Retour sur la PDC 2008
Le futur de l’informatique personnelle selon Microsoft

Publié le 2 novembre 2008

20081102_08Par Hugo Lunardelli. Faisant suite à l'introduction de Windows Azure lors de la Professional Developer Conference qui s'est tenue la semaine dernière à Los Angeles (voir le compte rendu de la première journée), la deuxième journée devait être consacrée au poste client. Il s'agissait, comme prévu, de présenter Windows 7 mais surtout d'aller au-delà de Windows pour exposer une vision de l'expérience utilisateur qui englobe la diversité des outils susceptibles d'être utilisés.

 

 

20081102_09

 

Après avoir assuré le keynote de la première journée, Ray Ozzie était de retour pour introduire cette deuxième journée. Le CTO (Chief Technology Officer) de Microsoft faisait le constat que le PC et le Web étaient aujourd'hui encore deux univers largement disjoints, en  dépit du fait que nombre d'entre nous passions quotidiennement des heures connectés sur le Web.

 

Il rappelait que de plus en plus, l'utilisateur doit jongler avec différents outils qui varient en fonction du contexte et qui comprennent le plus souvent le PC, le mobile et le Web (ce dernier « outil » faisant référence à l'expérience utilisateur au sein d'un navigateur).

 

Chacun de ces outils dispose de caractéristiques qui lui sont propres : le PC est l'outil offrant l'expérience utilisateur la plus riche, le plus de contrôle et de sécurité. Le mobile présente l'avantage d'être toujours accessible à l'utilisateur et enfin le Web permet de s'ouvrir au monde, de se connecter avec son réseau en vue de communiquer, de partager et de collaborer.

 

Le problème selon Ozzie, étant que ces différents « outils » ne communiquent pas entre eux et ne sont donc pas en mesure de se relayer pour offrir un continuum dans l'utilisation. Ce que se propose de réaliser Microsoft consiste à rendre possible une synchronisation des données et applications entre ces différents outils qui rende possible une expérience unifiée pour l'utilisateur. Ces remarques préliminaires formulées, Ray Ozzie laissait la place à Steven Sinofsky, VP en charge du développement  de Windows.

 

Windows 7

 

 

Steven Sinofsky avait la lourde responsabilité de conduire la première présentation publique du successeur de Vista. Cette présentation était particulièrement importante pour restaurer la réputation de Windows, entachée par les déboires de Vista, vis-à-vis des entreprises comme du grand public.

 

Sinofsky devait commencer sa présentation par une démonstration assez détaillée des caractéristiques de Windows 7. Sans entrer dans une description détaillée, des liens vers des tests approfondis étant fournis en fin d'article, les nouvelles fonctionnalités présentées dans Windows 7 par Sinofsky laissent à penser que cette prochaine version de Windows devrait finalement rencontrer les faveurs du marché.

 

Windows 7 est fondamentalement une version  optimisée de Vista. Optimisée du point de vue des performances, optimisée concernant la configuration matérielle requise et sans doute surtout optimisée du point de vue de l'expérience utilisateur grâce à une série d'améliorations touchant la plupart des fonctionnalités du système.

 

20081102_01

 

 

Parmi les fonctionnalités démontrées on retiendra la présence d'une interface tactile « multi-touch » similaire à celle de « Surface » ou de l'iPhone d'Apple (interface dont l'emploi nécessite évidemment de disposer d'un écran tactile), l'adoption du ruban apparu dans Office 2007 pour certaines des applications incluses dans Windows (Paint et Wordpad notamment), la configuration automatique d'un réseau domestique permettant à tout PC d'accéder à l'ensemble des ressources disponibles au sein d'un foyer, ou encore la possibilité laissée à chaque utilisateur de définir les conditions dans lesquelles il accepte de voir afficher les messages d'avertissement du très décrié « User Access Control ».

 

20081102_02

 

 

Sinofsky soulignait la décision de ne pas intégrer dans Windows 7 les applications Live Mail, Live Messenger, ou encore la Galerie de Photos... Ces applications dénommées « Live essentials » seront disponibles sous la forme d'un package de téléchargement. Ce faisant, Microsoft se donne la possibilité de faire évoluer ces différents outils à un rythme beaucoup plus rapide que s'il devait les intégrer dans Windows.

 

Sinofsky expliquait que Microsoft s'était attaché à améliorer les fondamentaux du système. Il faisait référence à une optimisation en cours permettant de revoir à la baisse les pré-requis matériels nécessaires à l'exécution de Windows 7 (une première dans l'histoire de Windows). Il soulignait également les objectifs qu'il se propose d'atteindre en matière de vitesse d'exécution adressant ainsi les reproches les plus couramment exprimés à l'encontre de Vista.

