La virtualisation dopée par le poste de travail
Publié le 18 février 2009
La virtualisation est l'une des priorités technologiques des DSI pour 2009. Selon le Gartner, elle se classe à la troisième place derrière la business intelligence et les applications de gestion (mise en œuvre et upgrades). Selon une nouvelle étude du même cabinet, c'est le poste de travail qui devrait doper l'évolution de la virtualisation cette année avec un triplement des ventes de licences.
L'ensemble des ventes de licences de virtualisation devrait atteindre 2,7 milliards de dollars en hausse de 43% par rapport à 2008. Le Gartner inclut ans ces chiffres trois grands domaines : Les logiciels de virtualisation serveur, les outils d'administration de virtualisation de serveur et la virtualisation des postes de travail ou HVD (Hosted Virtual Desktops). Un HVD est défini comme un environnement client comprenant le système d'exploitation et les applications fonctionnant comme une machine virtuelle sur un serveur accessible à distance.
Plus de dépenses en administration de virtualisation qu'en virtualisation
Selon le Gartner, c'est la virtualisation du poste client qui devrait connaître la plus forte croissance avec des ventes de licences passant de 74 M$ en 2008 à près de 300 M$ cette année. Toutefois, c'est le domaine des logiciels d'administration de virtualisation de serveur qui vient en tête avec 1,3 milliard de dollars en hausse de 42% devant les logiciels de virtualisation qui ne devraient qu'une croissance de 22% en passant de 917 M$ à 1,1 milliard de dollars. Sachant qu'il s'agit principalement de la virtualisation des Serveurs x86. Alors qu'elle relativement récente dans ces environnements, la virtualisation existe depuis plusieurs décennies dans les environnements mainframes, en particulier IBM.
Et il ne s'agit pas là d'un feu de paille, bien au contraire. Le Gartner anticipe une croissance moyenne des ventes de licences de 34% à horizon 2013, sachant que la plus forte croissance sera au niveau du poste de travail mais que ce sont les logiciels d'administration qui prendront la plus grosse part du gâteau. Le système d'exploitation a tendance à absorber de plus en plus de fonctionnalités imposant aux éditeurs de vendre soit des logiciels complémentaires (d'administration par exemple), soit du service.
Le système d'exploitation s'enrichit de fonctionnalités de virtualisation
Microsoft est un cas typique dans cette tendance puisqu'il propose son hyperviseur Hyper-V inclut gratuitement dans Windows Server. C'est donc assez naturellement que le gros des ventes de licences interviendra dans les logiciels d'administration qui représenteront plus de 55% des ventes de logiciels de virtualisation.
Ce secteur de l'administration des environnements virtualisés est dominé par quatre fournisseurs - BMC Software, CA, HP et IBM) mais fait l'objet d'une intense concurrence. Le Gartner dénombre une centaine de fournisseurs et s'attend donc à une consolidation assez rapide, dès 2009. Les acquisitions étant plutôt d'ordre technologique permettant aux grands acteurs de compléter leurs offres.
« Les logiciels de virtualisation permettent de réduire les coûts, d'optimiser l'utilisation des équipements et de diminuer les délais et la complexité de mise en œuvre et d'administration des systèmes », commente Alan Dasley, directeur de recherche au Gartner.
Et la réduction des coûts et l'augmentation de la flexibilité d'administration des infrastructures semblent bien être au rendez-vous. Selon une étude réalisée par la cabinet Aberdeen Group (Virtual Viligance: Managing Application Performance in Virtual Environments), les entreprises qui ont mis en œuvre des outils de virtualisation de serveurs, de poste de travail ou de stockage constate une réduction des coûts d'infrastructure de près de 20%. Trois responsables informatiques sur quatre interrogées font part d'optimisation de coûts d'infrastructure er 63% indiquent une amélioration de la flexibilité.
Freins et accélérateurs de la virtualisation
Mais, ces techniques de virtualisation restent relativement complexes. ET il semble encore plus facile améliorer les performances d'environnements virtuels que d'environnement physiques (voir ci-dessous).

Parmi les accélérateurs de la virtualisation, le Gartner mentionne la réduction des coûts de possession qui s'impose à tous les DSI, l'amélioration de la flexibilité et de la vitesse de déploiement, la facilité d'administration et la réduction des consommations énergétiques. Ce qui, on le voit, n'est pas spécifique à la virtualisation.
Par contre, le cabinet identifie plusieurs facteurs qui pourraient ralentir la diffusion de ces outils dans les DSI, parmi lesquels :
- Le manque d'outils d'administration complets ;
- Le manque d'expertise pour gérer ces environnements à complexité croissante ;
- L'évolution vers le Cloud Computing
- Et bien sûr les conditions économiques actuelles qui ne favorisent pas vraiment les investissements.
