Marché des PC
Les portables devant les PC, Linux ne décolle pas
Publié le 20 March 2008
Le marché des portables se porte bien et aucune récession n'est en vue si l'on en croît le cabinet IDC qui fixe à près de 13 % la croissance des livraisons pour l'année 2008 et 11 % pour 2009. Mais cela reste un marché difficile pour les fournisseurs en raison de la baisse continue des prix. Les portables gagnent du terrain sur leurs cousins PC de bureau. Ils devraient être majoritaires en 2010 avec 190 millions d'unités livrées contre 178 millions. Côté système d'exploitation, XP reste toujours le plus rude concurrent de Vista qui ne convainc toujours pas malgré l'arrivée de SP1. De son côté, Linux ne décolle pas sur le poste de travail.
Il devrait se vendre plus de 300 millions de PC cette année (302 exactement) selon les projections d'IDC contre 268 millions en 2007. Cette croissance relativement soutenue jusqu'en 2012 s'appuie sur un fort développement des marchés émergents alors qu'aux Etats-Unis et en Europe, le marché est nettement moins dynamique. Aux Etats-Unis par exemple, la croissance est évaluée à 6,9 % et devrait tomber à 2,1 % en 2012. En valeur, le marché mondial est estimé par IDC à 280 milliards de dollars en 2008 (7,4 %) et devrait atteindre 330 milliards en 2012.
« La détérioration de la situation économique a certainement freiné la croissance du marché du PC, considère Loren Loverde, directeur du Worldwide Quarterly PC Tracker, l'observatoire du marché des PC d'IDC. Toutefois, cela n'a pas empêché ce marché d'être au quatrième trimestre 2007 le plus dynamique depuis la mi 2005. »
Les portables ont le vent en poupe
Parallèlement à la baisse continue des prix que l'on observe depuis plusieurs trimestres (alors que pendant longtemps les prix étaient restés relativement stables mais pour des capacités accrues), une des principales tendances est l'inexorable ascension du portable. Ce phénomène est accéléré par la baisse des prix de ce type de machine et la diminution du différentiel de prix avec les PC de bureau. Les livraisons de portables devraient dépasser celles de PC de bureau dès 2008 aux Etats-Unis. La comparaison des taux de croissance des deux types de matériel est édifiante : négative pour les PC de bureau (entre -3 et -6 %) jusqu'en 2012 et positive à deux chiffres jusqu'en 2011 (de 23,6 % en 2008 à 11,1 % en 2011 pour les portables). Dans le reste du monde, on observe le même phénomène, mais avec un certain décalage.

Côté environnement d'exploitation, le marché des PC est placé sous le signe d'un Windows XP qui ne veut pas disparaître, d'un Windows Vista qui ne convainc pas vraiment et d'un Linux qui ne fait que de la figuration chez les particuliers comme chez les entreprises et les organisations.
Commençons par le cas de Linux. Certes, il y a bien des contre-exemples annoncés à grand renfort de promotion ou des initiatives pour essayer d'imposer le système d'exploitation. Mais force est de constater que ce sont souvent les mêmes cas que les aficionados de Linux présentent. L'on se souvient de l'annonce faite par Wal-Mart en octobre dernier de distribuer dans ses magasins et sur son site de commerce électronique les machines GreengPC du constructeur taiwanais Everex au prix de 199 dollars. Wal-Mart a annoncé il y a quelques jours qu'il arrêtait la vente de ces machines et se contenteraient de « liquider » ses stocks. Toutefois, le géant de la distribution au chiffre d'affaires équivalent au PIB de la Norvège continuera à distribuer ce matériel, au travers de son site de commerce électronique. Deux modèles sont inscrits à son catalogue : une gPC2 pour 100 dollars sans écran et le portable CloudBook pour 399 dollars.