 

Une des conséquences de ce travail d'optimisation réside dans la possibilité, contrairement à Vista, d'utiliser Windows 7 sur les Netbooks. Sinofsky présentait sur scène une machine de cette catégorie, dotée d'un processeur Atom cadencé à un GHz et d'un Mo de RAM en précisant qu'une fois démarrée, cette machine disposait encore de 512 Mo pour les applications.

 

Sinofsky ajoutait que Microsoft s'était donné pour objectif de tirer les leçons des erreurs commises à l'occasion du lancement de Vista et en particulier de la nécessité de travailler à la préparation de l'écosystème Windows. Il soulignait ainsi la volonté de faire en sorte que les développeurs d'applications, tout comme les fabricants de périphériques, soient prêts lors de la sortie de Windows 7, ce qui n'était pas vraiment le cas lors du lancement de son prédécesseur.

 

Sinofsky se refusait finalement à divulguer un calendrier de sortie de Windows 7. Il se contentait d'annoncer l'arrivée d'une bêta publique début 2009 et la finalisation du produit grosso modo trois ans après Vista, soit fin 2009 ou début 2010.

 

Le vrai successeur de Windows XP ?

 

Comme l'écrit Paul Thurrott dans une des évaluations de Windows 7 listées plus bas, Windows 7 pourrait bien être à Vista ce que Windows XP fût à Windows 2000. Dans les deux cas (pour Windows 2000, tout comme pour Windows Vista), la conception de ces produits fût accompagnée par des changements profonds dans le système susceptibles de « casser » l'existant.

 

Concernant Vista, Microsoft avait fait subir des changements en profondeur à Windows qui affectaient notamment le système de sécurité ainsi que le modèle de développement des drivers. La conséquence en a été une incompatibilité de nombreuses applications alliée à une indisponibilité de nombreux drivers qui ont pesés lourd dans la perception négative de Vista auprès des utilisateurs.

 

Windows 7 est basé sur le même noyau que Vista et Windows Server 2008, il n'introduit aucun changement d'architecture et sera donc compatible avec toutes les applications existantes tout comme avec l'ensemble des périphériques sur le marché. Cette nouvelle version de Windows sera par contre sensiblement améliorée du point de vue de la facilité d'utilisation, de la même façon que Windows XP apportait une interface utilisateur révisée et conviviale sur un noyau Windows 2000 pré existant.

 

Faut-il attendre Windows 7 ?

 

Ceci étant posé, la question d'une migration vers Windows 7 qui ferait l'impasse sur Vista se pose désormais avec encore plus d'acuité. Du point de vue du grand public, cette question est relativement académique sachant que les machines commercialisées aujourd'hui sont pré équipées de Vista. Sauf à vouloir attendre la fin 2009 pour remplacer un PC sous Windows XP, la question qui se posera à beaucoup sera plutôt celle de la mise à jour de Vista vers Windows 7.

 

La question est par contre pertinente pour les entreprises qui peuvent vouloir passer directement à Windows 7 compte tenu des améliorations apportées par rapport à Vista, même doté du SP1. J'ai intégré ci-après un pointeur vers un article qui résume les évolutions de Windows 7 plus particulièrement destinées aux grandes entreprises. Comme on le verra, celles-ci sont conséquentes mais on notera qu'un grand nombre des bénéfices potentiels de Windows 7 supposent le déploiement de Windows Server 2008 R2, version par ailleurs également annoncée lors de la PDC 2008.

 

10 best features in Windows 7 for IT professionals

 

http://www.computerworld.com/action/article.do?command=viewArticleBasic&articleId=9118322&source=rss_topic125

 

Windows Server 2008 R2 Preview

 

http://www.winsupersite.com/server/ws2008_r2_preview.asp

 

Une version d'Office pour le Web

 

L'autre temps fort de cette deuxième journée fût la première démonstration publique des fonctionnalités Web d'Office 14, c'est-à-dire de la prochaine version d'Office dont la disponibilité est également prévue pour la fin 2009 et qui sera, selon toute vraisemblance, concomitante avec l'arrivée de Windows 7.

 

Une des démonstrations effectuées consistait à synchroniser dynamiquement les données d'un même document OneNote partagé entre trois utilisateurs travaillant chacun depuis des contextes différents : PC, Windows Mobile et navigateur.

