Une étude de l’association Pasc@line sur le marché de l’emploi des TIC

Publié le 05 September 2008

L'association Pasc@line qui réunit 61 établissements d'enseignement supérieur formant aux métiers des TIC et Syntec informatique a réalisé une étude sur le marché de l'emploi.  Les établissements d'enseignement supérieur formant aux métiers des TIC et Syntec informatique partagent un constat : les filières scientifiques attirent de moins en moins de jeunes alors qu'elles constituent une voie privilégiée pour accéder à ces métiers, par ailleurs mal connus des jeunes. Ceci se traduit par une diminution des effectifs dans les écoles et universités et par une difficulté croissante à recruter de jeunes diplômés pour les entreprises, alors que s'amorce le retournement démographique dû au départ en retraite de la génération du « baby boom ».

 

Au-delà de ce constat qualitatif, il est apparu essentiel à l'association de disposer de chiffres relatifs à l'évolution de l'emploi dans ces technologies, principalement dans le secteur informatique, et d'évaluer, au plan quantitatif, l'effort de formation réellement consenti en la matière par le système d'enseignement supérieur français.

 

Parmi les éléments fournis par cette étude :

 

Le marché de l'emploi

L'ensemble des secteurs d'activité, fabricants ou distributeurs, secteurs utilisateurs, Sociétés de Services - en incluant sous ce vocable, outre les SSII, les sociétés de Conseil en Systèmes

Informatiques ou de Conseil en Technologies et les éditeurs de logiciels -, institutions de formation et de recherche publique, on dénombre un total de 539 000  ingénieurs ou techniciens reconnus comme exerçant un métier centré sur l'informatique, dont respectivement 172 000 et 56 000 travaillent dans les Sociétés de Services.

 

En informatique de gestion, on distingue, au sein des entreprises utilisatrice six familles de métiers : la maîtrise d'ouvrage, le support et l'assistance aux utilisateurs, l'exploitation des équipements, les études, développement et l'intégration, le support technique interne, l'administration et la gestion de la DSI. Les emplois des Sociétés de Services représentent cinq grands métiers : le développement au sens large incluant l'architecture), la maintenance, la gestion de projet, la vente et les réseaux.

 

Ces métiers s'exercent dans les domaines de la direction et de la stratégie, du conseil et de la maîtrise d'ouvrage, du développement et de l'intégration, de la gestion de réseau, de la relation au marché, ainsi que de l'exploitation et de l'infogérance.

Sur la population des ingénieurs et cadres techniques on peut retenir un taux de chômage de l'ordre de 4% , limité à 1,3% pour les ingénieurs diplômés. On peut retenir que le taux de chômage est schématiquement le tiers du taux général, voire moins.

En bref, le marché de l'emploi dans le domaine des TIC a retrouvé depuis deux ans et pour une période probablement assez longue (vraisemblablement supérieure à 5 ans), une dynamique largement positive, que les évolutions technologiques devraient contribuer à prolonger, sous réserve, bien sûr de conditions économiques favorisant l'investissement.

 

Tendances et prospective

Au delà de l'effet spectaculaire de la bulle Internet (1998-2001) renforcé par l'effet des passages à l'an 2000 et à l'euro et du contrecoup qui a suivi en 2003-2004, le marché de l'emploi est reparti à un niveau élevé sur 2006 et 2007 et l'intégration des jeunes diplômés qualifiés se fait sans problème, les entreprises faisant plutôt face à une certaine pénurie.

Les renversements inopinés de conjonctures intervenus en 1993 et 2002 ont clairement marqué les esprits des services chargés au sein de l'administration de développer des analyses prospectives des emplois.

 

Dans un rapport publié sous le timbre de la DARES et du Plan (devenu depuis Conseil d'Analyse Stratégique ou CAS), qui propose un scénario d'évolution jusqu'à 2015, la famille professionnelle des informaticiens, qui regroupe pour lui les ingénieurs, cadres informaticiens et les techniciens est considérée en bloc.

 

Avec un maintien du taux de croissance des dépenses liées aux TIC au niveau de 5 à 6% par an et sachant que sur les 20 dernières années, le taux de croissance de l'activité des Sociétés de Services - directement corrélé à l'emploi dans ce secteur - est de 7% en moyenne annuelle, contre 2,5% pour le PIB national, ces projections aboutissent à un taux de croissance spécifique de 3,9%, notablement plus élevé que celui des ingénieurs dits "techniques" (3,2%), avec 149 000 créations nettes d'emploi et un besoin d'embauche de 207 000 sur 2005-2015. Ces estimations renvoient à un postulat de moindre croissance des besoins de la spécialité, par rapport à la période 1990-2005.

 

Filières de formation

En matière de système de formation, la progression des flux en informatique dans l'enseignement supérieur sur la période 2001 - 2005 est supérieure à la progression observée sur l'ensemble du secteur scientifique (+ 8% par an contre + 6%). Le poids de l'informatique est passé de 18,5% à 20% de l'ensemble des diplômés scientifiques, poids relativement stable sur l'ensemble des diplômes bac + 5.

 

On constate une constante hausse des effectifs, en dépit du creux 2003 - 2004 lié aux conséquences de l'éclatement de la "bulle Internet", qui tient principalement à la création de nouvelles filières dans les écoles d'ingénieurs plus qu'à l'augmentation des promotions déjà existantes

 

Le niveau de formation bac+ 5 reste la référence principale dans le secteur - au moins dans les grandes entreprises et les SSII -, qu'il s'agisse des diplômes d'ingénieurs ou de masters (qui se sont substitués aux DEA et DESS).

 

Les ingénieurs et cadres techniques informaticiens dans les secteurs utilisateurs sont, de manière significative, notablement moins diplômés (deux fois moins d'ingénieurs diplômés et de bac+5) que leurs collègues des Sociétés de Services.

 

Après une forte hausse entre 2001 et 2004 (+ 11,7% par an), le nombre de BTS délivrés est en baisse sensible (- 19% entre 2004 et 2006), alors que le nombre de diplômes dans ces spécialités a augmenté au cours des six dernières années.

 

Quant aux diplômés de DUT dans les disciplines STIC la chute des diplômés en informatique se confirme. Elle n'est toutefois pas spécifique à l'informatique, puisqu'elle affecte les spécialités traditionnelles du secteur secondaire. Mais couplée à l'un des plus forts taux de poursuite d'études (78% pour les diplômés 2003 principalement pour 3 ans d'études), elle se traduit par un nombre de sorties directes sur le marché du travail faible.

 

Poids relatif des écoles et des formations universitaires

Au niveau Bac + 5, le nombre de diplômés dans le domaine des STIC issus d'écoles d'ingénieurs (écoles spécialisées ou options spécialisées d'écoles généralistes) est de l'ordre de 7 400 en 2007 soit une progression de + 5,6% par an depuis 2000. Selon l'enquête de la DEPP3, en 2005, le nombre de diplômes de niveau bac+5 (Cumul diplômes de Master, DEA et DESS) délivrés dans la spécialité « Informatique, traitement de l'information » était de 4 813. Après une forte augmentation entre 2000 et 2001 (+ 24%), le flux de diplômés poursuit sa progression à un rythme beaucoup plus faible : + 3% par an entre 2002 et 2005.

 

Pour télécharger l'étude


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