Asus, qui a fait parler de lui ses derniers temps, a annoncé il y a quelques jours de proposer une version Windows XP avec son modèle mini PC Eee lancé initialement avec la distribution Linux de Xandros. Le président d'Asus a annoncé que ces modèles seraient plus chers que les cousins Linux mais que, malgré ce désavantage concurrentiel, les ventes de modèles Windows devraient être supérieures cette année : 60 % pour les Eee équipés de Windows et 40 % pour les modèles Linux.
Linux fait de la figuration
Côté Linux, on peut s'étonner de l'initiative prise par IBM de s'associer avec des intégrateurs autrichiens et polonais pour fournir les marchés de l'Europe de l'Est et la Russie avec des PC « Microsoft-free » équipés de la distribution Linux de Red Hat, de Notes, Sametime et Symphony de Lotus. Les deux intégrateurs, VDEL et LX Polska, commercialiseront ces systèmes sous le label « Open Referent ». Une action pour le mois surprenante pour un fournisseur qui s'est désengagé du marché de la micro en 2005. Selon IBM, la motivation pour proposer de tels matériels est de répondre à une forte demande de systèmes bon marché de la part des grandes entreprises et des administrations incluant Aeroflot, le ministère de la Défense russe, la chaîne d'Hôtel RusHotel. Les intégrateurs feront appel à des fournisseurs différents en fonction des pays.
XP face à Vista
Après l'annonce de sa disponibilité générale (RTM) et sa mise à disposition des populations techniques sur MSDN et TechNet dans le courrier du mois de février, le Service Pack 1 de Windows Vista est aujourd'hui disponible pour le grand public sur Windows Update (manuellement dès aujourd'hui et automatiquement d'ici 1 mois) et sur le Microsoft Download Center (http://www.microsoft.com/downloads), en Anglais, Français, Allemand, Espagnol et Japonais. Le SP1 sera disponible dans 31 autres langues à partir d'Avril.
Microsoft France en profite pour lancer une nouvelle version de son site français dédié à Vista, enrichi de nouvelles rubriques et de témoignages utilisateurs : (www.microsoft.com/france/windows)
La logique (en tous cas celle de Microsoft) voudrait que Vista remplace XP da manière assez rapide. Mais les particuliers comme les entreprises rechignent, pour des raisons différentes, à faire le saut. Les particuliers car ils comprennent pas bien ce que Vista leur apporte. Mais, manque de chance pour eux, les PC sont, pour la très grande majorité, déjà pré équipés du système d'exploitation par le truchement des accords que Microsoft a passé directement avec les constructeurs. Ce qui a relancé récemment les protagonistes des logiciels libres pour relancer l'opération « Non aux Racketiciels ».
En se basant sur plusieurs victoires de particuliers, les organisations April, Aful, UFC-Que Choisir et CLCV (Confédération de la Consommation du Logement et du Cadre de Vie) ont relancé leur croisade encourageant les particuliers à engager la démarche de demande de remboursement de Windows auprès des constructeurs. Ces victoires se basent sur le fameux CLUF (contrat de licence d'utilisateur final) associé à Windows. Mais il faut bien reconnaître que pour engager une action de ce type il faut être plutôt motivé. Dans ce domaine, une opération à l'américaine de type « Class Action » serait beaucoup plus efficace et pourrait modifier le rapport de force.
Mandriva a joint sa voix au concert des pourfendeurs de Microsoft et de la vente forcée avec une initiative baptisée « OS Réfugié » consistant en la promotion de ses propres produits ciblant les utilisateurs désireux de désinstaller Windows. Mandriva remboursera à hauteur de 35 % du montant de tout achat de produits inclus dans cette offre.
Concernant Vista, Microsoft a diminué fin février les prix de son système d'exploitation de manière très significative. Par exemple, la version haut de gamme passe de 399 à 315 dollars, soit une baisse de plus de 20 %.
Du côté des entreprises, le passage à Vista engendre des opérations de migration qui ne sont pas simples, même si Microsoft propose des outils pour les alléger. Et les entreprises qui viennent à peine de finir leur migration vers XP ont légitimement envie de souffler un peu.