 

20081102_03

 

 

Les trois utilisateurs étaient connectés sur le site Office Live et pouvaient à tour de rôle éditer et visualiser quasi immédiatement les modifications apportées à un même document.

 

Un autre exemple mettait en scène un scénario de coédition d'un document Word depuis un PC et depuis un navigateur. Office 14 permettra à plusieurs utilisateurs d'ouvrir un même document sans obligatoirement le faire en mode « lecture seule » et ainsi de modifier collectivement le contenu.  La démonstration illustrait également l'utilisation, à l'intérieur du document, de l'affichage de la « présence » des contributeurs, ce qui permet en cas de besoin de choisir le mode de communication le plus adapté (email, IM ou téléphone)

 

20081102_04

 

Microsoft supportera les navigateurs FireFox, Safari en sus d'Internet Explorer. Google Chrome n'était pas mentionné dans ces démonstrations. Office 14 permettra donc d'utiliser un navigateur pour mettre en œuvre un sous ensemble des fonctionnalités d'Office pour Word, Excel, PowerPoint et OneNote.

 

Disponible à la fois dans sa version « riche », dans une version « light » dans le navigateur et enfin dans une version mobile, Office 14 a pour objet de permettre de travailler de façon quasi interchangeable quel que soit le mode d'utilisation, Microsoft parlant de version multi écrans. Un objectif qui s'inscrit en cohérence avec la promesse de Ray Ozzie en introduction de cette journée.

 

Microsoft devait rester relativement discret concernant le mode de commercialisation des versions Web d'Office 14. Il semble que l'utilisation de ces versions sera possible gratuitement en échange de l'affichage de publicités. Une version payante sans publicité sera également disponible pour le grand public ainsi que pour les entreprises à travers les programmes de licencing habituels.

 

Impact sur la concurrence

 

L'annonce d'une version Web d'Office représente bien sûr une stratégie destinée à neutraliser les incursions de Google, de Zoho ou d'autres acteurs du SaaS sur les chasses gardées de Microsoft.

Dans ce domaine, comme dans beaucoup d'autres, l'éditeur s'est mobilisé pour affronter une menace pouvant potentiellement remettre en cause son business model, Microsoft n'étant jamais aussi percutant que quand il fait l'objet d'une concurrence sérieuse comme dans le cas de la bataille autour des navigateurs.

 

Cette annonce, bien avant la disponibilité d'Office 14, a également pour objet de freiner les évaluations en cours de Google Apps ;  les entreprises intéressées voulant certainement prendre la mesure d'Office 14, de ses fonctionnalités et de sa tarification avant de s'engager avec Google.

 

Microsoft n'a pas encore dévoilé ce que sera Office 14, ce qui vient d'être présenté constituant un aperçu et s'inscrivant dans un contexte plus large intéressant un public de développeurs et d'architectes.

 

Ce qui en ressort néanmoins est que l'éditeur prend en compte les nouveaux usages Web introduits par ses concurrents et qui lui sont également demandés par ses clients. Il le fait dans des termes qu'il choisit, en préservant son business model, tout en s'appuyant sur une vision qui ne manque pas de cohérence ni d'atouts pour le différencier de ses challengers.

 

Office 14 représente une prise en compte de l'importance du Web comme facteur favorisant de nouveaux scénarios collaboratifs alliés à une souplesse de déploiement sans rivale. L'édition Web d'Office 14 vient compléter Office  sur le PC, pas le remplacer. Il s'agit d'un compagnon ponctuel offrant un sous ensemble fonctionnel et utilisable dans certains scénarios, tout comme la version Windows Mobile d'Office. 

 

Avec Office comme avec son offre Online Services (services de messagerie, de collaboration hébergés), Microsoft entend laisser le choix à ses clients de la solution qui leur convient le mieux : « on premise » c'est-à-dire exécutée au sein du SI ou bien hébergée. Microsoft entend se démarquer d'une alternative purement SaaS en offrant le choix d'un outil « riche » sur le PC ou « light » sur le Web, en fonction des usages.

 

Google de son côté est en train de faire le chemin inverse en développant des versions offline de ses applications Web et qui reposeront sur Gears. En procédant à l'annonce d'Office 14, Microsoft prépare sa réponse aux partisans du SaaS en offrant par la même occasion de nouveaux scénarios d'utilisation à ses clients.

