DSI Symposium 2009 d’IDC
Profiter de la crise pour se poser les bonnes questions
Publié le 17 mars 2009
« Les périodes de crise sont les meilleurs moments pour se poser les bonnes questions » introduisait Didier Krainc, directeur général d'IDC France en ouvrant le DSI Symposium qui s'est tenu hier à Paris et réunissait quelque 150 DSI. Cette conférence la première du genre, intervient dans une période associant une crise aigue comme on en a rarement vue et un développement et une diffusion sans précédent des technologies dans l'entreprise.
La crise économique a eu un impact fort et immédiat sur la dépense informatique prenant effet dès le mois de septembre 2008. Et dans certains domaines, la chute a été brutale. Pour la France, les prévisions d'IDC à 12 mois des ventes de PC et de serveurs se situent à -12 % et 5 % et ne sont pas corrigées par celles des logiciels et des services qui, elles, se situent respectivement à 1,9 et 0,5 %. Mais le cabinet d'analyse de marché apporte une certaine dose d'optimisme en réévaluant à la hausse ses prévisions à partir de 2010 en considérant que les projets interrompu aujourd'hui ne seraient en fait pas annulés, mais plutôt reportés.
Dans cette période mouvementée, IDC France estime que les DSI sont confrontées à quatre grandes tendances.
La culture Internet
A l'heure où le Web vient de fêter ses 20 ans d'existence (Le Web, 20 ans déjà !), l'Internet aborde une nouvelle étape synthétisée sous le vocable Entreprise 2.0 qui marque une modification en profondeur des façons de travailler avec l'utilisations des technologies collaboratives et Web 2.0. Par exemple, au niveau des grands comptes, IDC indique que 51% des entreprises utilisent les réseaux sociaux dont 34 % à l'initiative des salariés. L'arrivée des nouvelles générations dans le monde du travail qui sont totalement familiarisées avec ces technologies ne peut qu'accélérer le mouvement.
Le développement durable
Avec les effets désormais reconnus du changement climatique et de leur magnitude, le développement durable est passé de l'effet de mode à une réelle préoccupation des entreprises qui va bien au-delà de la simple publication d'un beau rapport de fin d'année. Cette prise de conscience qui se traduit par des changements de comportements a un effet important sur les DSI. Par ailleurs, la consolidation des serveurs disséminés pendant les 20 années de suprématie d'informatique distribuée (où l'on procédait souvent à la mise en place de la règle 1 nouvelle application = 1 serveur) dans de grands data centers a révélé certains problèmes en matière de consommation d'énergie et de dissipation calorifique dont on avait aucune idée jusqu'il y a peu de temps.
Rappelons que l'ensemble des data centers dans le monde consomme environ 2% de l'énergie, soit à peu près l'équivalent de ce que consomment les compagnies aériennes. C'est donc un premier domaine d'intervention. Mais ce n'est pas le seul champ d'applications des TIC car, comme le rappelait Carlo Purassanta, Integrated Technology Services Executive d'IBM France, « l'IT peut jouer un rôle très important pour améliorer les 98 % restant » en mentionnant par exemple à un projet sur la ville de Stockholm pour désengorger la circulation avec des résultats significatifs deux mois après la mise en service du système. Et dans une démarche d'industrialisation des services qu'il souhaite généraliser, IBM est en train de déployer le même système dans 7 autres villes.
La culture Opex
Le thème du Capex et de l'Opex est un des derniers sujets à la mode et semble largement réactivé dans les discours des DSI avec l'avènement du SaaS et du Cloud computing et de la possibilité du paiement à l'utilisation. Il coïncide avec la logique de plus en plus prôné par les directeurs administratifs et financiers qui souhaitent aller dans le sens de la décapitalisation de l'informatique.
Le Global Sourcing
Est-il nécessaire de rappeler la tendance générale selon laquelle les DSI ont externalisé une partie croissante de leur IT ? Mouvement dans lequel l'entreprise cherche à sélectionner les meilleures ressources en offshore et en nearshore. Mais rappelle Alain Petrissans, Associate VP Consulting d'IDC France, « les gains sont très différenciés en fonction des domaines concernés » : ils seront beaucoup plus élevés au niveau de la maintenance où ils peuvent être de l'ordre de 30 à 40% alors qu'il est raisonnable de penser qu'ils ne seront que d'environ 10 à 15% au niveau de la conduite de projets.
La crise, danger ou opportunité ?
L'ensemble des fournisseurs qui subissent tous le ralentissement économique se veulent rassurant et expliquent que la crise actuelle est une occasion unique pour repenser leur informatique interne, soit pour réduire leurs coûts opérationnels pour contribuer à la politique générale de l'entreprise, soit pour réaffecter les surplus dégagés pour financer de nouveaux projets.
C'est dans cette perspective que se situe Dell avec sa nouvelle offre de service IT Simplification qui est portée en France par Christian Lakomski, ancien DSI de la business unit télécom de Philips. « Notre objectif est de simplifier les 70% du budget qui sont généralement consacré par les DSI pour l'opérationnel et donc de supprimer toute complexité inutile ». Relativement nouvelle chez Dell, cette nouvelle practice ne concerne qu'une cinquantaine de consultants dans le monde. En France, Christian Lakomski fait état de deux références, Technip et Bureau Veritas. Chez l'un de ces deux clients, dont les dépenses annuelles de fonctionnement de la DSI sont d'environ 23 à 24M€, le consultant de Dell évalue à 2M€ les marges d'économies possibles à horizon 12 mois. Sur un nouveau dossier, Dell va jusqu'à conditionner une partie de la rémunération sur les résultats réalisés.