis-à-vis d'Office, qui consistait dans la fourniture de services de collaboration à distance.

Les ventes d'Office, contrairement à celles de Vista, continuent à se développer rapidement, SharePoint est un succès comme on n'en pas vu depuis longtemps en entreprise et l'arrivée de la communication unifiée présage de nouvelles avancées de Microsoft sur ce marché. Si on ajoute le succès des ventes des versions grand public et OEM d'Office, nombreux sont ceux qui en entreprise ou particuliers disposent d'Office sur leur poste de travail et pour lesquels l'utilisation de Google Docs représentera une régression.

 

Google Docs souffre des limitations inhérentes au modèle « web centric » retenu. Personne ne doute pour autant que ces services évolueront progressivement et l'arrivée de Google Gears sera l'occasion de refaire un état des lieux. Pour l'heure, le statu quo en faveur d'Office a toutes les chances de perdurer, les véritables gagnants étant les dizaines de millions d'utilisateurs particuliers d'Office qui vont bientôt pouvoir bénéficier de services de collaboration jusqu'ici réservés aux seules entreprises.

 

(1) Office Live Workspace n'est disponible aujourd'hui, en version bêta, que pour les utilisateurs américains. Une version accessible aux utilisateurs européens est prévue pour début 2008. »

 

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Hugo Lunardelli est titulaire d'un DEA en économie ainsi que d'un Mastère en Management des Technologies de l'Information. Passionné par les nouvelles technologies, il a occupé différentes fonctions marketing au sein de Microsoft France et de Microsoft Europe avant de démarrer une activité de consultant et journaliste.

 


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