 

Live Services: la promesse d'une intégration transversale du PC, du Mobile et du Web

 

Au-delà de Windows 7 et d'Office 14, le message que Ray Ozzie souhaitait faire passer aux quelques 5 000 développeurs et architectes assistant à cette PDC consiste dans la promesse d'un nouveau type d'applications qui soient transversales aux différents outils que nous utilisons quotidiennement.

 

L'idée consiste à permettre de travailler de façon synchronisée et continue indépendamment de l'outil dont nous disposons à un moment donné. Si un utilisateur crée un document depuis  Windows, il doit pouvoir si nécessaire accéder à ce même document depuis son mobile comme depuis n'importe quelle machine à sa disposition via le navigateur. Si des modifications sont apportées à ce document, celles-ci doivent être automatiquement répercutées à destination de l'ensemble des outils de l'utilisateur, garantissant ainsi une cohérence des données sans nécessiter d'intervention manuelle comme c'est le cas aujourd'hui.

 

Cette vision sous-jacente à l'offre Live Mesh a été initialement dévoilée quelques mois plus tôt à l'occasion de la conférence développeurs Web MIX 08. Le facteur nouveau dévoilé lors de cette conférence réside dans l'intégration de ce que Microsoft appelle le « social graph », c'est-à-dire de la possibilité de synchroniser données et applications non seulement entre différents outils mais également entre membres de nos réseaux sociaux.

 

Ces réseaux sont constitués par nos amis, nos relations personnelles et professionnelles qui sont enregistrés dans les contacts Messenger ou Hotmail.

 

Techniquement, les services sur lesquels s'appuie une application telle que Live Messenger (permettant par exemple de transférer des données d'un contact à l'autre ou encore de communiquer en temps réel la musique que nous écoutons) reposent sur une plateforme dénommée Live Services, elle-même s'appuyant sur Windows Azure annoncée la veille par Ray Ozzie.

 

Microsoft se propose de mettre ces mêmes services  à disposition de tout développeur et donc de faciliter le développement d'applications intégrant nos réseaux sociaux. On pourra ainsi partager des données entre individus qui disposent de la même application par exemple sur leurs téléphones mobiles favorisant, comme l'espère Microsoft, l'éclosion d'applications dites virales.

 

L'iPlayer de la BBC

 

Une démonstration réalisée par le responsable online media de la BBC fournissait une bonne illustration de la puissance du concept. La BBC a lancé depuis quelque mois un service baptisé iPlayer permettant de rejouer les programmes précédemment diffusés en se connectant sur le site de la station. La BBC travaille actuellement à étendre ce service dans deux dimensions : une dimension sociale et une deuxième qui concerne plus spécifiquement l'individu.

 

En tirant parti des services de Live Mesh (lui-même supporté par Live Services), le futur iPlayer en cours de développement à la BBC permettra de communiquer les avis de ses utilisateurs quant à l'intérêt des programmes diffusés (à voir, à éviter, ..) à leur réseau de contacts.

 

Il assurera également une continuité dans la consommation des programmes en permettant de commencer la lecture d'un programme sur son PC, de l'interrompre si le temps vient à manquer et de reprendre la lecture de ce même programme depuis un Mobile à l'endroit précis où la consultation  précédente s'était arrêtée. Ce type de continuité de l'expérience de consommation d'un service repose sur la « Meshification » de l'application qui permet la synchronisation entre les différents appareils d'un utilisateur.

 

Live Framework

 

La réalisation de ce type d'applications repose sur un nouveau Framework dénommé Live Framework et annoncé à l'occasion de cette PDC.

 

 

20081102_05

 

 

Ce framework est présenté comme le moyen d'accéder à Live Services, c'est-à-dire de permettre à un développeur de tirer parti des services de gestion d'identité, de répertoire et de communication de ce dernier. Un développeur s'appuyant sur ce framework pourra, moyennant quelques lignes de code,  étendre les fonctionnalités de son application en y ajoutant des services de synchronisation entre différents appareils (PC, Mac, Web et mobile)  et entre les contacts qu'un utilisateur choisira de relier.

 

Live Framework repose sur un « operating environment », sorte de run time comparable à la CLR du framework .Net, ainsi que sur un modèle de programmation qui consiste dans un jeu d'API permettant d'accéder à Live Services. De fait, Live Framework peut être comparé à .NET à ceci près que l'objectif de Live Framework réside dans la réalisation d'applications destinées au grand public nécessitant des services de synchronisation entre PC, mobiles et le Web.

 

Dans une interview réalisée pendant cette conférence, un représentant de Microsoft expliquait que la prochaine version de Silverlight (la version 3.0) sera capable de supporter des applications s'exécutant en dehors du navigateur et donc en mode déconnecté.

