Rapport Attali et les TIC
Les éditeurs de logiciels libres dénoncent les allégations de l’AFDEL

Publié le 24 January 2008

Les éditeurs de logiciels libres français dénoncent les allégations infondées contenues dans un communiqué que l'Afdel a récemment diffusé suite à la publication du rapport de la Commission Attali.

 

Le 23 janvier, la Commission Attali a publié son rapport « Pour la libération de la croissance française ». Parmi les propositions, la proposition 58 a retenu le secteur du logiciel libre / open source comme une source possible de création de valeur pour l'économie française et européenne, et propose de "[p]romouvoir la concurrence entre logiciels propriétaires et logiciels «libres»."

Cette proposition a fortement déplu à l'Afdel, groupe de lobbying monté en 2005 par Microsoft et un petit groupe d'éditeurs français (voir Patrick Bertrand, Président de l'Afdel : La commission Attali tourne le dos à l'innovation) (Étrangement, ce texte n'est pas disponible sur le site de l'Afdel).

 

Caricatural par bien des aspects, le communiqué de l'Afdel méconnaît manifestement ou déforme volontairement la réalité de l'industrie du logiciel libre: l'Afdel y affirme que « là où les entreprises du logiciel investissent entre 20 et 30% de leur chiffre d'affaires en R&D, les sociétés de logiciel libre, dont la R&D est très faible et externalisée, ne sont pas même éligibles aux dispositifs français d'aide à la recherche (Crédit Impôt recherche ou Jeune Entreprise Innovante)."

 

Contredisant de façon flagrante et factuelle l'affirmation de l'Afdel, les signataires de ce texte sont toutes des entreprises éditrices de logiciels, qui remplissent chacune au moins un des trois critères: éligibilité au CIR (Crédit Impôt Recherche), labellisation JEI (Jeune Entreprise Innovante), consacrer plus de 20% de son chiffre d'affaire à la R&D. Ces critères objectifs, validés par des expertises mandatées par le Ministère de la Recherche et par la participation de certaines entreprises à des projets de recherche coopérative financé par l'Etat (RNTL, Pôles de Compétitivité...) ou l'Europe (PCRD, Eureka...), sont la preuve du caractère innovant et créateur de valeur de l'activité des éditeurs de logiciels libres / open source.

 

Outre ces allégations infondées contre les éditeurs de logiciels libres, on peut reprocher aux propos de l'Afdel au moins les point suivants:

Plus généralement, l'Afdel dessert plus qu'elle ne sert les entreprises qu'elle prétend représenter en menant un combat d'arrière-garde contre une des tendances lourdes du marché de l'informatique. En effet, selon le Gartner ("Open source impossible to avoid, Gartner says", Network World, Sept. 2007) au moins 80% des logiciels commerciaux contiendront des briques open source en 2011 et les éditeurs français "traditionnels" qui n'entreprennent pas dès maintenant de s'appuyer sur le logiciel libre afin de bénéficier de l'"économie moyenne de 36% en recherche et développement" mise en avant par le rapport Attali risquent de se voir très fortement marginalisées d'ici là.

 

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Liste des signataires (par ordre alphabétique):

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