 

Ces applications Silverlight pourront ensuite s'appuyer sur Live Mesh pour une synchronisation des données entre les appareils d'un même utilisateur ou entre cet utilisateur et ses contacts. Si l'application est utilisée en mode déconnecté, la synchronisation s'effectuera avec tous les autres appareils une fois l'utilisateur à nouveau connecté.

 

20081102_06

 

 

Avec Live Services, Microsoft compte mettre à disposition de ses développeurs un réseau comprenant presque 500 millions d'identités numériques (Messenger et Hotmail). Une proposition qui intéressera certainement de nombreux services et sites web.

 

Il est probable qu'en ouvrant l'accès à ce réseau, Microsoft rende possible l'émergence de nouveaux services  intéressant les publicitaires. Si tel est le cas, l'éditeur serait finalement en mesure de monétiser les investissements effectués depuis près dix ans (achat de hotmail, développement et marketing de Messenger) qui n'ont jusqu'ici jamais démontré leur rentabilité.

 

Conclusion

 

L'infrastructure présentée par Microsoft lors de cette conférence représente le fruit d'un travail de plusieurs années destiné à préparer l'éditeur à tirer parti de la transition vers le « cloud computing »  dans des termes qu'il aura lui-même définis.

 

Lorsque Ray Ozzie rejoignit Microsoft en 2005, dans la foulée du rachat de Groove Networks, les observateurs accueillirent positivement cette nouvelle. Ray Ozzie, à l'origine notamment de la première application de collaboration du marché appelée Notes (devenu la propriété d'IBM sous le nom de Lotus Notes), était perçu comme un pionnier dans le domaine de l'informatique distribuée.

 

Depuis son arrivée dans le groupe, Ozzie a été le champion d'une transformation de Microsoft visant à intégrer le Web dans son business model.

 

Les annonces effectuées par l'éditeur lors de cette conférence (Windows Azure et sa composante Live Services, Live Framework, Windows 7, Office 14, ...) posent les jalons d'une vision et d'une infrastructure qui engagent Microsoft sur le long terme.

 

Il faudra certainement un peu plus de recul pour mesurer pleinement la portée de ces annonces mais il apparait clairement que l'infrastructure qui vient d'être présentée aura un impact considérable non seulement sur Microsoft mais également sur ses partenaires et bien sûr ses nombreux clients.

 

Comme le reconnait Ray Ozzie, il s'agit à ce stade en grande partie d'une ébauche, beaucoup de travail restant à faire dans les mois et années à venir pour conduire cette transformation à son terme. L'annonce d'une nouvelle PDC qui se tiendra dans un an, en Novembre 2009, alors que ces conférences étaient traditionnellement espacées de plusieurs années signifie probablement que la plateforme dévoilée sera alors devenue opérationnelle. La PDC 2009 servira sans doute également de rampe de lancement à Windows 7 et d'Office 14.

 

Même si de nombreuses pièces du puzzle sont toujours en développement, la vision d'ensemble tout comme l'architecture qui la sous tend ont été définies et la feuille de route de Microsoft est désormais tracée pour la décennie à venir.

 

Cette PDC était celle de Ray 0zzie qui vient de faire la preuve que sa désignation en tant que Chief Technical Officer succédant à Bill Gates ne devait rien au hasard. Au delà du destin de Windows qui repose entre les mains de Steven Sinofsky, Ray Ozzie a pour responsabilité le développement de l'infrastructure « cloud computing » sur laquelle repose en grande partie le futur de Microsoft.

 

Si l'on en juge par ce qui a été présenté à l'occasion de cette conférence, celui-ci semble être entre de bonnes mains.

 

Annexes

Evaluations de Windows 7 :

http://activewin.com/reviews/previews/windows7/

http://www.computerworld.com/action/article.do?command=viewArticleBasic&taxonomyName=Software&articleId=9118423&taxonomyId=18&pageNumber=1

http://www.winsupersite.com/win7/win7_preview.asp

 

________________
20081102_07Hugo Lunardelli exerce une activité d'analyste et de consultant dédié à l'univers Microsoft. Il anime « Face à Microsoft : quelle stratégie, quel licencing ?» un séminaire de deux jours consacré à l'offre Microsoft et son licencing. Il est l'auteur de « A propos de Microsoft et d'autres sujets », un blog consacré au décryptage de la stratégie de l'éditeur (www.netetcom.fr/blog)

 



Copyright © 2012 ITRmanager - All right reserved